Plaisirs et frustrations de la lecture

Pas feutrés sur le plancher ciré.

Rayonnages compacts qui du sol au plafond racontent

Des vies roses ou multicolores.

Au travers du silence le bruissement de mots occultes,

Au travers de la pénombre des points de lumière jaune,

Je m’installe dans la bibliothèque du monde

Et choisis parmi ces tranches de livres usés

Mes prochaines heures d’évasion.

Embrasser les majuscules,

Respirer les virgules,

Occuper les pages

Et livrer les points finaux.

A la porte déjà rugit l’autodafé,

Je n’aurais pas l’occasion de lire toute la richesse des jours, non !

Mais laissez-moi le loisir de goûter les voluptés de la véritable liberté.


C’est ma participation aux plumes chez Emilie. Pour lire les participation des autres blogueurs/ses à cette édition, c’est ici.

Et retrouvez mes précédentes participation ici.

Parmi tout ce qui m’a fait mal ce qui m’a fait le plus mal

Cet ego surdimensionné.

Etre incapable de me satisfaire de l’effort fourni.

Vouloir exceller.

Vouloir attirer l’attention, magnétiser la professeure, surpasser l’assemblée.

Tenter d’être au centre sans pouvoir y prétendre.

Présomptueuse. Usurpatrice.

Réaliser que la persévérance me fuit.

De n’avoir jamais fait que ce pour quoi j’étais douée.

Jamais n’avoir eu à lutter pour un simple recoin dans la multitude.

Etre comme les autres ou moins bien.

Faire de son mieux.

Accepter que mon mieux soit médiocre.

Exister tout de même avec ça.

Manger des légumes avec plaisir

Je n’aime pas particulièrement cuisiner et je ne suis pas singulièrement douée pour cela mais bon… il faut bien manger ! Et puis, histoire de simplifier les choses : je transite doucement (mais sûrement !) vers le végétarisme ET je prends 98% de repas chez moi. Autant dire qu’il faut de la ressource pour que les déjeuners ne tournent pas à la séance de torture.

Heureusement, j’ai trouvé un allier indéfectible dans cette mission : le magnifique ouvrage « Primeurs, pourquoi des légumes bio dans votre assiette ? » de Florence Teillet aux Editions La Plage.

Malgré son titre un peu didactique, les recettes sont simples et l’ouvrage donne seulement quelques explications sans faire tout un pataquès sur les « bons légumes bio » par opposition aux « mauvais légumes surgelés »…

Son véritable intérêt est que les recettes sont géniales !!! Oui et je pèse mes mots…

D’abord, les ingrédients sont suffisamment basiques : la plupart sont déjà dans mes placards ou alors je les ai trouvé facilement. Par exemple, je n’avais

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Le mythe de la jambe derrière la tête #yoga

Je parle souvent de yoga sur ce blog finalement… Il faut reconnaître que c’est l’un des chemins les plus valables pour lutter contre une fâcheuse tendance à se disperser ^^ Ce n’est pourtant pas un chemin facile, loin de là.

Aujourd’hui, j’ai tout particulièrement envie d’en parler puisque je viens de débuter une formation de prof de yoga. En soi, ce n’est pas le meilleur moyen de cesser la dispersion parce que non, je ne compte pas enseigner…

Je ne dis pas non plus « jamais » (parce qu’il ne faut jamais dire jamais et) parce que peut-être cette formation révélera quelque chose de moi mais j’y crois peu.

Mon objectif est d’abord d’avoir un objectif i.e. trouver une porte pour sortir de cette fichue dépression. Les petits plans sur la comète que j’avais élaborés jusque-là se cassant consécutivement la gueule grâce à cette crise sanitaire de merde, j’ai décidé de revenir au fondamentaux – cette pratique qui me tient depuis 20 ans malgré mon irrégularité – et de me lancer dans une formation sur laquelle je lorgne depuis des lustres (enfin 1 lustre environ).

Eh bien, c’était génial !!!

Pourtant je m’en suis rendue préalablement malade : j’ai eu peur de ne pas être « au niveau », d’être ridicule, de ralentir le groupe, d’avoir été

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Le féminisme ne devrait pas être un rattrapage

La morosité ambiante m’incite à rêver. A rêver une société équitable, respectueuse, accueillante, viable, vivable…

J’en suis au point ou je préférerais que notre civilisation s’effondre plutôt que de remonter dans le train d’un quotidien intenable. Oui, en toute sincérité.

Et dans mon rêve, forcément, les femmes seraient à leur place.

