Recherche

Je me disperse

Essais & erreurs à la recherche de qui je suis

La débâcle

Il a dit non.

Et j’attendais un oui. J’étais sûre qu’il dirait oui.

J’avais imaginé qu’il dirait oui.

Alors je plonge de l’Everest jusque dans la fosse des Mariannes.

Et ce versant de mon âme qui s’était mis à voir la vie en rose bonbon (volonté, ambition, complétude) a explosé en plusieurs milliards de minuscules éclats lumineux. Emportant leur énergie au loin. Libérant soudain ce monstre de noirceur qui m’habite. Redoutable aimant vers le néant : l’eau noire s’étend sous le pont, glacée, animée d’un courant fort et inexorable. Le poids dans mon dos m’offre en plus une certitude.

Je m’abîme dans le songe de cet impact libératoire, du poids mort attiré vers

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Toujours la même chose

Je me tourne sur le côté et ses bras se referment sur moi, protection voluptueuse contre des cauchemars trop réalistes.

Qu’est-ce que je fais là ? Chercher ailleurs pour trouver la même chose…

La même retenue, le même tempo, presque les mêmes caresses, les mêmes non-dits… juste quelques faux-semblants. Une écoute renouvelée, une attention légèrement aiguisée par la nouveauté, la fébrilité de l’inconnu. Tant de choses qui ne dureront pas.

Et puis rien n’est vraiment différent : un autre corps, une autre voix, une autre odeur, un autre grain de peau et des poils. Mais juste un homme.

Alors je reste seule enfermée en moi-même. Et comme rien ne parvient à percer la surface de cette coquille tant de fois brisée et rafistolée, mes sensations à moi persistent, figées.

Mon corps – mon âme – moite et glacée de ne pouvoir recevoir davantage. Un frisson le long de l’échine et sentiment abyssal d’une existence somme toute vaine.

A quoi sert de vivre ?

Questions de goût

C’est difficile de choisir. Choisir c’est renoncer. Et puis c’est aussi s’affirmer et en creux dire aux autres que s’ils ont fait un choix différent, il est forcément moins bien… Moi, je trouve ça particulièrement compliqué d’autant que je me retrouve confrontée ces temps-ci à mon absence totale de goût. Absence au sens de inexistence. En matière vestimentaire, en matière de décoration. Je n’ai que rarement un avis.

Question mode d’abord. En ce moment, je traine régulièrement avec un gars genre hypster (je ne sais d’ailleurs pas si ce concept n’est pas déjà dépassé, sorry) enfin bref, très looké quoi. Alors que de mon côté, depuis la naissance de mes enfants, j’ai drastiquement réduit mon budget fringue et recycle mon gigantesque stock de looks des années 2000 voire 90. Tant qu’on ne m’en parle pas, je n’y pense que très peu et pourvu que je me sente confortable et propre, ça va. Seulement, cette fashion victime m’a plusieurs fois fait remarquer que mes sapes étaient datées. Du coup, je l’ai remarqué et je me sens moins bien dedans. C’est naze mais c’est comme ça. Je suis touchée par l’image que je renvoie chez certaines personnes en particulier, pas par mon image en général.

Alors je me promets de faire un effort et je regarde le look des gens autour de moi, ce que je ne fais généralement pas : je regarde leur visage, éventuellement leur silhouette, pas ce qu’ils portent. Pourtant, je n’arrive pas à avoir d’opinion tranchée : des fois, ça me fait marrer, des fois, ça me plait, des fois, je me dis « pas moyen ». Et puis j’oublie.

Pareil pour la déco de notre appart. J’ai parfois acheté des « accessoires » qui me plaisaient et qui étaient sûrement « tendance »… mais je les ai posé n’importe comment au milieu de nos meubles dépareillés Ikea.

Il y a des trucs que je trouve

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Le type du métro #metoo

C’est une anecdote qui m’est revenue récemment… Avec toutes les histoires qui sortent, j’aurais d’autres anecdotes plus rudes à raconter… mais c’est de celle-là dont je veux témoigner aujourd’hui sur ce blog.

J’avais 24 ans. Je venais d’entrer dans la vie active. Un après-midi pluvieux d’un trop long week-end, direction la cour St Emilion à Paris pour une séance de ciné.

J’étais célibataire et assez solitaire. Le cinéma faisait partie de mes principales occupations : de longues heures dans la pénombre pour ne pas voir le temps passer.

Debout dans le métro, mon voisin de barre m’interpelle. Sans animosité, aucune agressivité, avec une politesse discrète mais efficace, il prend toutes les informations nécessaires et en 5 minutes à peine sait comment je m’appelle, ce que je fais dans la vie et surtout quel est mon programme de la journée.

