La fatalité

Pour celleux qui me suivent un peu ici et dans la vie, vous savez sûrement comme je suis anxieuse et angoissée, comme tout est susceptible de réveiller de sombres peurs, que je me mets moi-même des barrières immenses et me perds dans des abîmes insondables…

Et depuis la naissance de mes enfants, c’est pire !

J’ai longtemps été assaillie de phobies d’impulsions qui assombrissaient mes pensées et par là-même toute mon existence.

Parce que quoi de pire que de perdre un enfant ? ceux-là qu’on a choisit d’avoir, tant attendu, dans lesquels on espère tant…

Le libre choix de la maternité et l’évolution de notre société appuient sur cette appréhension-là mais ce n’est pas mon sujet aujourd’hui.

J’ai toujours dans un coin de la tête cette sourde angoisse : ils peuvent mourir. Un seul des deux. Ma fille. Mon fils. Les deux. Mon mari aussi. Je peux mourir aussi. Les laisser seuls. Leur papa et moi pouvons aussi mourir sans eux.

Voilà ce avec quoi j’essaie de me dépatouiller depuis des mois et des mois.

J’ai même pensé qu’il était Lire la suite « La fatalité »

Les sédiments

Je suis un lac. Susceptible en surface, calme en profondeur.

Ce qui me trouble laisse l’ancrage stable.

L’homme qui partage ma vie s’est posé sur cette surface, a créé des remous et doucement a sombré dans le fond. Avec les autres sédiments de mon existence passée, avec mes enfants, avec mes amours perdues, avec les relations familiales inextricables, avec les ambitions enfouies.

Les sédiments.

Tout se pose un jour ou l’autre. Ce qui reste en surface est finalement chassé par le vent, les intempéries, le temps.

Et les orages dans tout ça ? L’hiver aussi qui gèle la surface et les feuilles des plantes lacustres qui à l’automne tourbillonnent à la surface. Et le soleil qui joue de ses reflets aveuglant dans les vaguelettes d’un souffle printanier.

Au fond, la vie gagne, sans solution de continuité, sans aléas notables.

Il faut se ressourcer à cette immense source de stabilité. Garder confiance en l’inertie du monde en quelque sorte, ou en ce qui est plus grand que soi, c’est selon.

L’écho du vide

Un silence. Quelques mots projetés entre une bouche et une oreille. Attentive.

Réaction. Questions. Compassion.

Ecouter et ne pas seulement vouloir toujours se raconter.

Il m’a dit : « Les gens se confient à toi, Euphrosyne. C’est que tu as une qualité d’écoute particulière ! »

Je ne me connaissais pas cette qualité. C’est bien, les qualités. Toute qualité a son revers pourtant… Celui de l’écoute assortie d’une grande empathie, c’est de faire l’éponge à tous les tracas, les soucis, les problèmes, les ennuis, les états d’âme, etc. de son entourage professionnel, amical, familial…

Ça en fait du monde ! Ça en fait des heures Lire la suite « L’écho du vide »

Se voiler la face

Mon blog parle pour moi : je ne vais pas bien.

Je traverse une période émotionnellement complexe. Je suis perdue dans les considérations philosophiques et existentielles. Je suis égarée dans une confusion de sentiments inextricables.

Je suis au fond du trou.

Mais ce que je laisse sur le blog, je ne suis pas capable de le montrer « en vrai ».

Quand je suis seule, mes yeux se remplissent de larmes, je sens mon visage se défaire, mes traits se tirer et mon regard s’assombrir à mesure que mes cogitations font osciller mes neurones. Mon ventre brûle d’anxiété. Ma posture s’affaisse. Je m’effondre lentement en moi-même.

Mais dès que je rentre dans une pièce occupée ou que Lire la suite « Se voiler la face »

Impuissance et patience

Pour comprendre ce qui se trame ici, je vous conseille vivement de lire ceci et cela sous peine de ne riiiiien comprendre à ce que je raconte ici…

Ce jeudi-là, je suis partie confiante. Je n’avais pas envisagé d’autres possibilités. Mais quand l’échographe a asséné : « Il y a une rétention trophoblastique. » Je me suis dit – sans comprendre pourquoi :/ – que ce n’était pas une bonne nouvelle.

