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Je me disperse

Essais & erreurs à la recherche de qui je suis

Auteur

Euphrosyne (@jemedisperse)

Autrice en version beta. Créative en manque perpétuel de temps. Enthousiaste mais inconstante. Je papillonne en blogueuse ascète...

Des moitiés de nous

Je finirai tout seul. Inévitable.

Je ne sais pas si c’est mon destin, cette promesse faite à moi-même de bosser pour réussir, réussir dans la vie, être reconnu et estimé qui est en train de prendre le goût de la fatalité. Peut-être est-ce simplement que j’ai fait les mauvais choix.

Certes, je marche bien, je n’ai pas à me plaindre. Je vais atteindre les objectifs que je me suis fixés dans le boulot. Mais ailleurs ? Que dire d’une vie de labeur acharné ? Comment justifier ces priorités au regard du temps qui passe ?

Toujours seul. Je me couche seul. Je pars en vacances seul. Je prends mon petit dej avec mon téléphone. Personne à mon chevet lorsque je suis malade.

Seul.

Je pourrais sûrement encore trouver quelqu’un pour partager ça. Une jolie poupée simple et amoureuse, qui me laisserait vivre ma vie sans trop poser de questions. Elle me ferait des enfants, des petits plats et la lessive. Il n’est pas trop tard pour ça.

Je continuerais à bosser jours et nuits, je prendrais des maîtresses pour débrouiller mes pulsions, je partirais des jours ou des semaines pour mes trails, mon boulot ou les femmes. Elle ne dirait rien, se chargerait de tout. Elle m’aimerait inconditionnellement. J’ai déjà eu des candidates.

Pas comme Pauline qui ne supportait plus les horaires à rallonge, ne jamais savoir quand j’allais rentrer, l’odeur d’une autre sur mes chemises. Cinq ans de ma vie foutu en l’air par insouciance. Bien sûr je l’ai aimée, pas comme elle aurait voulu mais quand même beaucoup. J’ai eu trop vite confiance en Lire la suite

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En quête d’inspiration…

J’aime écrire et si je me le cache aussi à moi-même, je crois être faite pour ça. Je suis de celle qui arrive à trouver du plaisir dans le simple fait d’aligner des mots y compris pour la rédaction de documents techniques barbants et de mails factuels

Aujourd’hui pourtant, ça ne vient pas. Pas d’idées, pas de fluidité.

La dynamique qui me poussait devant mon écran pour déverser des idées en pagaille s’est essoufflée dans les contraintes du quotidiens, consommée dans un boulot chronophage et énergivore, dispersée dans des relations trop intenses.

Je n’écris que très peu et je ne trouve plus mes mots aussi pertinents, mes tournures aussi souples.

Comment se fait-il qu’on puisse autant perdre de vue ce qui fait le sel de la vie ? Comment peut-on avoir la certitude que l’essentiel est là et pourtant ne jamais y consacrer de temps ? le laisser toujours en dernière place ?

Je me rappelle cette période où une idée germait, tournicotait dans ma tête pendant des heures, imprimait des phrases dans mon esprit et quand, le PC ouvert, je lâchais ce flot de lettres ordonnées dans un billet dense et pressé.

J’ai peur d’avoir laissé échapper quelque chose d’essentiel.

De m’être perdue, peut-être.

Est-il possible de retrouver le chemin ? le bon chemin ? celui qui traverse ma vie et devrait me mener où je suis censée aller ?

J’ai des petits cailloux pour me guider : une centaine de brouillons achevés ou presque, un roman quasi terminé, des cahiers pleins de scenarii élaborés…

Ce matin, je me force. J’ai miraculeusement choisi de venir ici plutôt que de trier la paperasse. Ai-je bien fait ? Difficile à dire pour le moment puisque c’est douloureux et que la paperasse ne sera pas triée…

S’astreindre à une routine, le faire un peu chaque jour, qu’ils disent…

J’aimerais trouver le temps (l’énergie ?) de m’inscrire à un cour d’écriture, rencontrer d’autres scribouillards, partager ce plaisir. Mais j’ai aussi envie / besoin de faire davantage de sport, de voir mes ami.es, aller au musée, dévorer des livres, faire de grandes balades, profiter de mes enfants, leur proposer des activités, m’abrutir devant la télé, méditer, etc.

Presque trop pour une seule vie.

La flaque

Tu m’as dit plusieurs fois qu’il fallait vivre à fond. Que la mort pouvait s’inviter à tout instant. Tu m’as donné des exemples.

Tu as raison. Tu penses à ta mort. J’y pense aussi. Et je ne comprends pas : on est là à se regarder en chiens de faïence sans oser s’approcher, sans faire ce tout petit pas.

Je pense alors à ma mort. Et surtout à tout ce que j’ai en moi pour toi, immense. Un truc gros comme ça qui se déversera sur le trottoir le jour où je me ferais percuter par une voiture. Qui coulera, visqueux, dans le caniveau. Comme du sang, pourpre mais irisé, comme un hydrocarbure. Tout ça restera là, mal étalé de longs jours à sécher. Tu ne l’auras pas pris alors d’autres pourront se servir en passant. Récolter une petite fiole de tout ce beau liquide pour les jours difficiles. Ou marcher dedans dans la plus totale indifférence et râler parce qu’il va falloir faire quelque chose de ces chaussures dégueulasses avant de rentrer. Peut-être que quelqu’un nettoiera à grande eau, sous un jet puissant, alors ce truc fort qui vit en moi se diluera, perdra son intensité et sa densité. Ce ne sera plus rien pour toi, plus rien pour personne. Je serai morte et tu n’auras rien eu.

C’est dommage.