J’ai répondu à toutes ses questions. Sans doute de mauvaise grâce, en maugréant des réponses courtes mais précises.

Puis il s’invite. Je ne sais plus exactement Lire la suite

Mon double positif

C’est un homme.

Grand et fort. Sûr de lui. Sportif. Magnétique. Séduisant.

Il enchaine les coups d’un soir, ne s’engage pas, joue le sentimental en parlant de ses ex. Il n’a pas d’enfant, dit en vouloir, ne fait rien pour, n’aurait pas de temps pour eux.

Un peu mytho aussi. Ou plutôt non : c’est cette façon de vivre et de rapporter ses expériences – des plus anodines aux plus extraordinaires – qui rend (le récit de) sa vie un peu exceptionnel.le.

Il réussit bien dans son boulot : il obtient ce qu’il souhaite, est apprécié, valorisé, les gens veulent bosser avec lui et les opportunités tombent.

On s’entend bien. On se comprend aussi. A demi-mot. Il y a une connexion particulière entre nous.

Comme s’il était mon double, le versant de ma vie qui aurait fait tous les choix inverses aux miens.

Et il a l’air plus heureux.

Cette sombre passagère clandestine

C’est une présence constante, une partie de moi qui se distingue du tout sans jamais vraiment me lâcher, un morceau de mon cerveau qui pulse ses angoisses, ses trop-pleins, ses contrariétés…

Je lui parle souvent, comme à une sœur ennemie : proche et rivale à la fois. Esther.

Mais je ne lui dis pas tout, de peur qu’elle ne sorte de l’ombre pour me terrasser de longues journées durant. Elle a un don pourtant : celui de sentir tout ce qui est bancal en moi, tout ce qui me blesse ou me tiraille sans que je veuille le reconnaître.

La migraine.

Depuis 20 ans. Plusieurs jours par semaine. Une douleur qui peut m’abattre jusqu’à 5 ou 6 jours d’affilée.

C’est quoi la migraine ?

Non, ce n’est pas un simple mal de tête avec lequel on Lire la suite

Carte postale #27 – Avignon

Par un court week-end de Novembre, un grand besoin d’air nous a soufflé jusqu’en Avignon… et nous n’avons pas été déçus !

Temps mitigé, vent puissant, paysages sublimes et palais somptueux. Deux journées vivifiantes en famille pour terminer l’année sur une note positive  🙂

avignon

En nous souhaitant de nombreux week-ends surprises pour 2018 😉

Euphrosyne.

PS: et toi, c’est quoi ta dernière destination « coup de tête » ?


cartes postales euphrosyne

Les cartes postales, c’est un rendez-vous mensuel occasionnel mais toujours le premier samedi du mois ^^

Découvre d’autres destinations en cliquant sur le macaron…

Les stats, mon blog et moi

Il faut croire que ce blog n’est pas mort… malgré l’absence de billets récents, malgré mon assiduité virtuelle qui s’effiloche et l’envie qui n’est plus tout à fait là.

J’empoigne aujourd’hui mon clavier parce que ce blog, je l’aime. Je l’aime mal mais je l’aime. Comme il est. Avec ses maladresses et ses rares pépites.

Il dit tant de moi… C’est davantage qu’un journal intime et beaucoup moins qu’un blog d’auteure. Juste une porte ouverte de mon cœur directement sur le monde et les autres, vous.

Comment ça a commencé ?

J’ai découvert la blogosphère parentale avec la naissance de ma fille, comme tant d’autres avant et après moi… et comme tant d’autres avant et après moi j’ai voulu y ajouter mes mots / maux : c’est libératoire, infiniment.

Je voulais beaucoup de visibilité forcément. J’ai pensé concours, tests produits et humour grinçant pour faire comme les autres.

Mais je ne suis pas comme les autres alors j’ai bifurqué.

Je n’aime pas vendre mon âme aux marques au diable et je trouve beaucoup trop jubilatoire d’être totalement vraie, c’est si rare.

Je ne sais pas faire les choses pour l’argent, pour les faveurs ou pour les autres. Ce que je fais, je le fais pour soigner mon enfant intérieur, il n’y a pas

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L’été indien

Il fait beau alors ils ont quitté le boulot un peu plus tôt pour profiter du soleil sur leur peau. Ils ont pris le chemin des écoliers et pédalent tranquillement dans les sous-bois quand F. bifurque subitement.

« Suis moi ! »

Il tourne encore sur un sentier plus étroit. L. sent immédiatement le désir monter et son sexe mouiller. L’attitude de F. est toujours sans équivoque.

Ils posent pied à terre. F. se retourne vers L. avec un sourire immense et mutin. Elle lâche son vélo sur Lire la suite

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