Le féminisme ne devrait pas être un rattrapage

La morosité ambiante m’incite à rêver. A rêver une société équitable, respectueuse, accueillante, viable, vivable…

J’en suis au point ou je préférerais que notre civilisation s’effondre plutôt que de remonter dans le train d’un quotidien intenable. Oui, en toute sincérité.

Et dans mon rêve, forcément, les femmes seraient à leur place.

Mais quelle place méritent les femmes ?

Non, elles ne sont pas dignes d’obtenir une part égale d’une infecte tarte létale. Et d’ailleurs, je ne leur souhaite pas. Il faut tout changer, tout péter, reprendre à la base et construire un monde nouveau !

Un certain courant du féminisme contient l’idée que la valeur de l’homme est supérieure à celle de la femme et que celle-ci a quelque-chose à rattraper. Un peu comme les pays « sous-développés » devraient à terme égaler le modèle des pays « développés » puisque c’est ce qui est bien, désirable, l’idéal même…

Les pays du Sud ont a apprendre de nos sociétés occidentales.

Les femmes ont a apprendre des hommes.

Les pays qui ne donnent pas également accès à la (sur)consommation à tous leurs citoyens doivent encore progresser.

Tant que les femmes pleureront en public, accorderont (parfois) davantage d’importance à leurs enfants qu’au travail, perdront du temps en activités secondaires (i.e. pas directement et exclusivement marchandes), elles resteront des individus

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Mourir sous les masques

Je vais commencer par insister sur une évidence (au cas où la suite de mon billet laisserait poindre une quelconque confusion) : porter un masque est indispensable, porter un masque n’est pas une privation de liberté mais simplement du respect pour notre communauté et nos proches, porter un masque diminue considérablement le risque de contamination au Covid et chacun se doit de participer à l’effort collectif.

Se protéger les uns les autres, c’est une belle façon de faire société.

Pourtant, j’entends beaucoup râler : « On ne peut pas respirer, c’est horrible ! ».

On pourrait rétorquer : « Essaie donc avec un respirateur, tu verras si c’est mieux… »

Ceci dit, c’est vrai que c’est désagréable :

  • quand on parle
  • quand on fait un effort physique et qu’on est essoufflé

Oui, c’est vraiment désagréable ; ce n’est pas non plus « horrible« .

Il est aussi particulièrement désagréable de téléphoner à quelqu’un qui porte un masque, de téléphoner avec un masque, de parler avec quelqu’un dont le visage est recouvert d’un masque : il va falloir réapprendre à articuler et peut-être (ce ne serait pas forcément un mal) nous faire parfois avares de mots lorsqu’ils ne sont pas indispensables…

Mais quoi ? Est-ce que tout ça est vraiment « horrible » ?

Il semble ne plus faire de doutes que le port du masque soit une barrière efficace contre la transmission : même mal utilisé, il permet évidemment de bloquer les postillons, il limite nos interactions visage-main (berk ! berk !) et nous met sous le nez en permanence la réalité de la situation sanitaire. C’est bien.

Cette mesure est utile mais clairement, ce fichu masque rend nos interactions sociales

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Se faire aider : psychiatre ou psychologue ?

J’ai, malgré moi, développé une grande expérience de la thérapie. Ma mère m’a jetée dedans très tôt et je lui en sais gré. J’ai appris à verbaliser mes sentiments, mes difficultés, mes contradictions et vu de quoi je suis faite, ça a été salutaire !

Je mettrais néanmoins des tas de mises en garde, précautions et avertissements à quiconque se lance dans une thérapie. Il faut d’abord avoir bien conscience qu’on ouvre une porte à toutes les manipulations et les perversions possibles. Dans ce cabinet, une fois votre cœur et votre âme déballé en grand, il ne reste qu’à votre interlocuteur à se repaître de votre mal-être.

Alors, il y a des gens biens et des gens moins biens. Il ne s’agit pas de tout refuser en bloc ni de jeter l’opprobre sur une profession mais je veux dire qu’il est plus facile de faire souffrir quelqu’un qui vient en toute innocence vous confier ses plus sombres secrets que Mme Michu lorsqu’elle passe bien maquillée chez son boucher prendre son rôti du dimanche.

