Être au top

Dans les magazines, sur le net, à la télévision, l’image lisse et sans aspérité des femmes sonne pour moi comme autant d’injonctions auxquelles nous devrions nous empresser de répondre :

être belle, sportive, fashion, toujours impeccable, drôle, cultivée, d’humeur égale, épilée, mince, vernie, avec une peau de bébé et un sourire éclatant, économe, reposée, saine et désinvolte,

être performante dans son boulot voire même être une entrepreneuse prospère (avec tout ce que ça implique de prise de risque, de motivation, de pugnacité et de talent),

être une mère patiente, compréhensive et disponible, si possible d’une famille nombreuse,

être une amante insatiable et curieuse,

être créative et douée de ses mains, de sa voix, de ses doigts,

avoir un intérieur impeccable et décoré avec goût,

être critique et informée sur tout ce qui concerne la santé, l’écologie, la politique, le veganisme, les expos à la mode, les sorties ciné, les prix littéraires,

être connectée et à la pointe de la technologie (voire même tenir un blog à succès ;),

fréquenter les boutiques, les pubs, les boites, les restos branchés,

voyager (voire même s’expatrier), cuisiner, sortir, fabriquer tout soi-même, ne jamais faire de faute de goût et s’organiser !

Ouf, j’en perds le souffle…

Je sais pas vous… mais il me faudrait bien plus Lire la suite « Être au top »

Le conflit : la femme OU la mère

Le conflit. La femme et la mère. Elisabeth Badinter. Flammarion.Après en avoir entendu parler souvent, pour avoir soulevé des opinions divergentes (il en a d’ailleurs déjà été question sur les Vendredis Intellos: ici,  ou ), je voulais me faire mon propre avis sur Le conflit/ La femme et la mère d’Elisabeth Badinter.

 

Je livre ici mes impressions.

 

Le désir d’enfant

Dans ce livre polémique, l’auteur interroge le désir d’enfant : ce qui me frappe dans cette analyse est l’absence de considération « psy« . Je sais bien que l’auteur est philosophe et que son angle d’attaque n’est donc pas nécessairement psychanalytique…

Mais faire un enfant, c’est, selon moi, tout sauf rationnel. Elle le dit d’ailleurs au début du livre en démontrant que le désir d’enfant est « injustifié ». En effet, je pense qu’il est d’abord et surtout une réparation. Celle de notre enfance, des projets que nous n’avons pas réussi à mener à bout, etc. Elle répond à notre complexe d’œdipe et notre désir de faire plaisir à notre père, etc. En cela, il faudrait 10 ans d’analyse au bas mot pour être capable de synthétiser ce désir en une seule phrase.

Tout choix suppose une réflexion sur les motifs et les conséquences. Mettre un enfant au monde est un engagement à long terme qui implique de donner la priorité à celui-ci. C’est la décision la plus bouleversante qu’un être humain est amené à prendre dans sa vie. La sagesse commanderait donc qu’il y regarde à deux fois et s’interroge sérieusement sur ses capacités altruistes et le plaisir qu’il peut en tirer. Est-ce toujours le cas ?

Et de fait, il n’est pas simplement question d’épanouissement mais plutôt de construction. Il me semble que la plupart des femmes ne sont pas capables d’objectiver leur vision d’une vie réussie au point d’être capable de dire posément qu’une carrière professionnelle brillante suffit parce qu’elle comblera ce qui a manqué à l’enfant tant dans sa relation à sa mère que dans sa relation à son père. Non, la vie se bâtit lentement une pierre après l’autre, à force d’essais et d’erreurs.

Le fantasme de la maternité

Dans la première partie de cet ouvrage, l’auteur démolie le fantasme de la maternité : à travers l’exemple d’une écrivain presque exclusivment [Eliette Abecassis, Un heureux évènement], elle extrapole les difficultés Lire la suite « Le conflit : la femme OU la mère »

Le chapeau des filles

Brève de vacances :

On croise une Maman dont la petite fille – du même âge environ que MiniJoie – porte fièrement son chapeau ET ses lunettes. On s’extasie !!!

La Maman de répondre : « Oh mais c’est une fille… » tout en jetant un regard plein de lassitude à ses 2 aînés. Ben… malgré les cheveux courts et le pantalon bleu, la mienne aussi… Et pourtant, il n’y a pas moyen de lui faire garder son chapeau (sauf peut-être un jour de pluie, à l’intérieur…).

Le chapeau des filles
Qu’on se rassure : MiniJoie est une VRAIE fille

Allons bon, qu’est-ce que ça signifie ? Que les filles sont génétiquement programmées pour porter leur chapeau sans histoires ? Que notre façon de fixer le chapeau sur la tête des filles leur laisse moins le choix (ou peut-être la liberté) de l’enlever si ça les gêne ? Que notre ton lorsqu’elles essaient de l’enlever leur donne moins de possibilités qu’aux garçons ?
Je m’interroge…

La femme et la mère – l’accord (im)possible

Lorsqu’une amie me dit qu’elle n’a pas besoin de faire des enfants pour s’assurer une reconnaissance sociale, je m’interroge. Ai-je décidé de faire un enfant par manque de reconnaissance sociale ? est-ce la seule raison pour laquelle nous faisons des enfants ? et au fond, est-ce que la maternité nous apporte une reconnaissance sociale ? (qui a dit que j’étais prise-de-tête ???)
Non, je dirais même plutôt l’inverse… Elle a une fâcheuse tendance à nous isoler et par là-même, à nier une part importante de notre existence sociale.
Je suis épanouie professionnellement: j’ai fait des études, mon métier me plait (mes collègues pas toujours…), j’apprends de nouvelles choses chaque jour. Je n’avais pas eu besoin de faire des enfants pour donner du sens à mon existence.

Je pense dès lors que la question est plutôt: notre rayonnement social (aussi important soit-il) constitue-t-il une condition nécessaire et suffisante de notre épanouissement ?
Il est clair que, pour moi, non. La sphère privée joue une part essentielle dans ce que je suis. De la même manière que je ne m’épanouie pas sans amis et que je me sentais incomplète avant d’avoir rencontré ma moitié, il me manquait un je-ne-sais-quoi avant d’avoir fondé ma famille.
Comme une fleur qui n’aurait pas toutes ses pétales. Elle peut être belle et radieuse, sans aucun doute mais le pétale manquant lui apporte cet éclat supplémentaire, « cet indéfinissable charme« . (ouh la la, je m’éclate sur la métaphore, là, en tout cas ! 🙂

Je pense également que la génération qui nous a précédée a érigé en principe un féminisme ostentatoire qui rejetait en bloc

Lire la suite « La femme et la mère – l’accord (im)possible »

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