Le blog se tait. Alors que mon cœur vibre à chaque instant de tout ce que je pourrais dire mais ne sors pas.

Pourtant des mots, il y en a. Mon stock de brouillons bruisse même d’une existence propre. Tout un monde en gestation ou en putréfaction, pleins de sujets avortés, ébauchés, oubliés. Mon âme par bribes de moments consignés à la va-vite.

Et puis, des mots de chaque jour et ces livres formidables : le dernier tome d’Elena Ferrante. Perplexe de la double lecture. Yasmina Kadra et ses anges morts de nos blessures : des larmes rondes et lourdes tombées sur mes mains dans le métro à la lecture des derniers paragraphes. Clémence Debré, Play-Boy, avalé d’une traite, reçu comme un uppercut.

Et les mots fléchés. Toujours. Jamais rassasiée.

Les mots surtout de cette lettre qui, pour une fois, n’a pas fini sur le blog mais dans la boite aux lettres de son destinataire. Stupéfaction partagée. Ebahie encore de l’effet de ces mots dans la vie réelle. Entre toute puissance et terreur. Contradiction.

De ces autres mots aussi, échangés par mail avec le fantôme d’une autre vie. L’esquisse des possibles émerge des nimbes de mes regrets. Comme un univers sombre immense qui se découvre attirant comme un trou noir.

En travers de tout ça, les mots d’un récit dense et vital qui peinent à s’empiler.

Des mots en nuées dans ma tête qui s’écrasent parfois sur le blog et parfois ne trouvent pas la sortie. Des mots qui me portent ou m’enfoncent. Des mots et des concepts trop abstraits pour mon cœur. Une énergie contenue et sa déflagration violente.

La vie en caractères taille 72.

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