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Je me disperse

Essais & erreurs à la recherche de qui je suis

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Au quotidien

Se blesser en pratiquant le yoga, c’est possible…

J’ai déroulé ma première salutation au soleil il y a presque 20 ans. Ma pratique a été (comme tout le reste, je dirais…) aléatoire. Au gré du temps disponible, des autres centres d’intérêts, des atomes crochus avec les profs, du niveau de stress à juguler…

J’ai aussi vu le public changer : réduit à quelques élu(miné).es au début, il s’est diversifié et considérablement développé. Différentes variantes se sont également répandues : au début, je trouvais seulement des enseignements de Hatha Yoga puis j’ai vu fleurir des cours de Ashtanga, Vinyasa, Yin, etc. A chaque pratiquant sa pratique, à chaque commerçant, son slogan…

Oui, c’est un peu dommage mais le yoga est vraiment devenu un business et là où j’entendais surtout ressourcement, je vois maintenant beaucoup de recherche de performance. Le phénomène me semble d’autant plus accentué que, avec l’engouement généralisé, l’âge moyen des professeurs a considérablement baissé et leur capacité de démonstration de force et de souplesse augmenté de façon (logiquement) inversement proportionnelle !

J’ai commencé avec des professeures plutôt âgées qui avaient souvent baroudé de longues années en Inde, attentives autant à l’introspection qu’aux effets bénéfiques sur le corps. J’assiste maintenant parfois les cours de professeur/es bien plus jeunes que moi qui ressemblent parfois davantage à des contorsionnistes qu’à de vieux/lles sages !

Je ne leur jette pas la pierre : devenir enseignant de yoga est un chemin et je ne doute pas que leurs capacités remettent le moins du monde en cause leur sincérité. Ce qui m’inquiète un peu plus, c’est de voir des néophytes tenter Lire la suite

Zéro déchet : peut-on espérer que les gens se compliquent la vie ET paient (beaucoup) plus cher ?!

Je voudrais amorcer ma transition vers le zéro déchet.

En terme d’écologie, j’ai encore beaucoup à faire mais j’ai de profondes convictions (et aussi beaucoup d’angoisses) quant à notre responsabilité et notre impact sur l’environnement.

J’essaie (en vrac) de manger moins de viande, de prendre le train plutôt que l’avion, de me déplacer en vélo, de limiter le plastique, de recycler, de consommer local, etc.

Et puis, je voudrais significativement réduire mes déchets alors je me renseigne.

La première chose à faire : se procurer une gourde. Facile, je l’ai déjà fait depuis des années. Nous avons des gourdes de toutes dimensions dans la maison : chacun la sienne, mini format pour les enfants, design pour la mienne, grande contenance pour les sorties familiales.

Shampoing solide, déo fait maison, débarbouillettes en tissus, j’ai déjà adopté pas mal d’astuces faciles, économiques et pratiques. J’ai également toujours un sac sur moi au cas où j’aurais besoin de faire une course imprévue.

Mais maintenant, je voudrais passer à la vitesse supérieure et faire des courses zéro déchet. Ce qui signifie en résumé : Lire la suite

Nos enfants vivront comme nos grands-parents (ou l’art de se lever la nuit pour aller faire pipi)

Je ne sais plus qui m’a dit ça : « nos enfants vivront comme nos grands-parents ». La remarque est passée et si elle ne m’a pas laissée de marbre, je n’ai pas pour autant percuté tout de suite.

Et puis je suis partie quelques jours pratiquer le yoga dans un magnifique coin de la Drôme : habitat “naturel” (cabane en bois, tente de trappeur ou tipi), poêle à bois pour le chauffage, bassine et broc à remplir au chalet central (le puits) pour le lavage des mains, du visage, des pieds et… toilettes sèches ! Le comble de la tendance.

J’y étais.

J’ai grandi dans un milieu modeste à la campagne. La vraie campagne. Pas une maison à perte de vue. Pas de bruit de voiture mais le chant du coq qui brise la quiétude du sommeil dès l’aube. Pas celle qui leur fait dire “moi, tu sais, j’ai grandi en maison, j’étouffe en appartement”. La campagne profonde qui t’oblige à prendre la voiture pour acheter une baguette de pain, rouler longtemps pour atteindre l’école, solliciter un chauffeur dès que tu as besoin de faire quoi que ce soit et moins de 18 ans. Celle que j’ai désertée avec bonheur. Lire la suite

Tout effacer et recommencer (à chaque fois)

Revenir sur ce blog est à chaque fois un peu douloureux, à chaque fois un peu plus douloureux.

Laisser en jachère ce bout de moi qui a tant vécu : des soirées de griffonnages (comment dire griffonnage numérique ? tapotage ? me fait davantage penser à une séance de massage… mes scribouillages seraient-ils un massage de l’âme ? l’idée me plait !), des efforts soutenus pour comprendre les secrets du blogging, des heures de connexion sur les réseaux, des amitiés virtuelles espérées et avortées, des dizaines de brouillons laissés à l’abandon, la flamme de l’écriture encore vacillante étouffée par manque d’oxygène…

J’aime écrire (avec ou sans lecteurs, cf. les centaines de pages constellées d’une écriture fine et furieuse, les innombrables journaux et carnets entamés et délaissés, retrouvés au fond d’un carton de déménagement). J’aime fouiller mon Lire la suite

Pré-révolution

Alors voilà, j’ai marché le 24 contre toutes les violences sexistes et sexuelles. C’est cool.

