Recherche

Je me disperse

Essais & erreurs à la recherche de qui je suis

Les mots

Le blog se tait. Alors que mon cœur vibre à chaque instant de tout ce que je pourrais dire mais ne sors pas.

Pourtant des mots, il y en a. Mon stock de brouillons bruisse même d’une existence propre. Tout un monde en gestation ou en putréfaction, pleins de sujets avortés, ébauchés, oubliés. Mon âme par bribes de moments consignés à la va-vite.

Et puis, des mots de chaque jour et ces livres formidables : le dernier tome d’Elena Ferrante. Perplexe de la double lecture. Yasmina Kadra et ses anges morts de nos blessures : des larmes rondes et lourdes tombées sur mes mains dans le métro à la lecture des derniers paragraphes. Clémence Debré, Play-Boy, avalé d’une traite, reçu comme un uppercut.

Et les mots fléchés. Toujours. Jamais rassasiée.

Les mots surtout de cette lettre qui, pour une fois, n’a pas fini sur le blog mais dans la boite aux lettres de son destinataire. Stupéfaction partagée. Ebahie encore de l’effet de ces mots dans la vie réelle. Entre toute puissance et terreur. Contradiction.

De ces autres mots aussi, échangés par mail avec le fantôme d’une autre vie. L’esquisse des possibles émerge des nimbes de mes regrets. Comme un univers sombre immense qui se découvre attirant comme un trou noir.

En travers de tout ça, les mots d’un récit dense et vital qui peinent à s’empiler.

Des mots en nuées dans ma tête qui s’écrasent parfois sur le blog et parfois ne trouvent pas la sortie. Des mots qui me portent ou m’enfoncent. Des mots et des concepts trop abstraits pour mon cœur. Une énergie contenue et sa déflagration violente.

La vie en caractères taille 72.

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J’ai tout déchiré !

Le manque de confiance en moi est une marque de fabrique. Je crois que c’est d’ailleurs une des lignes rouges de ce blog, comme celle de ma vie et de mes choix.

Dans le travail comme dans tout le reste, je me fais le plus souvent discrète, je n’affirme jamais, m’y reprends toujours à deux fois, ou à mille. Je n’avance jamais un argument sans l’avoir consolidé au préalable et je finis souvent par m’écraser dans les débats et passe alors illico du rang d’ingénieure à celui de secrétaire : « Tu nous feras un petit compte-rendu de tout ça, hein, Euphrosyne ?!? »

Cela me cause bien des torts puisque j’exerce une profession où le faire-savoir peut s’avérer plus utile encore que le savoir-faire…

Pourtant, je suis compétente. Dans mon domaine d’expertise, je peux sans rougir affirmer que je suis efficace, synthétique et claire. Mes résultats donnent toujours satisfaction et là où je suis souvent oubliée, je tiendrais pourtant honnêtement une place d’experte. Lire la suite

Le même sourire mais l’envie en moins

Quand je l’ai rencontré, ses cheveux étaient un peu trop longs et de magnifiques boucles dorées se dessinaient au soleil de son sourire radieux. Un air bohème.

Je l’ai trouvé beau, sûr de lui, arrogant presque.

Puis je l’ai découvert rassurant, plein de doutes, ambitieux, artiste.

Je vois quand ses yeux se posent sur moi une admiration hésitante.

Je me rappelle cet instant si

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Se voiler la face

Mon blog parle pour moi : je ne vais pas bien.

Je traverse une période émotionnellement complexe. Je suis perdue dans les considérations philosophiques et existentielles. Je suis égarée dans une confusion de sentiments inextricables.

Je suis au fond du trou.

Mais ce que je laisse sur le blog, je ne suis pas capable de le montrer « en vrai ».

Quand je suis seule, mes yeux se remplissent de larmes, je sens mon visage se défaire, mes traits se tirer et mon regard s’assombrir à mesure que mes cogitations font osciller mes neurones. Mon ventre brûle d’anxiété. Ma posture s’affaisse. Je m’effondre lentement en moi-même.

Mais dès que je rentre dans une pièce occupée ou que Lire la suite

Citation éphémère #9

Au-delà d’un certain seuil, d’une certaine durée, on n’est plus rien, à part ce corps qui souffre.

Plus d’idées, de patience, d’envie de se marrer.

Quand on a vraiment mal, on n’a même plus d’endroit où pouvoir se réfugier.

On est exproprié.

Marie-Sabine ROGER.

Bon rétablissement

La débâcle

Il a dit non.

Et j’attendais un oui. J’étais sûre qu’il dirait oui.

J’avais imaginé qu’il dirait oui.