J’ai vécu des relations de thérapie toxiques.

Mon parcours

J’ai ouvert la porte de ma première séance – des murs blancs, un canapé sombre, une chaise en cuir, j’avais à peine 10 ans. Il est en ressorti ce constat : « Ce n’est pas une valise qu’elle traîne, mais une cantine ! il faut absolument commencer un suivi régulier… ».

Depuis lors, j’ai consulté [attends, je compte] une dizaine de thérapeutes de diverses spécialités mais majoritairement des psychiatres. Certains pour quelques semaines, d’autres pour quelques Lire la suite « Se faire aider : psychiatre ou psychologue ? »

Ces petits riens auxquels on s’accroche pour retenir le temps

Ces jours-ci, je suis seule à la maison (et en plus, je suis dans la phase lutéale de mon cycle hormonal…) donc le hamster tourne à pleine vitesse dans sa roue !

Lorsque je cogite intensément, je finis irrémédiablement par tourner autour des questions de rangement de la maison, de tri des placards engorgés et de l’organisation des divers objets qui nous encombrent.

(ranger autour de soi quand il est difficile de ranger à l’intérieur de soi, me dira-t-on…) 

J’ai déjà fait énormément de tri dans les dernières années et on respire beaucoup mieux (d’autant que notre surface de vie a presque doublée grâce à un déménagement Paris – Province !) mais malgré mes efforts, je nous trouve toujours envahis d’objets inutiles….

Et le pire dans tout ça ?

Les vêtements trop petits, les jouets de bébé, le matériel de puériculture… 4 ou 5 gros bacs en plastique de fringues, 2 énormes cartons, un lit à barreaux et un parc, une table à langer, une poussette, etc. encombrent encore notre garage.

Se débarrasser de tout ça, c’est faire le deuil du troisième enfant. Non que j’ai envie d’en avoir un : pour diverses raisons, je pense sincèrement que nous nous arrêterons là.

D’abord, nous avons eu une fille et un garçon. Cela ne génère donc aucune frustration (la féministe en moi grince un peu des dents mais c’est dit…).

Maintenant, je suis terrassée par l’idée que faire des enfants est mauvais pour notre planète et Lire la suite « Ces petits riens auxquels on s’accroche pour retenir le temps »

L’affaire du vinaigre blanc

Parmi mes produits de prédilection (en cuisine, en ménage), le vinaigre blanc est sûrement mon incontournable ! Je l’utilise partout, tout le temps et je ne saurais plus m’en passer.

J’ai déjà parlé de ma passion récente pour le marc de café mais là, c’est autre chose : le vinaigre blanc, ça fait plus de 10 ans que ça dure !

  1. Anticalcaire

Bon, ok, je partais de loin… mais, à l’époque, j’utilisais un produit commercial assez cher qui se présente sous forme de liquide gélifié et qui ne donne pas de résultats fantastiques 😦 Je ne sais plus qui m’a présenté le vinaigre blanc mais la révélation fût  immédiate : pour quelques centimes (ou quelques francs en ces temps reculés, je ne sais plus) et en quelques minutes, j’ai réussi à détartrer efficacement ma robinetterie, mes verres ternis par le lave-vaisselle, la bouilloire, etc.

Une anecdote d’ailleurs : un matin, mal réveillée, je titube jusqu’à ma bouilloire pour préparer un thé. Je la soulève, perçois à son poids qu’il y a suffisamment d’eau pour ma tasse et lance le chauffage. Tasse, sachet de thé ébouillanté, je me carre confortablement dans mon canapé quand Pouah !

Je crache, tousse, peste… Le thé au vinaigre blanc macéré toute la nuit pour Lire la suite « L’affaire du vinaigre blanc »

Mieux vaut cajoler que jamais

Bercer mon enfant mal-aimé

Et lui offrir un libre envol

Un désir de vie essaimer

Bercer mon enfant mal-aimé

Au son d’une sombre farandole

Trouver des caprices à clamer

Bercer mon enfant mal-aimé

Et lui offrir un libre envol


challenge_ecriture_2020

C’est ma participation au challenge d’écriture #19 de Marie Kléber : le triolet, forme de poème fixe composé de huit vers sur deux rimes. Les vers n°1, 4 et 7 ainsi que les vers n°2 et 8 sont identiques. Les vers sont habituellement octosyllabique (8 pieds).

