Survivante

Alors que le berlingot marmoréen fondait sur sa langue, un souvenir la fit frissonner : les visites chez ce médecin taciturne en blouse blanche, son enfance, la douce main rassurante de sa mère, la douleur aiguë de la piqûre…

Aujourd’hui, les virus désactivés se suçotaient lentement avant de retrouver les bras de Morphée – pour garantir l’immunité du lendemain – et la vie de bohème dont elle rêvait à 10 ans n’était plus une utopie mais une question de survie.

Inès souffla la bougie et s’emmitoufla dans son sac de couchage. Le murmure de la rivière se fit oppressant dans l’obscurité. Elle craignait de ne pas entendre d’éventuels maraudeurs. Il ne lui restait plus que quatorze berlingots. Elle ne pouvait pas courir le risque de se les faire voler. Plus que deux semaines avant qu’une aube vernale ne la tire des périls de l’hiver. Deux semaines encore et elle pourrait espérer résister une année supplémentaire.

Il faudrait encore se procurer des vaccins avant l’automne suivant mais c’était encore loin… Elle aurait tout l’été pour préparer une excursion vers la Ville engorgée d’êtres encore humains mais en loques, leurs visages creusés par les aspérités d’une existence saturée de dangers, prêts à tuer pour ces cachets.

Elle enfoui sa tête entière à l’intérieur du sac de couchage comme pour se couper du monde et de ces innombrables pensées qui à nouveau la tiendraient éloignée du sommeil. Il faisait si froid et elle avait tant besoin de repos… A quoi tenait qu’elle parvenait à s’accrocher si fort à la vie ?

 


des mots une histoire olivia billington

C’est ma participation au rendez-vous de Olivia Billington : Des mots, une histoire. (Cliquez sur le logo pour en savoir plus 😉

Retrouvez mes précédentes participations ici, et .

Et celles des autres blogueur.se.s ici.

 

Bloguer pour de vrai ???

Je n’ai pas parlé blogging depuis longtemps. Je n’ai d’ailleurs pas blogué très sérieusement ces derniers temps mais j’ai renoué récemment avec une certaine forme de régularité (pour les très fidèles qui l’auraient remarqué…) : un burn out, des challenges et de grandes envies de changement.

Je voudrais que l’écriture m’accompagne et ma première fenêtre pour les mots est ici sur ce blog qui me dit si bien en si peu de mots :

« celle qui se disperse »

Pour blogger « sérieusement » et maintenir un lectorat engagé, il faut d’abord choisir « un angle », « une niche »… Malgré des idées par milliers, je ne me suis toujours pas résolue à me concentrer sur une cible et ne parler que d’un seul sujet parmi tous ceux qui me tiennent à cœur.

Pourtant, j’aurais rêvé devenir « blogueuse professionnelle » et sortir du lot : que mon avis et mes billets comptent, que des Lire la suite « Bloguer pour de vrai ??? »

Ce qu’elle a dans le ventre

Quarante huit jours. Et autant de nuits. Entre les médicaments et les larmes, il lui fallait tenir le compte sur un carnet. Noter chaque étape de ce parcours au fond d’elle-même.

Elle écrivait ses sentiments, ses émotions, ses hallucinations, ses tremblements et ses joies hystériques. Deux cycles qu’elle n’observait qu’elle-même : ses choix, ses envies, ses ratés, les embûches et les succès.

Dans un jour ou deux, Yannick viendrait lever les scellés, lui rendre les clefs et l’autoriser à sortir. Elle lui avait fait promettre d’attendre, malgré ses cris, ses protestations, ses lamentations. Ne la libérer qu’à la fin des deux cycles. La laisser toute entière au silence et à la solitude pour cheminer vers ce qu’elle avait de plus sincère en elle.

C’était Angèle qui lui avait fourni les drogues : des accélérateurs d’introspection, des catalyseurs de sensations. Et puis, le geste était devenu mécanique : recueillir les 2 gélules au creux de sa main et les porter à sa bouche, un grand verre d’eau. A chaque fois que la réalité semblait à nouveau percer les brumes de sa conscience.