Mais comme je ne fais jamais rien sans cogiter à 200 000, après 3 h de marche, je n’étais plus tout à fait la même qu’avant…

(Si bien que ça m’a donné envie de revenir ici !)

Il y toujours la question de l’adhésion à l’entièreté de la cause, quand on manifeste. En quoi est-on légitime à se sentir solidaire de ceux avec qui on marche ?

J’ai besoin d’être 100% en phase sinon, je n’y vais pas. Autant dire que je n’y vais pas souvent…

En l’occurrence, je me sentais en phase. Alors j’ai marché.

Mais face aux slogans et aux discours, je me suis bien rendue compte que ma confrontation au sexisme n’est pas brutale. En effet, je n’ai jamais eu à me débattre pour éviter un rapport sexuel et je n’ai jamais été giflée.

En revanche, je ressens chaque jour des injustices et des violences liées à mon genre, davantage liées à des constructions sociales. Parce que s’il n’y a pas besoin d’user de force pour obtenir de moi de quelconques faveurs sexuelles, c’est qu’il suffit de jouer sur n’importe quelle fibre de culpabilité pour m’obliger.

C’est aussi dans le boulot, sans arrêt. J’évolue dans Lire la suite

Le B.A. – BA sur le choc toxique

Non, ce n’est pas un blog santé et mon propos aujourd’hui n’a pas de valeur médicale. C’est encore une fois mon expérience mais il me semble important de la partager.

D’abord, le « choc toxique », c’est quoi ?

Dit comme ça, ça fait un peu science-fiction ou film catastrophe. En fait, c’est un syndrome dont on entend parler pour la première fois avec l’arrivée des premières règles. Alors on se questionne sur les tampons et il y a quelqu’un pour vous dire avec un air mystérieux et à voix basse : « il faut faire attention au choc toxique… »

Ça a peut-être évolué (j’espère), mais c’était comme ça pour moi, il y a 25 ans ^^

Finalement, la présentation est restée succincte : il ne faut pas garder un tampon plus de 6 à 8 heures sinon, tu risques Lire la suite

Le pied sur lequel il faudrait danser

Il y a ces moments si rares où le soleil brille, le vent dans les voiles et certains efforts qui portent leurs fruits,… Le verre à moitié plein. Et puis d’autres, ceux où la pluie semble ne jamais vouloir cesser de tomber, les soucis récurrents, butés, des nouvelles et des propos qui blessent,… Le verre à moitié vide.

Objectivement, rien n’a vraiment changé. Même que peut-être fondamentalement, les choses vont mieux. Alors pourquoi ? Pourquoi ne penser qu’à ce texto qui n’arrive pas ? Pourquoi avoir arrêté d’écrire ? Pourquoi se sentir découragée ?

Je suis sur le point de renoncer à Lire la suite

Les mots

Le blog se tait. Alors que mon cœur vibre à chaque instant de tout ce que je pourrais dire mais ne sors pas.

Pourtant des mots, il y en a. Mon stock de brouillons bruisse même d’une existence propre. Tout un monde en gestation ou en putréfaction, pleins de sujets avortés, ébauchés, oubliés. Mon âme par bribes de moments consignés à la va-vite.

Et puis, des mots de chaque jour et ces livres formidables : le dernier tome d’Elena Ferrante. Perplexe de la double lecture. Yasmina Kadra et ses anges morts de nos blessures : des larmes rondes et lourdes tombées sur mes mains dans le métro à la lecture des derniers paragraphes. Clémence Debré, Play-Boy, avalé d’une traite, reçu comme un uppercut.

Et les mots fléchés. Toujours. Jamais rassasiée.

Les mots surtout de cette lettre qui, pour une fois, n’a pas fini sur le blog mais dans la boite aux lettres de son destinataire. Stupéfaction partagée. Ebahie encore de l’effet de ces mots dans la vie réelle. Entre toute puissance et terreur. Contradiction.

De ces autres mots aussi, échangés par mail avec le fantôme d’une autre vie. L’esquisse des possibles émerge des nimbes de mes regrets. Comme un univers sombre immense qui se découvre attirant comme un trou noir.

En travers de tout ça, les mots d’un récit dense et vital qui peinent à s’empiler.

Des mots en nuées dans ma tête qui s’écrasent parfois sur le blog et parfois ne trouvent pas la sortie. Des mots qui me portent ou m’enfoncent. Des mots et des concepts trop abstraits pour mon cœur. Une énergie contenue et sa déflagration violente.

La vie en caractères taille 72.

J’ai tout déchiré !

Le manque de confiance en moi est une marque de fabrique. Je crois que c’est d’ailleurs une des lignes rouges de ce blog, comme celle de ma vie et de mes choix.

Dans le travail comme dans tout le reste, je me fais le plus souvent discrète, je n’affirme jamais, m’y reprends toujours à deux fois, ou à mille. Je n’avance jamais un argument sans l’avoir consolidé au préalable et je finis souvent par m’écraser dans les débats et passe alors illico du rang d’ingénieure à celui de secrétaire : « Tu nous feras un petit compte-rendu de tout ça, hein, Euphrosyne ?!? »

Cela me cause bien des torts puisque j’exerce une profession où le faire-savoir peut s’avérer plus utile encore que le savoir-faire…

Pourtant, je suis compétente. Dans mon domaine d’expertise, je peux sans rougir affirmer que je suis efficace, synthétique et claire. Mes résultats donnent toujours satisfaction et là où je suis souvent oubliée, je tiendrais pourtant honnêtement une place d’experte. Lire la suite

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