Le manque de confiance en moi est une marque de fabrique. Je crois que c’est d’ailleurs une des lignes rouges de ce blog, comme celle de ma vie et de mes choix.

Dans le travail comme dans tout le reste, je me fais le plus souvent discrète, je n’affirme jamais, m’y reprends toujours à deux fois, ou à mille. Je n’avance jamais un argument sans l’avoir consolidé au préalable et je finis souvent par m’écraser dans les débats et passe alors illico du rang d’ingénieure à celui de secrétaire : « Tu nous feras un petit compte-rendu de tout ça, hein, Euphrosyne ?!? »

Cela me cause bien des torts puisque j’exerce une profession où le faire-savoir peut s’avérer plus utile encore que le savoir-faire…

Pourtant, je suis compétente. Dans mon domaine d’expertise, je peux sans rougir affirmer que je suis efficace, synthétique et claire. Mes résultats donnent toujours satisfaction et là où je suis souvent oubliée, je tiendrais pourtant honnêtement une place d’experte.

Cette position est frustrante. Je ne reçois que trop peu de reconnaissance – n’en sollicite d’ailleurs pas – même si je sais pertinemment que je serais capable de remplacer la plupart de mes collègues et petits chefs (ils sont légions) avantageusement…

Alors je maugrée, râle, peste, critique… rends mes livrables en temps et en heure avec le niveau qualité requis… sans jamais être valorisée. C’est un cercle vicieux néfaste, source d’insatisfaction chronique.

Je suis du genre à attendre en ruminant qu’un jour, tout le monde réalise à quel point je suis brillante, indispensable et vienne ce prosterner devant moi ! Et ce jour est arrivé ^^

Bon, bon, j’exagère un peu mais j’y viens…

Je devais une présentation à mon client. Comme de bien entendu, je ne suis que rarement désignée pour cette exercice – pas tellement prise au sérieux – mais là, il n’y avait personne d’autre… Le sujet avait mariné quelques semaines sans être traité, le temps passant il a fallu trouver un volontaire pour s’y attaquer. Bim, je suis passée par là et voilà : 3 semaines pour me préparer et exposer la proposition en externe.

Forcément, j’ai fait savoir mon mécontentement : impossible de boucler le truc dans le temps donné, ça aurait été fair-play de s’assurer de la faisabilité avant de fixer la date avec le client !c

Pourtant, je me savais capable de le faire alors j’ai bossé…

Le sujet était un peu moisi, très complexe et le client pas hyper satisfait de nos prestations jusque-là. Je ne l’avais pas compris tout de suite mais c’était un guet-apens… Mais j’aime les challenges !

Tout en continuant à faire connaitre mes difficultés et contraintes en interne, j’ai avancé dans mon travail avec la discrétion qui me caractérise et me suis préparée pour le jour J. Je me savais prête « techniquement ».

Pourtant, ce n’est qu’une partie de l’épreuve.

C’est un exercice que je connais assez bien malgré tout mais j’ai pour habitude de « bachoter » : je répète inlassablement ma prestation jusqu’à la connaitre quasiment par cœur et la dérouler avec le naturel d’une actrice surentraînée…

Là, pas le temps pour ça. En revanche, je voyais ma psy la veille et au cours de nos échanges, ça a fait tilt : j’étais la meilleure personne de toute ma boite pour présenter ce sujet !

C’était un fait indiscutable. J’ai beau manquer de confiance en moi : j’avais récupéré toutes les infos existantes, les avais assimilées, critiquées, rebouclées avec tous les interlocuteurs possibles… Oui, je connaissais ce sujet mieux que quiconque.

Et voilà ma préparation : à chaque fois que le doute m’a assailli dans les dernières 24h, à chaque fois que je me suis dit (y compris à 4h du matin) que je pourrais la relire une dernière fois, je me suis répétée que j’étais la plus compétente pour cette présentation, qu’aucun autre ne pourrait mieux faire, que j’exposerais mes connaissances avec aplomb : personne ne m’avait demandé d’avoir réponse à tout… L’objectif n’était pas la perfection (impossible vu le contexte) mais de faire le mieux possible.

Je suis nerveuse dans ces moments-là et ma voix flanche, je transpire aussi beaucoup. Bien que nerveuse, j’ai cette fois-ci gardé mon calme et ma fébrilité est passée inaperçue. Le client a été très satisfait, j’ai plié le truc en 2 heures au lieu des 3h30 prévues et reçu pleins de félicitations.

Le moment le plus jouissif ? Quand le mec qui pensait m’avoir envoyé au casse-pipe est venu me remercier, incrédule… Il pensait que nous aurions besoin de 2 voire 3 séances de travail et j’ai tout plié en 2 heures !

Je le soupçonne d’avoir prévu de venir en sauveur pour récupérer le sujet après que je me serais cassé la gueule…

Je ne sais pas si cette anecdote aura des effets à long terme (sauf que, au moins, on m’a demandé mon avis sur la date de la prochaine échéance client) mais je la consigne ici pour me rappeler que l’état d’esprit dans lequel on aborde une situation fait beaucoup plus que de se focaliser sur les détails !

La confiance en soi finalement, il suffit presque d’y croire ☺

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