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Je me disperse

Essais & erreurs à la recherche de qui je suis

Auteur

Euphrosyne (@jemedisperse)

Autrice en version beta. Créative en manque perpétuel de temps. Enthousiaste mais inconstante. Je papillonne en blogueuse ascète...

Se blesser en pratiquant le yoga, c’est possible…

J’ai déroulé ma première salutation au soleil il y a presque 20 ans. Ma pratique a été (comme tout le reste, je dirais…) aléatoire. Au gré du temps disponible, des autres centres d’intérêts, des atomes crochus avec les profs, du niveau de stress à juguler…

J’ai aussi vu le public changer : réduit à quelques élu(miné).es au début, il s’est diversifié et considérablement développé. Différentes variantes se sont également répandues : au début, je trouvais seulement des enseignements de Hatha Yoga puis j’ai vu fleurir des cours de Ashtanga, Vinyasa, Yin, etc. A chaque pratiquant sa pratique, à chaque commerçant, son slogan…

Oui, c’est un peu dommage mais le yoga est vraiment devenu un business et là où j’entendais surtout ressourcement, je vois maintenant beaucoup de recherche de performance. Le phénomène me semble d’autant plus accentué que, avec l’engouement généralisé, l’âge moyen des professeurs a considérablement baissé et leur capacité de démonstration de force et de souplesse augmenté de façon (logiquement) inversement proportionnelle !

J’ai commencé avec des professeures plutôt âgées qui avaient souvent baroudé de longues années en Inde, attentives autant à l’introspection qu’aux effets bénéfiques sur le corps. J’assiste maintenant parfois les cours de professeur/es bien plus jeunes que moi qui ressemblent parfois davantage à des contorsionnistes qu’à de vieux/lles sages !

Je ne leur jette pas la pierre : devenir enseignant de yoga est un chemin et je ne doute pas que leurs capacités remettent le moins du monde en cause leur sincérité. Ce qui m’inquiète un peu plus, c’est de voir des néophytes tenter Lire la suite

Les mots et mantras de 2019 que je voudrais emporter avec moi en 2020

Je sais qu’il est déjà un peu tard pour les bilans mais je viens juste de refermer définitivement mon agenda 2019 : j’ai reporté les adresses importantes, reconduits les tableaux de suivis divers et variés, complété les listes de pense-bêtes jamais totalement écopées, admiré les gribouillages et petits mots des enfants, sauvé une ou deux photos et relus les pensées inspirantes que j’avais noté çà et là.

Je vous les partage en guise de vœux (et malgré leurs évidentes contradictions) :

La vie a beaucoup plus d’imagination que nous.
François Truffaut.

Ne crains pas d’avancer lentement, crains seulement de t’arrêter.
Proverbe chinois.

La meilleur façon de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder.
Oscar Wilde.

Soyez à vous-mêmes votre propre refuge.
Bouddha.

Les filles sages vont au Paradis, les autres vont où elles veulent.
Samuele

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Les sédiments

Je suis un lac. Susceptible en surface, calme en profondeur.

Ce qui me trouble laisse l’ancrage stable.

L’homme qui partage ma vie s’est posé sur cette surface, a créé des remous et doucement a sombré dans le fond. Avec les autres sédiments de mon existence passée, avec mes enfants, avec mes amours perdues, avec les relations familiales inextricables, avec les ambitions enfouies.

Les sédiments.

Tout se pose un jour ou l’autre. Ce qui reste en surface est finalement chassé par le vent, les intempéries, le temps.

Et les orages dans tout ça ? L’hiver aussi qui gèle la surface et les feuilles des plantes lacustres qui à l’automne tourbillonnent à la surface. Et le soleil qui joue de ses reflets aveuglant dans les vaguelettes d’un souffle printanier.

Au fond, la vie gagne, sans solution de continuité, sans aléas notables.

Il faut se ressourcer à cette immense source de stabilité. Garder confiance en l’inertie du monde en quelque sorte, ou en ce qui est plus grand que soi, c’est selon.

Zéro déchet : peut-on espérer que les gens se compliquent la vie ET paient (beaucoup) plus cher ?!

Je voudrais amorcer ma transition vers le zéro déchet.

