Je suis sur le point de craquer, je ne sais plus comment m’y prendre, j’ai l’impression de faire fausse route… J’ai d’abord voulu publier un statut sur Facebook puis je me suis rendue compte que j’avais le cœur tellement gros que ça ne suffirait pas.

Le fond du problème, c’est que je voudrais, plus que tout, donner une éducation bienveillante à mes enfants.

Qu’est-ce que ça signifie pour moi ? Les considérer comme des personnes à part entière, les élever dans le respect – d’eux-mêmes et des autres, accorder de l’importance à leurs avis / envies / humeurs / choix… et les conduire vers l’estime d’eux-mêmes. Ne jamais leur faire ou leur dire ce que je ne me permettrais pas avec un adulte.

Pourtant, c’est hyper difficile et horriblement frustrant ! Et en ce moment, je me sens affreusement nulle comme Maman.

Peut-être que je n’ai pas tout compris dans le principe… Je n’ai sûrement pas lu « assez ». J’aurais voulu suivre

une formation Faber et Mazlich par exemple ou assister à des conférences d’Isabelle Filiozat. Je n’ai pas appris par cœur tous les billets de Drôle de Maman ni compilé toutes les références de Apprendre à éduquer ou encore télécharger tous les outils des Supers Parents.

Bref, j’ai l’impression d’être dans une impasse et de perdre de vue ce chemin que je m’étais promis de suivre.

Ma fille va sur ses 3 ans, son petit frère est arrivé il y a 6 mois et nous avons déménagé le mois dernier. Autant d’excellentes raisons de lui accorder un peu d’indulgence lors de certaines journées particulièrement compliquées. Pourtant, alors qu’elle sait être délicieuse, je vois poindre en elle une petite fille sans cesse à la recherche des limites et les miennes sont à fleur de peau en ce moment…

Formuler mes besoins et exposer mes propres limites

Je m’oublie sans doute trop souvent mais j’essaie régulièrement de rappeler à toute la famille ma fatigue, mon besoin de sommeil, mon jardin secret, mes séances de méditation, etc. Je place maintenant en tête de to-do-list mes besoins vitaux : manger, boire, aller aux toilettes, me laver [cela n’a pas toujours été le cas ces dernières semaines…]

N’empêche, je suis arrivée à un tel point d’épuisement que, quoi qu’il arrive, je vais avoir besoin de temps pour rétablir cet équilibre et il faudra que l’ambiance s’améliore avant que je réussisse à me lever un matin avec une ration satisfaisante de sommeil !

Faciliter la communication

Je vois bien que certaines situations l’angoissent, qu’elle s’agite souvent quand elle ne trouve pas les mots alors je me mets physiquement à sa hauteur le plus souvent possible, je l’écoute et lui réponds avec des mots aussi simples et clairs que possible. Je lui pose ma main sur l’épaule pour l’encourager à parler.

Comme il est encore difficile pour elle d’exprimer des émotions abstraites, je lance des hypothèses… Je ne sais pas si c’est une bonne solution, si je n’induis pas des idées nouvelles ou contraires à son ressenti. Mais face à son mutisme, je ne peux m’empêcher de tout tenter pour y comprendre quelque chose.

J’évite – du mieux que je peux – de crier, de m’énerver, d’avoir des gestes brusques. Je n’y parviens pas toujours mais j’ai conscience que l’effrayer ne fera pas d’elle une nana bien dans ses baskets…

Je laisse une porte ouverte et tente de proposer des alternatives lorsqu’elle s’est opposée à l’une de mes demandes : j’essaie d’atteindre l’objectif en lui laissant la possibilité d’un choix avec des « quand tu seras prête, rejoins moi avec tes chaussons » ou « j’y vais d’abord, tu iras ensuite« , etc.

Aménager mon temps

Je sais l’importance de passer du temps de qualité avec chacun de ses enfants. Je sais aussi que ce déménagement nous a fait passer dans la 4e dimension des tâches ménagères et administratives…

B2J étant encore un bébé, la journée est forcément rythmée par ses tétées, ses changes et ses siestes. [Un peu mécaniquement d’ailleurs et lui, à sa manière, me fait comprendre mon manque de disponibilité par de noooombreux réveils nocturnes] Chaque fois, l’impatience, les cri(se)s et les exigences de MJ montent d’un cran.

J’essaie donc de ménager des moments de jeu, d’échanges exclusifs, de câlins… mais d’abord, j’ai les 2 enfants à temps plein donc forcément, en matière d’exclusivité, c’est pas facile [les siestes de B2J sont généralement consacrées à la satisfaction de mes besoins vitaux…]

Ensuite, j’ai une immense difficulté : elle lambine (« oh tiens, un livre », « il est où mon gâteau ? », « c’est quoi ce jeu ? », « pourquoaaa je dois mettre une culotte ? », « je veux ma poupée », etc.) tant et si bien que une fois que j’ai réussi à l’habiller, la faire manger, la faire aller sur le pot, il nous reste très peu de temps pour organiser une activité digne de ce nom ou simplement déballer un jeu en grand. En plus, sachant qu’il faut compter une bonne demi heure (« je veux mettre les autres chaussures ! », « elle est où mon écharpe ? », etc.) pour couvrir les 2 loustics avant de sortir, je n’ai même plus le temps d’aller les promener…

Comment maintenir le cadre ?

Alors bien sûr je me questionne : est-ce que je fais ce qu’il faut ? comment casser le cercle vicieux ? ces moments pénibles auront-ils des conséquences désastreuses sur elle, sur notre relation, sur notre famille ? [oui, je dramatise sans doute un peu mais je me pose réellement ces questions…]

Et si rien de tout ça ne fonctionne, cela signifie-t-il qu’elle est affreusement malheureuse ? que je n’arrive pas à comprendre le fond du problème est à l’aider vraiment ?

Ainsi, je rentre dans une spirale négative et j’ai fini par craquer – essentiellement à cause d’un déménagement catastrophique, je ne mets rien de ce passage à vide sur les épaules de MJ : je suis tombée malade, alitée pendant 4 jours, à ne rien pouvoir avaler et me sentir littéralement incapable de m’occuper de mes enfants.

crise burn out
Source Alain Bachellier 

Du coup, j’ai changé de stratégie – ou plutôt, j’ai adopté une stratégie de survie : je me suis entendue dire « parce que c’est comme ça !« , je n’ai laissé aucune alternative, j’ai usé et abusé des « à 3, je range ton assiette / ton jeu / ton livre. 1… 2…« , je ne l’ai pas laissée « faire toute seule » et ainsi de suite. J’ai aussi stoppé net l’amoncellement de doudous qui envahissaient chaque soir un peu plus son lit, avec appel de rigueur avant l’extinction des feux et allongement inexorable du rituel du coucher.

Quelques moments critiques se sont fluidifiés (les repas, les départs, le bain…) mais je l’ai entendue répéter à l’envi « Maman méchante » avec un regard noir.

Je ne sais pas si je dévie de l’objectif initial. Je sais que bienveillant ne signifie pas laxiste mais je ne suis pas sûre de la bonne façon de poser les limites. Je sens aussi que je l’empêche de nombreuses explorations en étant directive et intransigeante.

Par ailleurs, même si cette attitude a plutôt bien fonctionné la première semaine, je sens déjà qu’elle trouve les interstices dans lesquels érafler mes nerfs. Les couchers ne se sont pas sensiblement améliorés et je sens en elle une grande insécurité que je n’arrive pas à contenir. Je me voudrais rassurante et je tremble de tous mes membres. Je crois que j’ai besoin de conseils…

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