Il faut croire que ce blog n’est pas mort… malgré l’absence de billets récents, malgré mon assiduité virtuelle qui s’effiloche et l’envie qui n’est plus tout à fait là.

J’empoigne aujourd’hui mon clavier parce que ce blog, je l’aime. Je l’aime mal mais je l’aime. Comme il est. Avec ses maladresses et ses rares pépites.

Il dit tant de moi… C’est davantage qu’un journal intime et beaucoup moins qu’un blog d’auteure. Juste une porte ouverte de mon cœur directement sur le monde et les autres, vous.

Comment ça a commencé ?

J’ai découvert la blogosphère parentale avec la naissance de ma fille, comme tant d’autres avant et après moi… et comme tant d’autres avant et après moi j’ai voulu y ajouter mes mots / maux : c’est libératoire, infiniment.

Je voulais beaucoup de visibilité forcément. J’ai pensé concours, tests produits et humour grinçant pour faire comme les autres.

Mais je ne suis pas comme les autres alors j’ai bifurqué.

Je n’aime pas vendre mon âme aux marques au diable et je trouve beaucoup trop jubilatoire d’être totalement vraie, c’est si rare.

Je ne sais pas faire les choses pour l’argent, pour les faveurs ou pour les autres. Ce que je fais, je le fais pour soigner mon enfant intérieur, il n’y a pas

grand-chose d’autre qui me pousse.

Et mon blog, il soigne cet enfant qui n’a pas été écouté, pas été aimé, qui a manqué de douceur et de bienveillance. Cet enfant qui croit que les mots sont le pouvoir magique qui lui a été donné à la naissance.

Un pouvoir magique, c’est une surprise difficile à appréhender. Surtout quand il a attendu un âge avancé pour être révélé. C’est un outil dont la maîtrise prend un temps infini et qui fait peur parfois.

Mais c’est aussi quelque chose qui donne souvent un sens à l’univers autour de soi et en soi.

Pourquoi ça continue ?

J’aime écrire mais je suis trop perfectionniste et je n’ai pas le temps. J’ai toujours un truc plus urgent / important, forcément. A fortiori, je n’ai pas le temps de repartir sur de nouvelles bases : un blog flambant neuf, inscrit sur une thématique précise et un gros effort de mise en avant.

Le succès, ça se travaille. Je pense avoir saisi les clefs pour y arriver mais l’énergie, je ne l’ai pas. Des soirées sur les réseaux sociaux, des heures de rédaction et encore plus pour faire sa pub, commenter les autres et se faire connaitre. Non, vraiment.

Ce n’est pas que ça ne me plait pas, au contraire. Mais c’est chronophage et aliénant. Je ne sais rien faire sans me disperser (ah bon ?!) et chaque tentative de marketing bloguesque se solde par un sentiment d’inachevé et parfois pire, de dégoût.

Certaines de mes limites me semblent totalement indépassables (en particulier le passage à la vie réelle) et pourtant indispensables à faire d’un blog un succès.

Alors je me contente de signaux de présence faibles : je passe sur Facebook et distille quelques « j’aime », retweete un ou deux messages à l’occasion, active une dizaine de cœur par jours sur Instagram… Je lis deux ou trois billets de mes blogs favoris, ne commente pour ainsi dire jamais malgré l’envie et le fourmillement d’idées.

Je mets mon téléphone en mode avion, referme mon ordi et allume ma liseuse. Dans la pénombre de ma chambre, je laisse le sommeil venir et le sentiment de solitude s’étioler dans la nuit.

Et maintenant ?

Je suis rattrapée par le quotidien (m’avait-il vraiment lâchée ???) et sous toutes ses formes, il me rappelle à lui : ma famille, mon boulot, mon destin, mes envies, ma vertu… Mes questionnements incessants se cristallisent pour faire des situations anodines des événements dramatiquement complexes.

Mon moi migraineux ne me lâche pas (n’est-ce pas, Esther ?). Mon roman – projet identitaire souffre avec moi. Mon dos me tourmente. Mes enfants sont des enfants et, qui plus est, les miens. Mon couple tangue.

Je ne veux rien perdre et je ne peux rien sacrifier. J’ignore quelles sont les priorités valables et celles que je suis capable de donner.

Je relis quelques uns des textes dans la centaine de brouillons qui traînent là. Certains sont bons, d’autres racoleurs, certains me ressemblent, d’autres pourraient plaire, certains semblent obsolètes, d’autres encore vivaces… Je voudrais être capable de tout publier d’un coup, pour m’en débarrasser et donner un grand souffle à cet espace.

Et puis, on débute le mois de Janvier. Une nouvelle année qui comme chacune, invite aux bonnes résolutions… A chaque (re)commencement, je regarde ces statistiques qui plongent, ce trafic « naturel » qui ne donne vraiment rien et je me dis que j’ai envie de plus : de plus d’interactions, de plus d’inspiration, de plus de partages et de commentaires, d’un lectorat assidu et admiratif, d’amitiés sincères, de grands amours et de grands livres.

Je ne sais pas viser petit mais je ne sais pas faire grand. Je ne peux que constater l’inefficacité de mes stratégies sans jamais me donner les moyens de faire mieux. Je suis incapable de me recentrer (ce qui est le plus authentique dans ce blog, c’est son titre !) alors que je n’ai de cesse de remettre tout en question.

Je pourrais mettre un point final à ce blog. Faire autre chose de ce temps. Ou proposer un nouveau site : plus optimiste, plus cohérent. Ne conserver que les recettes, ou que les états d’âmes.

Mais ce ne serait pas moi. Moi, je suis là. Sur ce blog-là. Parfois poète, parfois triviale.

Je continuerais à publier moins que désiré, des billets du fond du cœur ou des billets réchauffés. Je continuerais à aller régulièrement consulter mes stats et me dire que pffff, jamais, vraiment, ce blog…

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