Quand je l’ai rencontré, ses cheveux étaient un peu trop longs et de magnifiques boucles dorées se dessinaient au soleil de son sourire radieux. Un air bohème.

Je l’ai trouvé beau, sûr de lui, arrogant presque.

Puis je l’ai découvert rassurant, plein de doutes, ambitieux, artiste.

Je vois quand ses yeux se posent sur moi une admiration hésitante.

Je me rappelle cet instant si

gênant où devant un parterre de collègues venus fêter son départ, il m’a fixé du regard et déclaré tout fort :

« Je t’adore Euphrosyne. Reste comme tu es. Tu es géniale. »

C’était touchant mais horriblement déstabilisant. Je me suis retournée et il n’y avait aucun trou dans lequel se cacher, juste 2 ou 3 rangées de personnes attentives au discours…

Ses yeux cachent mal une sourde mélancolie aussi.

Il a fini par m’avouer qu’il était en couple avec un autre. En s’excusant presque.

Et j’ai compris que cet aveu, à moi plus tardif qu’à toute notre bande de potes signifiait qu’il renonçait à nous et à l’espoir qu’il avait jusque là que je pourrais lui donner une vie plus « conforme ».

Je ne l’aimais pas. Pas comme ça. J’en aimais un autre comme ça et il avait compris que je ne lui donnerais pas davantage.

Alors on a continué à être amis sans jamais combler cette distance-là, celle de l’amour déçu.

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