En terme d’écologie, j’ai encore beaucoup à faire mais j’ai de profondes convictions (et aussi beaucoup d’angoisses) quant à notre responsabilité et notre impact sur l’environnement.

J’essaie (en vrac) de manger moins de viande, de prendre le train plutôt que l’avion, de me déplacer en vélo, de limiter le plastique, de recycler, de consommer local, etc.

Et puis, je voudrais significativement réduire mes déchets alors je me renseigne.

La première chose à faire : se procurer une gourde. Facile, je l’ai déjà fait depuis des années. Nous avons des gourdes de toutes dimensions dans la maison : chacun la sienne, mini format pour les enfants, design pour la mienne, grande contenance pour les sorties familiales.

Shampoing solide, déo fait maison, débarbouillettes en tissus, j’ai déjà adopté pas mal d’astuces faciles, économiques et pratiques. J’ai également toujours un sac sur moi au cas où j’aurais besoin de faire une course imprévue.

Mais maintenant, je voudrais passer à la vitesse supérieure et faire des courses zéro déchet. Ce qui signifie en résumé : Lire la suite

Workin’ Moms ou comment moderniser la vision de la maternité

Voilà une série qui ne s’encombre pas du politiquement correct ! Si vous aviez l’impression d’être la seule femme a avoir des idées chelou après la naissance de votre enfant, la déculpabilisation est en marche…

Regarder cette série, c’est comme tirer son lait dans les toilettes du boulot et croiser le pire macho de la boite en sortant (qui ne manquera pas de faire une blague salace mais à laquelle ta réplique sera cinglante !) : c’est gênant et inconfortable mais on en ressort fière et reboostée pour affronter les batailles quotidiennes.

Au début de chaque épisode, ces jeunes mamans se retrouvent dans un groupe de parole, animé par une coach exubérante, pour échanger sans filtre sur leurs difficultés. Le genre de groupe où chacune rivalise de bienveillance, de bons conseils et de pâtisserie maison…

Oui mais voilà, il y a celle qui sombre Lire la suite

5 podcasts féministes incontournables

Ce qui est étonnant avec l’offre foisonnante de podcast aujourd’hui, c’est qu’on ne sait toujours pas vraiment comment constituer sa playlist ! Où trouver les bonnes sources ? Quels sont les podcasts immanquables ? ceux à éviter ?

C’est un sujet récurrent : qu’est-ce que tu écoutes ? qu’est-ce que tu conseilles ?

Voilà donc mes conseils du jour ! Je propose d’abord de se pencher sur des sujets « de niches » qui n’ont pas forcément leur voix sur d’autres medias accessibles et grands publics. Et pour commencer, mon sujet de prédilection : le féminisme.

Ces podcasts accompagnent mes Lire la suite

S’approprier la puissance du cycle #superheroine

Cela faisait longtemps que ses messages défilaient sur mon fil d’actualité Facebook. Et son sourire surtout… ça m’intriguait tout de même : que pouvait-il y avoir de si intéressant à dire sur les règles ? c’était quoi le secret de Gaëlle sur les menstruations ?

Au fond, les miennes sont « arrivées » quand j’avais 12 ans, j’en ai 38 aujourd’hui, je me débrouille comme ça. Je lis des trucs sur la cup, j’essaie, j’adhère pas. Je m’achète quelques protections lavables, je trouve ça bien même si je trouve que ça tient moins bien en place. J’ai envie d’acheter une culotte menstruelle, je ne l’ai pas encore fait. J’attends quoi ?

Finalement, ça se réduit souvent à ça : comment minimiser les impacts pratiques du cycle menstruel ? Savoir quand les anglais débarquent pour ne pas se trouver à cours de munitions, choisir les vêtements qui conviennent le mieux à ce moment-là (en ce qui me concerne, des robes ou des jupes sombres), nettoyer les éventuelles taches de sang (à l’eau froide et au savon) et garder quelques comprimés de Spasfon au fond du sac au cas où.

Au fond, le principal objectif était de faire comme si ça n’existait pas, qu’il n’y avait pas de règles, pas de cycles, pas de hauts et surtout pas de bas, pas de mieux ou de moins bien. Pas mal au bide, pas de mauvaise humeur, pas fatiguée, pas trop enthousiaste non plus. Toujours égale.