3 semaines après la prise médicamenteuse pour IVG

Je suis un peu tombée des nues. Pour moi, on devait juste vérifier que tout allait bien… et passer à autre chose !

Elle me dit : « C’est gros, il va sûrement falloir envisager la chirurgie. » Enfin, il fallait attendre l’avis du généraliste, le lendemain matin…

Je n’ai pas peur de Lire la suite « Impuissance et patience »

Avorter et tourner la page

Je dors mal depuis quelques semaines. Je comprends maintenant pourquoi.

Cette nuit-là a été agitée, mais pas plus que les autres finalement.

Et au réveil, mauvaise surprise : MiniJoie a l’œil rouge et gonflé… Il va falloir caser un rendez-vous chez le pédiatre ! Encore un mercredi reposant qui s’annonce ^^

Papaidi garde les enfants pendant que je me rends à l’adresse conseillée par le planning familial la veille.

Je découvre sur la plaque qu’il s’agit d’une généraliste (sa remplaçante en fait). Je m’attendais à une gynécologue. Encore un préjugé (et j’avais mal lu le document, c’était pourtant écrit…)

Un quart d’heure d’attente.

Elle est calme et posée, me rappelle toutes les informations que je dois légalement

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Et certaines choisiraient l’IVG comme moyen de contraception ?

A mesure que cette expérience se déployait à travers moi, j’ai su que j’allais devoir l’écrire mais la publier ? Pour faire passer quel message au fond ?

Militer pour le droit à l’avortement ? Me lancer dans un plaidoyer pour la contraception ? Déconstruire les clichés qui accompagnent ces thèmes ? Trouver une légitimité dans le choix que j’ai fait ?

Rien de tout ça précisément je crois… Juste raconter ce parcours si secret bien qu’ordinaire me semble indispensable : ce blog est là pour dire, pas pour taire. Les épreuves de femme y ont leur bonne place.

Et pourtant, je ne sais pas bien par où commencer : ma position par rapport à l’avortement, les raisons de mon choix, le récit linéaire de mon aventure, une sélection des pires moments…

Comment le raconter ?

Tant pis, je me lance et

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J’ai 4 ans et tout l’avenir devant moi

Il y a quelques temps, je discutais avec une amie (coucou !) de ma vision de l’avenir et surtout du fait que j’étais incapable de faire de projets de grande ampleur, comme si j’avais 99 ans dans ma tête que j’allais mourir sous peu.

Alors c’est vrai que je tricote et fais des mots fléchés, j’aime boire des tisanes et écouter la radio, je commence à avoir des douleurs chroniques ^^ Mais le malaise est plus profond que ça…

Cette impression que plus rien n’est accessible, que mon destin est figé, j’ai du mal à m’en débarrasser. Je m’englue dans

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Je ne sais pas me faire de nouveaux amis

J’ai de bon.nes ami.es dans la vie. Des personnes auxquelles je tiens et qui, je le crois, tiennent à moi.

J’en ai peu. Finalement, je pense pouvoir les compter sur les doigts d’une main. [Mais je ne le fais pas, ça m’angoisse.]

J’aimerais compter les camarades par dizaines. Être sollicitée de toutes parts et collectionner les invitations.

Je n’ai jamais eu beaucoup d’ami.es et aujourd’hui, plus encore, j’ai du mal à m’en faire de nouvelles. Il parait que ça pourrait être dû à ça. Je n’en sais rien et ça ne change pas le problème.

Je souffre aujourd’hui de voir le reflet de ce que je vis dans l’attitude MiniJoie. Ma fille pour qui, dans l’innocence et la spontanéité de ses presque 4 ans, devrait trouver l’amitié simple comme une balançoire partagée. Elle est souvent en retrait, observatrice, Lire la suite « Je ne sais pas me faire de nouveaux amis »

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