Nos enfants vivront comme nos grands-parents (ou l’art de se lever la nuit pour aller faire pipi)

Je ne sais plus qui m’a dit ça : « nos enfants vivront comme nos grands-parents ». La remarque est passée et si elle ne m’a pas laissée de marbre, je n’ai pas pour autant percuté tout de suite.

Et puis je suis partie quelques jours pratiquer le yoga dans un magnifique coin de la Drôme : habitat “naturel” (cabane en bois, tente de trappeur ou tipi), poêle à bois pour le chauffage, bassine et broc à remplir au chalet central (le puits) pour le lavage des mains, du visage, des pieds et… toilettes sèches ! Le comble de la tendance.

J’y étais.

J’ai grandi dans un milieu modeste à la campagne. La vraie campagne. Pas une maison à perte de vue. Pas de bruit de voiture mais le chant du coq qui brise la quiétude du sommeil dès l’aube. Pas celle qui leur fait dire “moi, tu sais, j’ai grandi en maison, j’étouffe en appartement”. La campagne profonde qui t’oblige à prendre la voiture pour acheter une baguette de pain, rouler longtemps pour atteindre l’école, solliciter un chauffeur dès que tu as besoin de faire quoi que ce soit et moins de 18 ans. Celle que j’ai désertée avec bonheur. Lire la suite

Tout effacer et recommencer (à chaque fois)

Revenir sur ce blog est à chaque fois un peu douloureux, à chaque fois un peu plus douloureux.

Laisser en jachère ce bout de moi qui a tant vécu : des soirées de griffonnages (comment dire griffonnage numérique ? tapotage ? me fait davantage penser à une séance de massage… mes scribouillages seraient-ils un massage de l’âme ? l’idée me plait !), des efforts soutenus pour comprendre les secrets du blogging, des heures de connexion sur les réseaux, des amitiés virtuelles espérées et avortées, des dizaines de brouillons laissés à l’abandon, la flamme de l’écriture encore vacillante étouffée par manque d’oxygène…

J’aime écrire (avec ou sans lecteurs, cf. les centaines de pages constellées d’une écriture fine et furieuse, les innombrables journaux et carnets entamés et délaissés, retrouvés au fond d’un carton de déménagement). J’aime fouiller mon Lire la suite

Pré-révolution

Alors voilà, j’ai marché le 24 contre toutes les violences sexistes et sexuelles. C’est cool.

Mais comme je ne fais jamais rien sans cogiter à 200 000, après 3 h de marche, je n’étais plus tout à fait la même qu’avant…

(Si bien que ça m’a donné envie de revenir ici !)

Il y toujours la question de l’adhésion à l’entièreté de la cause, quand on manifeste. En quoi est-on légitime à se sentir solidaire de ceux avec qui on marche ?

J’ai besoin d’être 100% en phase sinon, je n’y vais pas. Autant dire que je n’y vais pas souvent…

En l’occurrence, je me sentais en phase. Alors j’ai marché.

Mais face aux slogans et aux discours, je me suis bien rendue compte que ma confrontation au sexisme n’est pas brutale. En effet, je n’ai jamais eu à me débattre pour éviter un rapport sexuel et je n’ai jamais été giflée.

En revanche, je ressens chaque jour des injustices et des violences liées à mon genre, davantage liées à des constructions sociales. Parce que s’il n’y a pas besoin d’user de force pour obtenir de moi de quelconques faveurs sexuelles, c’est qu’il suffit de jouer sur n’importe quelle fibre de culpabilité pour m’obliger.

C’est aussi dans le boulot, sans arrêt. J’évolue dans Lire la suite

L’écho du vide

Un silence. Quelques mots projetés entre une bouche et une oreille. Attentive.

Réaction. Questions. Compassion.

Ecouter et ne pas seulement vouloir toujours se raconter.

Il m’a dit : « Les gens se confient à toi, Euphrosyne. C’est que tu as une qualité d’écoute particulière ! »

Je ne me connaissais pas cette qualité. C’est bien, les qualités. Toute qualité a son revers pourtant… Celui de l’écoute assortie d’une grande empathie, c’est de faire l’éponge à tous les tracas, les soucis, les problèmes, les ennuis, les états d’âme, etc. de son entourage professionnel, amical, familial…

Ça en fait du monde ! Ça en fait des heures Lire la suite

Le B.A. – BA sur le choc toxique

Non, ce n’est pas un blog santé et mon propos aujourd’hui n’a pas de valeur médicale. C’est encore une fois mon expérience mais il me semble important de la partager.

D’abord, le « choc toxique », c’est quoi ?

Dit comme ça, ça fait un peu science-fiction ou film catastrophe. En fait, c’est un syndrome dont on entend parler pour la première fois avec l’arrivée des premières règles. Alors on se questionne sur les tampons et il y a quelqu’un pour vous dire avec un air mystérieux et à voix basse : « il faut faire attention au choc toxique… »

Ça a peut-être évolué (j’espère), mais c’était comme ça pour moi, il y a 25 ans ^^

Finalement, la présentation est restée succincte : il ne faut pas garder un tampon plus de 6 à 8 heures sinon, tu risques Lire la suite

Le pied sur lequel il faudrait danser

Il y a ces moments si rares où le soleil brille, le vent dans les voiles et certains efforts qui portent leurs fruits,… Le verre à moitié plein. Et puis d’autres, ceux où la pluie semble ne jamais vouloir cesser de tomber, les soucis récurrents, butés, des nouvelles et des propos qui blessent,… Le verre à moitié vide.

Objectivement, rien n’a vraiment changé. Même que peut-être fondamentalement, les choses vont mieux. Alors pourquoi ? Pourquoi ne penser qu’à ce texto qui n’arrive pas ? Pourquoi avoir arrêté d’écrire ? Pourquoi se sentir découragée ?

Je suis sur le point de renoncer à Lire la suite

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