Manger des légumes avec plaisir

Je n’aime pas particulièrement cuisiner et je ne suis pas singulièrement douée pour cela mais bon… il faut bien manger ! Et puis, histoire de simplifier les choses : je transite doucement (mais sûrement !) vers le végétarisme ET je prends 98% de repas chez moi. Autant dire qu’il faut de la ressource pour que les déjeuners ne tournent pas à la séance de torture.

Heureusement, j’ai trouvé un allier indéfectible dans cette mission : le magnifique ouvrage « Primeurs, pourquoi des légumes bio dans votre assiette ? » de Florence Teillet aux Editions La Plage.

Malgré son titre un peu didactique, les recettes sont simples et l’ouvrage donne seulement quelques explications sans faire tout un pataquès sur les « bons légumes bio » par opposition aux « mauvais légumes surgelés »…

Son véritable intérêt est que les recettes sont géniales !!! Oui et je pèse mes mots…

D’abord, les ingrédients sont suffisamment basiques : la plupart sont déjà dans mes placards ou alors je les ai trouvé facilement. Par exemple, je n’avais

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Virtuose en tout – Just kids de Patti Smith

Ma très chère Patti,

Merci. Merci pour la générosité avec laquelle tu soulèves le voile sur une relation si inspirante. Merci pour ta dévotion à l’art. Merci de donner un sens plus profond à l’existence.

Je te connaissais mal : certes, j’ai très tôt beuglé « Because the night » en yaourt mais en dehors de ça ? J’ignorais tout de la poétesse, de l’autrice, de la performeuse, de l’amoureuse. L’artiste totale.

Attention, cette vidéo est un choc d’une puissance redoutable !

C’est cet amour puissant qui m’a le plus frappée : amour de l’art, amour d’autrui, dans l’humilité et la confiance. Ton âme est belle.

Tu as mis en lumière cette certitude : être artiste est une évidence, un secret murmuré par les Dieux à celleux qu’il a choisi. Le courage tient dans le fait d’embrasser ce chemin par-delà les difficultés, avec modestie et conviction.

Mais, secrètement, je savais que j’avais été transformée, bouleversée par la révélation que les êtres humains créent de l’art et qu’être artiste, c’est voir ce que les autres ne peuvent voir.

Je voudrais que – en cette période troublée pour moi autant que pour le monde – tes mots m’aident à me défaire

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Dead to me – le goût amer de l’amour

Je ne saurais pas vraiment vendre ce qui m’a accroché dans cette série : le scenario n’a rien d’extraordinaire, la réalisation n’est pas bluffante, le propos n’est pas percutant, les acteurs ne sont pas particulièrement charismatiques.

Je dois juste accorder quelques touches de pédagogie féministe assez subtile et bien amenée, idéale pour les non-initié.es.

Non, ce qui m’a retenue est très personnel et ne vaudra probablement pas pour tout le monde : il s’agit du personnage de Jen.

Jennifer Harding (interprétée par Christina Applegate) est une mère de 2 garçons de 15 et 9 ans environ. Jen s’est démenée pour leur offrir une belle vie : c’est son boulot d’agent immobilier qui a fait tourner la marmite pendant de longues années et qui a permis à son mari (le père de ses enfants) de vivre son rêve de rock star. Oui mais voilà, Ted est tué dans un accident de voiture et elle se trouve seule, triste et mère célibataire.

Et Jen est en colère. Ce n’est pas seulement la colère du deuil. Jen a toujours été en colère.Et les circonstances font de Jen une femme toujours plus en colère.

Ses échecs professionnels, ses incompétences, ses faiblesses, ses absences… Rien ne lui est épargné : ses fils, sa belle-mère, son associé et même indirectement son défunt mari lui reprochent sans cesse sa colère et les impasses dans lesquelles elle la mène.

Mais Jen peut-elle être autre chose que colère ? C’est comme ça qu’elle fonctionne, c’est comme ça qu’elle s’est construite, c’est comme ça qu’elle survit. Ce que les gens ont un jour aimé chez vous, ils finissent par vous le reprocher…

J’aime ce personnage parce que je m’y reconnais (non que je fasse bouillir la marmite mais pour la colère ^^).

I feel sorry for her and so connected to her feelings.

J’aimerais l’aider et je me sens impuissante comme elle semble l’être – désarmée pour elle comme pour moi.

Elle n’est pas méchante. Non, absolument pas.

Elle n’est pas bonne non plus : pas une bonne mère, pas une bonne voisine, pas une bonne épouse, pas une bonne belle fille, pas une bonne collègue. Elle est juste elle, pleine et entière. Touchante. Maladroite. Dépassée. En colère.

Une anti-héroïne parfaite.

Son personnage est

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Leur sélection de podcasts enfants (4 – 8 ans)

Aujourd’hui, un billet spécial grandes vacances ! Avis aux parents, je vais vous donner la meilleure astuce de l’année pour avoir LA PAIX !