Pour les heures qui lui restaient à tenir, elle se répéta la citation de cette sorte de chaman sud-américain qui l’avait initiée au parcours : « En toi est la lumière ». Elle l’avait marouflée sur une toile en face de son canapé, pour la répéter encore et encore, à chaque vague de lucidité.

La gentillesse de cette homme l’avait portée suite au deuil et elle avait voué une totale confiance en son rituel de régénération pour tourner la page de cette épreuve indicible.

***

Yannick avait marqué d’une croix au feutre rouge le calendrier cartonné accroché à la porte de sa cuisine : le 5 février, il devait aller libérer Anaïs. Il était inquiet. Bien sûr, cette femme était bizarre, complètement barrée auraient affirmés d’anciennes connaissances. Mais la tristesse qui l’avait envahie suite à la disparition légitimait maintenant toutes ses fantaisies, ses délires ou même ses folies.

C’était une créative, une artiste, une illuminée et ce chaman l’avait soutenue comme aucun de ses amis n’avaient été capable de le faire. Mais ce rituel avait tout du sordide suicide organisé.

Pendant ces presque deux mois, il n’avait cessé de penser qu’il n’aurait pas dû accepter. Il s’était mille fois vu se précipiter chez elle et faire céder la porte : la trouver encore en vie peut-être, si faible. Il voyait son corps flotter dans des rêves poisseux, éviscéré sans doute, gisant au milieu de son appartement dévasté, les murs badigeonnés de coups de pinceau ensanglantés.

Il fit le tour du pâté de maison pour se donner du courage. Il s’attendait au pire, bien sûr, se demandant comment il avait pu en arriver à faire un truc aussi stupide. Ses genoux lui paraissaient grippés en gravissant les escaliers. Il se surprit même à humer l’air à la recherche d’une odeur de décomposition.

Le cliquetis de la serrure lui fit accélérer le cœur. Les yeux clos, il laissa la porte couiner comme dans un mauvais film d’horreur. Mais le soleil baignait un appartement impeccable où flottait une douce odeur de lavande.

Anaïs se jeta dans ses bras pour une étreinte puissante. Sa préférence était allée à la vie.

***

des mots une histoire

C’est ma première participation au rendez-vous de Olivia Billington : Des mots, une histoire. (Cliquez sur le logo pour en savoir plus 😉

En quête d’inspiration…

J’aime écrire et si je me le cache aussi à moi-même, je crois être faite pour ça. Je suis de celle qui arrive à trouver du plaisir dans le simple fait d’aligner des mots y compris pour la rédaction de documents techniques barbants et de mails factuels

Aujourd’hui pourtant, ça ne vient pas. Pas d’idées, pas de fluidité.

La dynamique qui me poussait devant mon écran pour déverser des idées en pagaille s’est essoufflée dans les contraintes du quotidiens, consommée dans un boulot chronophage et énergivore, dispersée dans des relations trop intenses.

Je n’écris que très peu et je ne trouve plus mes mots aussi pertinents, mes tournures aussi souples.

Comment se fait-il qu’on puisse autant perdre de vue ce qui fait le sel de la vie ? Comment peut-on avoir la certitude que l’essentiel est là et pourtant ne jamais y consacrer de temps ? le laisser toujours en dernière place ?

Je me rappelle cette période où une idée germait, tournicotait dans ma tête pendant des heures, imprimait des phrases dans mon esprit et quand, le PC ouvert, je lâchais ce flot de lettres ordonnées dans un billet dense et pressé.

J’ai peur d’avoir laissé échapper quelque chose d’essentiel.

De m’être perdue, peut-être.

Est-il possible de retrouver le chemin ? le bon chemin ? celui qui traverse ma vie et devrait me mener où je suis censée aller ?

