Mon blog parle pour moi : je ne vais pas bien.

Je traverse une période émotionnellement complexe. Je suis perdue dans les considérations philosophiques et existentielles. Je suis égarée dans une confusion de sentiments inextricables.

Je suis au fond du trou.

Mais ce que je laisse sur le blog, je ne suis pas capable de le montrer « en vrai ».

Quand je suis seule, mes yeux se remplissent de larmes, je sens mon visage se défaire, mes traits se tirer et mon regard s’assombrir à mesure que mes cogitations font osciller mes neurones. Mon ventre brûle d’anxiété. Ma posture s’affaisse. Je m’effondre lentement en moi-même.

Mais dès que je rentre dans une pièce occupée ou que je croise une connaissance, le coin de mes lèvres se relève, mon regard s’assèche et se rallume, je me redresse imperceptiblement et je reprends bonne figure.

Malgré moi.

Je sens mon corps réagir comme par réflexe malgré la promesse que je me suis faite à moi-même l’instant d’avant d’accepter mon désarroi, mon dépit et ma douleur. D’accepter d’être telle que je suis aux yeux des autres aussi.

« Ça va ? »

« Oui, et toi ? »

Je suis souriante et aimable.

Je me psychologise positivement à coup de matras et gratitudes. Je garde mes contradictions enfouies et me lisse autant que possible.

Un mot pour chacun, une anecdote au café, un projet de sortie, un commentaire sur la météo… J’en arrive même à recueillir les confidences de certain.es collègues ou à remonter le moral de ma voisine. Dissimulant à mes ami.es les troubles et les fracas.

Mais de moi, rien.

(Ou si peu… connaissant l’ampleur…)

J’ai toujours fonctionné comme ça : réussissant à cacher aux yeux de tous, même des plus intimes, les magnitudes de mes séismes.

Et si ce blog existe, c’est aussi pour ça : réussir à dire que je ne vais pas bien, que j’aurais besoin d’une épaule pour pleurer, une oreille pour recevoir (voilà, les larmes…) et d’un cœur pour compatir.

J’ai besoin d’écoute, d’amour et de reconnaissance. Je peine à exprimer tout ça et de fait, je ne le reçois pas.

C’est aussi une manière de protection : quel 36e dessous serais-je susceptible d’atteindre sans ça ? sans ces sursauts de façade qui chaque jour me maintiennent la tête hors de l’eau ?

Et que deviendrais-je sans mon blog ?

 

Publicités