Pour retrouver ma précédente participation, c’est ici.

Bien préparer son confinement

Je ne sais pas vous mais je l’avais vu venir ce confinement… La Chine d’abord mais c’était trop loin pour être complètement réaliste. Puis bim, l’Italie ! En quelques heures, le virus était au porte de notre pays. Sur notre terre, en Europe.

J’ai ressenti comme une vague inexorable qui allait nous emporter dans la tourmente. Et très tôt, j’ai commencé à psychoter sur l’issue que pourrait prendre cette situation : pendant les vacances de février, seule dans mon grand appartement, j’ai commencé à flipper sur la bouffe.

La nourriture (et le PQ)

Ni une ni deux, j’ai fait une grosse commande, essentiellement des conserves (et pas de PQ ^^) Il était encore « trop tôt » : mes collègues se sont bien gaussés à la cantine… mais au moins, mes placards étaient pleins et le supermarché a largement eu le temps de reconstituer le petit stock que j’avais prélevé. Quand l’anxiété a gagné mes concitoyens, je n’ai pas eu besoin d’aller prendre mon tour dans la file qui s’étendait jusqu’à l’extérieur du magasin ou déplorer les rayons vides… (sauf qu’on n’avait toujours pas racheté de PQ ^^)

Depuis, nous avons réussi à nous faire livrer 3 fois (avec du PQ la deuxième fois, ouf !) et on complète par des produits frais en provenance de la boutique de produit locaux située dans notre rue. L’approvisionnement est un peu irrégulier, les œufs manquent régulièrement (nous ne sommes manifestement pas les seuls à faire de la pâtisserie avec les enfants pour passer le temps 🙂 mais pas de pénurie pour le moment.

Note pour plus tard : avoir une poule. acheter un livre de desserts vegan.

Pourtant, les repas commencent sérieusement à se ressembler… J’ai un mal fou à trouver l’inspiration pour renouveler nos recettes alors je confie la mission à mon inséparable mais on retombe un peu sur les mêmes choses, surtout que passer 3 heures en cuisine – même si ça peut être agréable – n’est pas notre priorité.

En ce qui concerne le pain, centre ville oblige, nous sommes cernés par 4 boulangeries. Malgré tout, 2 d’entre elles ont dû fermer et les 2 autres ne sont ouvertes que le matin… Oui, ça fait bizarre quand on est habitué à pouvoir acheter du pain frais tous les jours jusqu’à 20h.

Les masques

J’ai aussi flippé assez tôt sur les masques : dès janvier, je me suis posée la question d’aller en acheter quelques-uns… Je suis anxieuse certes, lucide aussi il faut croire.

Seulement, alors que je m’apprêtais à passer à la pharmacie, j’ai rencontré (un soir au théâtre… oui, nous allions au théâtre en ce temps-là…) une soignante proche des milieux d’infectiologie à Lyon et elle a été assez péremptoire : en plus de devoir les utiliser selon un protocole contraignant, les masques chirurgicaux n’empêchent en rien d’attraper le virus.

C’était alors le seul bénéfice que j’y voyais, je n’ai pas acheté. J’ai compris aujourd’hui qu’elle avait certes raison, mais qu’un masque – même en tissu – permet d’éviter de se toucher le visage (les yeux, la bouche) et de projeter des trucs sur ton voisin.

De toute façon, laisse tomber : si j’avais débarqué au boulot avec ça en février, les collègues qui me prennent déjà parfois pour une allumée m’auraient envoyée direct me faire soigner !!!

Donc voilà, pas de masques et finalement, on l’a attrapé : je ne sais pas exactement par où il est passé mais le Coronavirus est Lire la suite « Bien préparer son confinement »

Survivante

Alors que le berlingot marmoréen fondait sur sa langue, un souvenir la fit frissonner : les visites chez ce médecin taciturne en blouse blanche, son enfance, la douce main rassurante de sa mère, la douleur aiguë de la piqûre…

Aujourd’hui, les virus désactivés se suçotaient lentement avant de retrouver les bras de Morphée – pour garantir l’immunité du lendemain – et la vie de bohème dont elle rêvait à 10 ans n’était plus une utopie mais une question de survie.