J’ai des petits cailloux pour me guider : une centaine de brouillons achevés ou presque, un roman quasi terminé, des cahiers pleins de scenarii élaborés…

Ce matin, je me force. J’ai miraculeusement choisi de venir ici plutôt que de trier la paperasse. Ai-je bien fait ? Difficile à dire pour le moment puisque c’est douloureux et que la paperasse ne sera pas triée…

S’astreindre à une routine, le faire un peu chaque jour, qu’ils disent…

J’aimerais trouver le temps (l’énergie ?) de m’inscrire à un cour d’écriture, rencontrer d’autres scribouillards, partager ce plaisir. Mais j’ai aussi envie / besoin de faire davantage de sport, de voir mes ami.es, aller au musée, dévorer des livres, faire de grandes balades, profiter de mes enfants, leur proposer des activités, m’abrutir devant la télé, méditer, etc.

Presque trop pour une seule vie.

Les stats, mon blog et moi

Il faut croire que ce blog n’est pas mort… malgré l’absence de billets récents, malgré mon assiduité virtuelle qui s’effiloche et l’envie qui n’est plus tout à fait là.

J’empoigne aujourd’hui mon clavier parce que ce blog, je l’aime. Je l’aime mal mais je l’aime. Comme il est. Avec ses maladresses et ses rares pépites.

Il dit tant de moi… C’est davantage qu’un journal intime et beaucoup moins qu’un blog d’auteure. Juste une porte ouverte de mon cœur directement sur le monde et les autres, vous.

Comment ça a commencé ?

J’ai découvert la blogosphère parentale avec la naissance de ma fille, comme tant d’autres avant et après moi… et comme tant d’autres avant et après moi j’ai voulu y ajouter mes mots / maux : c’est libératoire, infiniment.

Je voulais beaucoup de visibilité forcément. J’ai pensé concours, tests produits et humour grinçant pour faire comme les autres.

Mais je ne suis pas comme les autres alors j’ai bifurqué.

Je n’aime pas vendre mon âme aux marques au diable et je trouve beaucoup trop jubilatoire d’être totalement vraie, c’est si rare.

Je ne sais pas faire les choses pour l’argent, pour les faveurs ou pour les autres. Ce que je fais, je le fais pour soigner mon enfant intérieur, il n’y a pas

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Liebster award (de Noël) #6

Ça faisait looongtemps que je n’avais pas participé à un Liebster award !!! Merci à Mathieu de Papa Panique de m’avoir tagguée 😉

Pour celleux qui ne connaissent pas le principe : c’est un questionnaire qui tourne entre les blogueurs\ses pour en dire un peu plus sur soi et donner l’occasion de faire découvrir les blogueurs qui nous sont chers.

Le jeu se déroule en 3 parties :

  • dire 11 choses sur soi
  • répondre aux 11 questions du celui qui nous a désigné.e
  • poser 11 questions à 11 blogueurs

Personnellement, j’aime beaucoup participer parce que Lire la suite « Liebster award (de Noël) #6 »

J’aime mes ami.es (mais pas leur page !)

Il y a un principe dans le micro-monde du blogging et ses règles de fonctionnement sur les réseaux sociaux qui m’étonne et m’étonnera toujours je crois. Je sens que je ne vais pas me faire des ami.es  aujourd’hui mais bon, tant pis, je me lance !

Voici qu’ un jour j’ai décidé de lancer mon petit blog à moi malgré une connaissance pitoyable des réseaux sociaux (que j’ai confessée ici). J’ai immédiatement créé un profil Facebook et la page qui va avec. Ça me semblait être le minimum vital pour avoir un peu de visibilité.

Et puis, j’ai attendu… de recevoir des likes spontanés ^^

Quand on débute dans le « milieu » et Lire la suite « J’aime mes ami.es (mais pas leur page !) »

Mais comment donc as-tu atterri sur cette page ???

Tu découvres mon blog ?

Tu es un.e lecteur/trice fidèle ?

Tu viens de temps en temps ?

Dis-moi sur quel média tu as trouvé le lien de mon blog ou d’un billet…

 

Et si tu as quelques secondes de plus, je serais ravie d’en savoir davantage sur toi en commentaire : d’où tu viens, tes passions, si tu as ou non des enfants, quel métier tu fais, ta friandise préférée, ta pointure…

Moi, j’ai déjà presque tout dit ici 🙂

En tout cas, merci de ton passage et à très bientôt !

 

 

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