J’avais vaguement essayé d’observer Lire la suite

Des moitiés de nous

Je finirai tout seul. Inévitable.

Je ne sais pas si c’est mon destin, cette promesse faite à moi-même de bosser pour réussir, réussir dans la vie, être reconnu et estimé qui est en train de prendre le goût de la fatalité. Peut-être est-ce simplement que j’ai fait les mauvais choix.

Certes, je marche bien, je n’ai pas à me plaindre. Je vais atteindre les objectifs que je me suis fixés dans le boulot. Mais ailleurs ? Que dire d’une vie de labeur acharné ? Comment justifier ces priorités au regard du temps qui passe ?

Toujours seul. Je me couche seul. Je pars en vacances seul. Je prends mon petit dej avec mon téléphone. Personne à mon chevet lorsque je suis malade.

Seul.

Je pourrais sûrement encore trouver quelqu’un pour partager ça. Une jolie poupée simple et amoureuse, qui me laisserait vivre ma vie sans trop poser de questions. Elle me ferait des enfants, des petits plats et la lessive. Il n’est pas trop tard pour ça.

Je continuerais à bosser jours et nuits, je prendrais des maîtresses pour débrouiller mes pulsions, je partirais des jours ou des semaines pour mes trails, mon boulot ou les femmes. Elle ne dirait rien, se chargerait de tout. Elle m’aimerait inconditionnellement. J’ai déjà eu des candidates.

Pas comme Pauline qui ne supportait plus les horaires à rallonge, ne jamais savoir quand j’allais rentrer, l’odeur d’une autre sur mes chemises. Cinq ans de ma vie foutu en l’air par insouciance. Bien sûr je l’ai aimée, pas comme elle aurait voulu mais quand même beaucoup. J’ai eu trop vite confiance en Lire la suite

En quête d’inspiration…

J’aime écrire et si je me le cache aussi à moi-même, je crois être faite pour ça. Je suis de celle qui arrive à trouver du plaisir dans le simple fait d’aligner des mots y compris pour la rédaction de documents techniques barbants et de mails factuels

Aujourd’hui pourtant, ça ne vient pas. Pas d’idées, pas de fluidité.

La dynamique qui me poussait devant mon écran pour déverser des idées en pagaille s’est essoufflée dans les contraintes du quotidiens, consommée dans un boulot chronophage et énergivore, dispersée dans des relations trop intenses.

Je n’écris que très peu et je ne trouve plus mes mots aussi pertinents, mes tournures aussi souples.

Comment se fait-il qu’on puisse autant perdre de vue ce qui fait le sel de la vie ? Comment peut-on avoir la certitude que l’essentiel est là et pourtant ne jamais y consacrer de temps ? le laisser toujours en dernière place ?

Je me rappelle cette période où une idée germait, tournicotait dans ma tête pendant des heures, imprimait des phrases dans mon esprit et quand, le PC ouvert, je lâchais ce flot de lettres ordonnées dans un billet dense et pressé.

J’ai peur d’avoir laissé échapper quelque chose d’essentiel.

De m’être perdue, peut-être.

Est-il possible de retrouver le chemin ? le bon chemin ? celui qui traverse ma vie et devrait me mener où je suis censée aller ?

J’ai des petits cailloux pour me guider : une centaine de brouillons achevés ou presque, un roman quasi terminé, des cahiers pleins de scenarii élaborés…

Ce matin, je me force. J’ai miraculeusement choisi de venir ici plutôt que de trier la paperasse. Ai-je bien fait ? Difficile à dire pour le moment puisque c’est douloureux et que la paperasse ne sera pas triée…

S’astreindre à une routine, le faire un peu chaque jour, qu’ils disent…

J’aimerais trouver le temps (l’énergie ?) de m’inscrire à un cour d’écriture, rencontrer d’autres scribouillards, partager ce plaisir. Mais j’ai aussi envie / besoin de faire davantage de sport, de voir mes ami.es, aller au musée, dévorer des livres, faire de grandes balades, profiter de mes enfants, leur proposer des activités, m’abrutir devant la télé, méditer, etc.

Presque trop pour une seule vie.

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