Mais quelle place méritent les femmes ?

Non, elles ne sont pas dignes d’obtenir une part égale d’une infecte tarte létale. Et d’ailleurs, je ne leur souhaite pas. Il faut tout changer, tout péter, reprendre à la base et construire un monde nouveau !

Un certain courant du féminisme contient l’idée que la valeur de l’homme est supérieure à celle de la femme et que celle-ci a quelque-chose à rattraper. Un peu comme les pays « sous-développés » devraient à terme égaler le modèle des pays « développés » puisque c’est ce qui est bien, désirable, l’idéal même…

Les pays du Sud ont a apprendre de nos sociétés occidentales.

Les femmes ont a apprendre des hommes.

Les pays qui ne donnent pas également accès à la (sur)consommation à tous leurs citoyens doivent encore progresser.

Tant que les femmes pleureront en public, accorderont (parfois) davantage d’importance à leurs enfants qu’au travail, perdront du temps en activités secondaires (i.e. pas directement et exclusivement marchandes), elles resteront des individus

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Mourir sous les masques

Je vais commencer par insister sur une évidence (au cas où la suite de mon billet laisserait poindre une quelconque confusion) : porter un masque est indispensable, porter un masque n’est pas une privation de liberté mais simplement du respect pour notre communauté et nos proches, porter un masque diminue considérablement le risque de contamination au Covid et chacun se doit de participer à l’effort collectif.

Se protéger les uns les autres, c’est une belle façon de faire société.

Pourtant, j’entends beaucoup râler : « On ne peut pas respirer, c’est horrible ! ».

On pourrait rétorquer : « Essaie donc avec un respirateur, tu verras si c’est mieux… »

Ceci dit, c’est vrai que c’est désagréable :

  • quand on parle
  • quand on fait un effort physique et qu’on est essoufflé

Oui, c’est vraiment désagréable ; ce n’est pas non plus « horrible« .

Il est aussi particulièrement désagréable de téléphoner à quelqu’un qui porte un masque, de téléphoner avec un masque, de parler avec quelqu’un dont le visage est recouvert d’un masque : il va falloir réapprendre à articuler et peut-être (ce ne serait pas forcément un mal) nous faire parfois avares de mots lorsqu’ils ne sont pas indispensables…

Mais quoi ? Est-ce que tout ça est vraiment « horrible » ?

Il semble ne plus faire de doutes que le port du masque soit une barrière efficace contre la transmission : même mal utilisé, il permet évidemment de bloquer les postillons, il limite nos interactions visage-main (berk ! berk !) et nous met sous le nez en permanence la réalité de la situation sanitaire. C’est bien.

Cette mesure est utile mais clairement, ce fichu masque rend nos interactions sociales

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Virtuose en tout – Just kids de Patti Smith

Ma très chère Patti,

Merci. Merci pour la générosité avec laquelle tu soulèves le voile sur une relation si inspirante. Merci pour ta dévotion à l’art. Merci de donner un sens plus profond à l’existence.

Je te connaissais mal : certes, j’ai très tôt beuglé « Because the night » en yaourt mais en dehors de ça ? J’ignorais tout de la poétesse, de l’autrice, de la performeuse, de l’amoureuse. L’artiste totale.

Attention, cette vidéo est un choc d’une puissance redoutable !

C’est cet amour puissant qui m’a le plus frappée : amour de l’art, amour d’autrui, dans l’humilité et la confiance. Ton âme est belle.

Tu as mis en lumière cette certitude : être artiste est une évidence, un secret murmuré par les Dieux à celleux qu’il a choisi. Le courage tient dans le fait d’embrasser ce chemin par-delà les difficultés, avec modestie et conviction.

Mais, secrètement, je savais que j’avais été transformée, bouleversée par la révélation que les êtres humains créent de l’art et qu’être artiste, c’est voir ce que les autres ne peuvent voir.

Je voudrais que – en cette période troublée pour moi autant que pour le monde – tes mots m’aident à me défaire

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La saveur des jours tranquilles

Le quotidien avait pris le dessus : les regards qu’ils s’échangeaient maintenant étaient généralement impavides, libres de désir, sans peur, sans reproche. Quand un incident survenait, ils savaient l’ignorer. Quand un cadeau circulait, il était destiné aux enfants. Quand elle cuisinait un baba au rhum, ses parents venaient dîner. Quand il prenait son air ébaubi, ce n’était plus pour la faire rire. Quand elle faisait monter le chauffage, une soirée télé se préparait. Il parlaient du prix du pain et de la météo agréable du week-end.

