La sensibilité du sicaire

L’écho du grincement de la porte rebondit sur les meubles dodus, les bibelots colorés, les tapis épais et les cadres par milliers.

Alex observa quelques instants Ma en train de fleurir son capharnaüm, fredonnant l’ouverture 1812 de Tchaïkovsky (sa vénération pour ce compositeur dépassait l’entendement) : ses gestes ralentis par la sécheresse de l’été qui n’en finissait pas, le cliquetis des heures inexorables, la peine des êtres chers perdus il y a longtemps, le manque d’amour et de compagnie, la vieillesse. Une vie entière s’étalait là, dans cet amoncellement de tristesse poussiéreuse, dans l’effort payé à chaque souffle, dans la musique qui berçait ses mouvements las.

Le reflet du visage de Ma (un miroir fissuré encadré par un portrait de clown et un paysage de montagne) percuta la rétine d’Alex et une larme coula sur sa joue.

Le mandataire connaissait-il le lien si fort qui les unissait ?

Trop tard. Il tira une balle dans la nuque de la vieille. Son salaire parait les mouchoirs et les remords.


des mots une histoire olivia billingtonC’est ma participation au rendez-vous de Olivia Billington : Des mots, une histoire : une sélection de mots (en gras) à recaser dans un texte de fiction.

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Retrouvez mes précédentes participations ici.

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7 commentaires sur “La sensibilité du sicaire

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