Inès souffla la bougie et s’emmitoufla dans son sac de couchage. Le murmure de la rivière se fit oppressant dans l’obscurité. Elle craignait de ne pas entendre d’éventuels maraudeurs. Il ne lui restait plus que quatorze berlingots. Elle ne pouvait pas courir le risque de se les faire voler. Plus que deux semaines avant qu’une aube vernale ne la tire des périls de l’hiver. Deux semaines encore et elle pourrait espérer résister une année supplémentaire.

Il faudrait encore se procurer des vaccins avant l’automne suivant mais c’était encore loin… Elle aurait tout l’été pour préparer une excursion vers la Ville engorgée d’êtres encore humains mais en loques, leurs visages creusés par les aspérités d’une existence saturée de dangers, prêts à tuer pour ces cachets.

Elle enfoui sa tête entière à l’intérieur du sac de couchage comme pour se couper du monde et de ces innombrables pensées qui à nouveau la tiendraient éloignée du sommeil. Il faisait si froid et elle avait tant besoin de repos… A quoi tenait qu’elle parvenait à s’accrocher si fort à la vie ?

 


des mots une histoire olivia billington

C’est ma participation au rendez-vous de Olivia Billington : Des mots, une histoire. (Cliquez sur le logo pour en savoir plus 😉

Retrouvez mes précédentes participations ici, et .

Et celles des autres blogueur.se.s ici.

 

The end of the f***ing world, c’est déjà fini ?

Ça a juste l’air d’une série pour ados, légèrement ténébreuse, un rien désabusée… c’est en réalité une oeuvre géniale qui ne signe pas la fin du monde mais le change un peu !

En psychopathe auto-proclamé qui se respecte, James veut tuer Alyssa. Il se trouve que Alyssa veut fuir son quotidien et se jette dans la gueule du loup (timide et décalé). Ces deux-là ne vont plus se lâcher et s’embarquent furieusement dans un road trip morbide à l’humour grinçant.

OK, j’adore les séries britanniques. OK, j’adore le rock anglais. OK, l’accent de Jessica Barden est délicieusement badass. OK, Alex Lawther a un faux air de Hugh Grant jeune (ça me rappelle ma propre adolescence…) mais il y a aussi cette atmosphère façon Tarantino, une esthétique plus proche d’un grand film que d’une banale série.

D’ailleurs le format est surprenant : 8 épisodes courts (autour de 20 minutes) pour chaque saison qui auraient donc pu tenir sans problème dans un film de 2h30 (donc plutôt un film court, d’après la tendance actuelle ^^) mais que je n’aurais pas eu le plaisir de découvrir puisque je ne mate plus que des séries !

Les personnages sont à la fois denses et subtils, attachants et excentriques. Malgré leur jeune âge, ils ont déjà de lourdes histoires à traîner qui les singularisent sans pour autant tomber dans le cliché ni le pathos. On sent bien ici que Lire la suite « The end of the f***ing world, c’est déjà fini ? »

La fatalité

Pour celleux qui me suivent un peu ici et dans la vie, vous savez sûrement comme je suis anxieuse et angoissée, comme tout est susceptible de réveiller de sombres peurs, que je me mets moi-même des barrières immenses et me perds dans des abîmes insondables…

Et depuis la naissance de mes enfants, c’est pire !

J’ai longtemps été assaillie de phobies d’impulsions qui assombrissaient mes pensées et par là-même toute mon existence.

Parce que quoi de pire que de perdre un enfant ? ceux-là qu’on a choisit d’avoir, tant attendu, dans lesquels on espère tant…

Le libre choix de la maternité et l’évolution de notre société appuient sur cette appréhension-là mais ce n’est pas mon sujet aujourd’hui.

J’ai toujours dans un coin de la tête cette sourde angoisse : ils peuvent mourir. Un seul des deux. Ma fille. Mon fils. Les deux. Mon mari aussi. Je peux mourir aussi. Les laisser seuls. Leur papa et moi pouvons aussi mourir sans eux.

Voilà ce avec quoi j’essaie de me dépatouiller depuis des mois et des mois.

J’ai même pensé qu’il était Lire la suite « La fatalité »

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