La liste ci-dessous, c’est la garantie de passer des moments calmes et silencieux et, depuis le confinement, c’est même devenu un véritable rituel du début d’après-midi. Mes enfants {qui sont pourtant TOUJOURS réticents pour mettre leurs chaussures, passer à table, se laver les mains, s’habiller, etc.} se précipitent dans leur chambre dès qu’ils entendent le générique de leurs émissions préférées : un pipi, on enlève le pantalon, on se glisse sous les draps et c’est parti pour une heure de bonheur !

Les dents et dodo

les dents et dodo podcast BFM TVLe format de ce podcast est pensé pour accompagner le brossage des dents : 3 minutes pendant lesquelles on apprend pleins d’histoires vraies, parfois liées à l’actualité, parfois loufoques, toujours amusantes. Les enfants apprennent vraiment plein de choses avec un vocabulaire adapté et un niveau de contextualisation. correct pour des petits.

Maintenant, les enfants nous expliquent régulièrement des anecdotes étonnantes auxquelles nous réagissions – au début – avec des « nooon ! vraiment ? tu crois ? tu as bien compris ? » et bien oui, ils comprennent et ils adorent !

Au passage, le narrateur répète Lire la suite « Leur sélection de podcasts enfants (4 – 8 ans) »

Lola Lafon – La petite communiste qui ne souriait jamais #lecture

Ce livre m’a fascinée. Je ne savais pour ainsi dire rien de Nadia Comanesci. J’ai passé des heures à chercher des vidéos sur YouTube, des photos, des portraits. Comme je ne voulais pas déflorer le roman, je n’ai pas cherché d’autres sources pour comprendre sa vie… mais je vais m’y atteler de ce pas !

L’écriture de Lola Lafon est multiple. Généralement très fluide, le livre se lit rapidement. Certains passages sont plus obscurs : on ressent l’intention de montrer la confusion des personnages, les moments de doutes et le trouble des sentiments. En ce sens, c’est réussi mais j’ai souvent buté sur ces extraits qui ont nécessité 2 voire 3 lectures successives.

L’auteur excelle dans la description du régime communiste et surtout de la vie ordinaire sous un régime communiste. Elle ne juge pas, ne caricature pas, ouvre des perspectives et met en lumière, en creux, toute l’ambivalence de notre propre société. Une mise en abîme fictive – faite d’échanges téléphoniques avec l’héroïne – permet de pointer habilement du doigts les excès partagés.

Le sujet de l’image féminine se dessine en filigrane tout au long du roman. Encore une fois, l’auteur n’élude pas les difficultés : on perçoit le désir malsain du corps de l’enfant  au travers du prisme opaque du dégoût du corps de la femme. C’est gênant, c’est ambiguë, c’est écœurant.

Ce livre est une réussite. Je ne connaissais pas Lola Lafon, je la recommande !


Aujourd’hui, je vous propose 2 bonus 🙂

Pour entendre ma voix, un court extrait de lecture en cliquant sur le logo juste ici :

euphrosyne_lit_minicast.jpg

Et quelques images de ses performances sportives :


Et si l’expérience audio vous a plu, n’hésitez pas à me le faire savoir 🙂

Proust aurait-il été bouddhiste ?

Comment peut-on prétendre aimer les classiques et ne pas avoir lu « la Recherche » ?

Peut-être parce que chaque oeuvre classique est un pavé, d’une exigence souvent supérieure à la prose de nos contemporains et que je n’avais pas reçu le déclic qui m’incite à choisir celui-là plutôt que celui-ci. Parce qu’il ne suffirait pas d’une vie pour tout lire et qu’il y a forcément des impasses. Peut-être qu’il y a un temps pour certaines œuvres et un temps pour d’autres… Toujours est-il que cette lacune est en train d’être réparée !!!

Je m’attaque au gigantesque Proust avec une certaine appréhension. Certes, les descriptions sont longues et les phrases souvent alambiquées. Mais l’observation du monde est d’une précision, d’une minutie extrême… Elle incite à mettre tous les sens en éveil et à ne négliger aucune des profondeurs de l’âme pour capter ce qui nous entoure. Je savoure cette capacité à être au monde proche de la méditation de pleine conscience…

Ce rapprochement m’amuse et pourtant, je crois qu’il y a quelque chose d’assez juste là-dedans… D’une scène somme toute ordinaire, Proust cherche à tout capter : ce qu’elle laisse à voir bien sûr mais aussi ce qu’elle ne montre pas et les sons, les odeurs, les sensations qu’elle suscite… Une véritable perception, une présence totale au monde : la conscience éveillée attrape tout ce qu’elle est en mesure de percevoir. Lire la suite « Proust aurait-il été bouddhiste ? »

The end of the f***ing world, c’est déjà fini ?