Alors je plonge de l’Everest jusque dans la fosse des Mariannes.

Et ce versant de mon âme qui s’était mis à voir la vie en rose bonbon (volonté, ambition, complétude) a explosé en plusieurs milliards de minuscules éclats lumineux. Emportant leur énergie au loin. Libérant soudain ce monstre de noirceur qui m’habite. Redoutable aimant vers le néant : l’eau noire s’étend sous le pont, glacée, animée d’un courant fort et inexorable. Le poids dans mon dos m’offre en plus une certitude.

Je m’abîme dans le songe de cet impact libératoire, du poids mort attiré vers

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Toujours la même chose

Je me tourne sur le côté et ses bras se referment sur moi, protection voluptueuse contre des cauchemars trop réalistes.

Qu’est-ce que je fais là ? Chercher ailleurs pour trouver la même chose…

La même retenue, le même tempo, presque les mêmes caresses, les mêmes non-dits… juste quelques faux-semblants. Une écoute renouvelée, une attention légèrement aiguisée par la nouveauté, la fébrilité de l’inconnu. Tant de choses qui ne dureront pas.

Et puis rien n’est vraiment différent : un autre corps, une autre voix, une autre odeur, un autre grain de peau et des poils. Mais juste un homme.

Alors je reste seule enfermée en moi-même. Et comme rien ne parvient à percer la surface de cette coquille tant de fois brisée et rafistolée, mes sensations à moi persistent, figées.

Mon corps – mon âme – moite et glacée de ne pouvoir recevoir davantage. Un frisson le long de l’échine et sentiment abyssal d’une existence somme toute vaine.

A quoi sert de vivre ?

Questions de goût

C’est difficile de choisir. Choisir c’est renoncer. Et puis c’est aussi s’affirmer et en creux dire aux autres que s’ils ont fait un choix différent, il est forcément moins bien… Moi, je trouve ça particulièrement compliqué d’autant que je me retrouve confrontée ces temps-ci à mon absence totale de goût. Absence au sens de inexistence. En matière vestimentaire, en matière de décoration. Je n’ai que rarement un avis.

Question mode d’abord. En ce moment, je traine régulièrement avec un gars genre hypster (je ne sais d’ailleurs pas si ce concept n’est pas déjà dépassé, sorry) enfin bref, très looké quoi. Alors que de mon côté, depuis la naissance de mes enfants, j’ai drastiquement réduit mon budget fringue et recycle mon gigantesque stock de looks des années 2000 voire 90. Tant qu’on ne m’en parle pas, je n’y pense que très peu et pourvu que je me sente confortable et propre, ça va. Seulement, cette fashion victime m’a plusieurs fois fait remarquer que mes sapes étaient datées. Du coup, je l’ai remarqué et je me sens moins bien dedans. C’est naze mais c’est comme ça. Je suis touchée par l’image que je renvoie chez certaines personnes en particulier, pas par mon image en général.

Alors je me promets de faire un effort et je regarde le look des gens autour de moi, ce que je ne fais généralement pas : je regarde leur visage, éventuellement leur silhouette, pas ce qu’ils portent. Pourtant, je n’arrive pas à avoir d’opinion tranchée : des fois, ça me fait marrer, des fois, ça me plait, des fois, je me dis « pas moyen ». Et puis j’oublie.

Pareil pour la déco de notre appart. J’ai parfois acheté des « accessoires » qui me plaisaient et qui étaient sûrement « tendance »… mais je les ai posé n’importe comment au milieu de nos meubles dépareillés Ikea.

Il y a des trucs que je trouve

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Le type du métro #metoo

C’est une anecdote qui m’est revenue récemment… Avec toutes les histoires qui sortent, j’aurais d’autres anecdotes plus rudes à raconter… mais c’est de celle-là dont je veux témoigner aujourd’hui sur ce blog.

J’avais 24 ans. Je venais d’entrer dans la vie active. Un après-midi pluvieux d’un trop long week-end, direction la cour St Emilion à Paris pour une séance de ciné.

J’étais célibataire et assez solitaire. Le cinéma faisait partie de mes principales occupations : de longues heures dans la pénombre pour ne pas voir le temps passer.

Debout dans le métro, mon voisin de barre m’interpelle. Sans animosité, aucune agressivité, avec une politesse discrète mais efficace, il prend toutes les informations nécessaires et en 5 minutes à peine sait comment je m’appelle, ce que je fais dans la vie et surtout quel est mon programme de la journée.

J’ai répondu à toutes ses questions. Sans doute de mauvaise grâce, en maugréant des réponses courtes mais précises.

Puis il s’invite. Je ne sais plus exactement Lire la suite

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