L’inattendu était dorénavant une partie de leur jeunesse oubliée. Et ce n’était pas si mal.


Les mots en gras sont imposés. Merci à Emilie pour l’organisation de ce rendez-vous très stimulant ! Ce petit texte très court m’a tout de même demandé pas mal de travail 😉

Mes autres participations sont ici.

Se faire aider : psychiatre ou psychologue ?

J’ai, malgré moi, développé une grande expérience de la thérapie. Ma mère m’a jetée dedans très tôt et je lui en sais gré. J’ai appris à verbaliser mes sentiments, mes difficultés, mes contradictions et vu de quoi je suis faite, ça a été salutaire !

Je mettrais néanmoins des tas de mises en garde, précautions et avertissements à quiconque se lance dans une thérapie. Il faut d’abord avoir bien conscience qu’on ouvre une porte à toutes les manipulations et les perversions possibles. Dans ce cabinet, une fois votre cœur et votre âme déballé en grand, il ne reste qu’à votre interlocuteur à se repaître de votre mal-être.

Alors, il y a des gens biens et des gens moins biens. Il ne s’agit pas de tout refuser en bloc ni de jeter l’opprobre sur une profession mais je veux dire qu’il est plus facile de faire souffrir quelqu’un qui vient en toute innocence vous confier ses plus sombres secrets que Mme Michu lorsqu’elle passe bien maquillée chez son boucher prendre son rôti du dimanche.

J’ai vécu des relations de thérapie toxiques.

Mon parcours

J’ai ouvert la porte de ma première séance – des murs blancs, un canapé sombre, une chaise en cuir, j’avais à peine 10 ans. Il est en ressorti ce constat : « Ce n’est pas une valise qu’elle traîne, mais une cantine ! il faut absolument commencer un suivi régulier… ».

Depuis lors, j’ai consulté [attends, je compte] une dizaine de thérapeutes de diverses spécialités mais majoritairement des psychiatres. Certains pour quelques semaines, d’autres pour quelques Lire la suite « Se faire aider : psychiatre ou psychologue ? »

Dead to me – le goût amer de l’amour

Je ne saurais pas vraiment vendre ce qui m’a accroché dans cette série : le scenario n’a rien d’extraordinaire, la réalisation n’est pas bluffante, le propos n’est pas percutant, les acteurs ne sont pas particulièrement charismatiques.

Je dois juste accorder quelques touches de pédagogie féministe assez subtile et bien amenée, idéale pour les non-initié.es.

Non, ce qui m’a retenue est très personnel et ne vaudra probablement pas pour tout le monde : il s’agit du personnage de Jen.

Jennifer Harding (interprétée par Christina Applegate) est une mère de 2 garçons de 15 et 9 ans environ. Jen s’est démenée pour leur offrir une belle vie : c’est son boulot d’agent immobilier qui a fait tourner la marmite pendant de longues années et qui a permis à son mari (le père de ses enfants) de vivre son rêve de rock star. Oui mais voilà, Ted est tué dans un accident de voiture et elle se trouve seule, triste et mère célibataire.

Et Jen est en colère. Ce n’est pas seulement la colère du deuil. Jen a toujours été en colère.Et les circonstances font de Jen une femme toujours plus en colère.

Ses échecs professionnels, ses incompétences, ses faiblesses, ses absences… Rien ne lui est épargné : ses fils, sa belle-mère, son associé et même indirectement son défunt mari lui reprochent sans cesse sa colère et les impasses dans lesquelles elle la mène.

Mais Jen peut-elle être autre chose que colère ? C’est comme ça qu’elle fonctionne, c’est comme ça qu’elle s’est construite, c’est comme ça qu’elle survit. Ce que les gens ont un jour aimé chez vous, ils finissent par vous le reprocher…

J’aime ce personnage parce que je m’y reconnais (non que je fasse bouillir la marmite mais pour la colère ^^).

I feel sorry for her and so connected to her feelings.

J’aimerais l’aider et je me sens impuissante comme elle semble l’être – désarmée pour elle comme pour moi.

Elle n’est pas méchante. Non, absolument pas.

Elle n’est pas bonne non plus : pas une bonne mère, pas une bonne voisine, pas une bonne épouse, pas une bonne belle fille, pas une bonne collègue. Elle est juste elle, pleine et entière. Touchante. Maladroite. Dépassée. En colère.

Une anti-héroïne parfaite.

Son personnage est

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