Ça a juste l’air d’une série pour ados, légèrement ténébreuse, un rien désabusée… c’est en réalité une oeuvre géniale qui ne signe pas la fin du monde mais le change un peu !

En psychopathe auto-proclamé qui se respecte, James veut tuer Alyssa. Il se trouve que Alyssa veut fuir son quotidien et se jette dans la gueule du loup (timide et décalé). Ces deux-là ne vont plus se lâcher et s’embarquent furieusement dans un road trip morbide à l’humour grinçant.

OK, j’adore les séries britanniques. OK, j’adore le rock anglais. OK, l’accent de Jessica Barden est délicieusement badass. OK, Alex Lawther a un faux air de Hugh Grant jeune (ça me rappelle ma propre adolescence…) mais il y a aussi cette atmosphère façon Tarantino, une esthétique plus proche d’un grand film que d’une banale série.

D’ailleurs le format est surprenant : 8 épisodes courts (autour de 20 minutes) pour chaque saison qui auraient donc pu tenir sans problème dans un film de 2h30 (donc plutôt un film court, d’après la tendance actuelle ^^) mais que je n’aurais pas eu le plaisir de découvrir puisque je ne mate plus que des séries !

Les personnages sont à la fois denses et subtils, attachants et excentriques. Malgré leur jeune âge, ils ont déjà de lourdes histoires à traîner qui les singularisent sans pour autant tomber dans le cliché ni le pathos. On sent bien ici que Lire la suite « The end of the f***ing world, c’est déjà fini ? »

Workin’ Moms ou comment moderniser la vision de la maternité

Voilà une série qui ne s’encombre pas du politiquement correct ! Si vous aviez l’impression d’être la seule femme a avoir des idées chelou après la naissance de votre enfant, la déculpabilisation est en marche…

Regarder cette série, c’est comme tirer son lait dans les toilettes du boulot et croiser le pire macho de la boite en sortant (qui ne manquera pas de faire une blague salace mais à laquelle ta réplique sera cinglante !) : c’est gênant et inconfortable mais on en ressort fière et reboostée pour affronter les batailles quotidiennes.

Au début de chaque épisode, ces jeunes mamans se retrouvent dans un groupe de parole, animé par une coach exubérante, pour échanger sans filtre sur leurs difficultés. Le genre de groupe où chacune rivalise de bienveillance, de bons conseils et de pâtisserie maison…

Oui mais voilà, il y a celle qui sombre Lire la suite « Workin’ Moms ou comment moderniser la vision de la maternité »

5 podcasts féministes incontournables

Ce qui est étonnant avec l’offre foisonnante de podcast aujourd’hui, c’est qu’on ne sait toujours pas vraiment comment constituer sa playlist ! Où trouver les bonnes sources ? Quels sont les podcasts immanquables ? ceux à éviter ?

C’est un sujet récurrent : qu’est-ce que tu écoutes ? qu’est-ce que tu conseilles ?

Voilà donc mes conseils du jour ! Je propose d’abord de se pencher sur des sujets « de niches » qui n’ont pas forcément leur voix sur d’autres medias accessibles et grands publics. Et pour commencer, mon sujet de prédilection : le féminisme.

Ces podcasts accompagnent mes Lire la suite « 5 podcasts féministes incontournables »

S’approprier la puissance du cycle #superheroine

Cela faisait longtemps que ses messages défilaient sur mon fil d’actualité Facebook. Et son sourire surtout… ça m’intriguait tout de même : que pouvait-il y avoir de si intéressant à dire sur les règles ? c’était quoi le secret de Gaëlle sur les menstruations ?

Au fond, les miennes sont « arrivées » quand j’avais 12 ans, j’en ai 38 aujourd’hui, je me débrouille comme ça. Je lis des trucs sur la cup, j’essaie, j’adhère pas. Je m’achète quelques protections lavables, je trouve ça bien même si je trouve que ça tient moins bien en place. J’ai envie d’acheter une culotte menstruelle, je ne l’ai pas encore fait. J’attends quoi ?

Finalement, ça se réduit souvent à ça : comment minimiser les impacts pratiques du cycle menstruel ? Savoir quand les anglais débarquent pour ne pas se trouver à cours de munitions, choisir les vêtements qui conviennent le mieux à ce moment-là (en ce qui me concerne, des robes ou des jupes sombres), nettoyer les éventuelles taches de sang (à l’eau froide et au savon) et garder quelques comprimés de Spasfon au fond du sac au cas où.

Au fond, le principal objectif était de faire comme si ça n’existait pas, qu’il n’y avait pas de règles, pas de cycles, pas de hauts et surtout pas de bas, pas de mieux ou de moins bien. Pas mal au bide, pas de mauvaise humeur, pas fatiguée, pas trop enthousiaste non plus. Toujours égale.

J’avais vaguement essayé d’observer Lire la suite « S’approprier la puissance du cycle #superheroine »

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