Plaisirs et frustrations de la lecture

Pas feutrés sur le plancher ciré.

Rayonnages compacts qui du sol au plafond racontent

Des vies roses ou multicolores.

Au travers du silence le bruissement de mots occultes,

Au travers de la pénombre des points de lumière jaune,

Je m’installe dans la bibliothèque du monde

Et choisis parmi ces tranches de livres usés

Mes prochaines heures d’évasion.

Embrasser les majuscules,

Respirer les virgules,

Occuper les pages

Et livrer les points finaux.

A la porte déjà rugit l’autodafé,

Je n’aurais pas l’occasion de lire toute la richesse des jours, non !

Mais laissez-moi le loisir de goûter les voluptés de la véritable liberté.


C’est ma participation aux plumes chez Emilie. Pour lire les participation des autres blogueurs/ses à cette édition, c’est ici.

Et retrouvez mes précédentes participation ici.

La saveur des jours tranquilles

Le quotidien avait pris le dessus : les regards qu’ils s’échangeaient maintenant étaient généralement impavides, libres de désir, sans peur, sans reproche. Quand un incident survenait, ils savaient l’ignorer. Quand un cadeau circulait, il était destiné aux enfants. Quand elle cuisinait un baba au rhum, ses parents venaient dîner. Quand il prenait son air ébaubi, ce n’était plus pour la faire rire. Quand elle faisait monter le chauffage, une soirée télé se préparait. Il parlaient du prix du pain et de la météo agréable du week-end.

L’inattendu était dorénavant une partie de leur jeunesse oubliée. Et ce n’était pas si mal.


Les mots en gras sont imposés. Merci à Emilie pour l’organisation de ce rendez-vous très stimulant ! Ce petit texte très court m’a tout de même demandé pas mal de travail 😉

Mes autres participations sont ici.

Le retour à la vie normale

Quelle semaine !

Commencée sur le pied de guerre dès lundi matin à l’aube, j’ai même été la première à commenter la récolte pour ce texte savamment orchestrée par Emilie.

Traverser la ville de part en part, flanquée d’un enfant, pour rattraper les divers rendez-vous annulés pendant le confinement : l’éclair jaune réfléchissant que vous avez vu griller tous les feux sur son vélo, c’était moi ! Pas moyen de risquer un retard mais je reste prudente, promis.

Terminer de mettre en boite tous ces abricots que le début d’été nous a donné : encore 4 pots de confiture et nous voilà sucrés pour l’hiver 🙂

Préparer les bagages (et ronger ainsi la majeure partie de mon temps libre) : faire des lessives, découvrir des piles de vêtements trop petits, courir acheter de maillots de bain, plier, ranger, zipper.

Ralentir pour les amis : une belle soirée partagées autour d’un apéro et de galettes confectionnées avec diligence par mon inséparable. Et au passage, se faire dévorer les mollets par des moustiques affamés.

S’inscrire à une formation de prof de yoga : c’est peut-être un coup de tête ou un remède à cette folle vie qui ne me laisse pas une minute ? L’avenir me le dira.

Et finir, dans la précipitation, par ficeler ce billet – en retard donc. La boucle est bouclée.

Ouf ! Les vraies vacances peuvent commencer…


C’était ma participation aux plumes chez Emilie, retrouvez les textes des autres participants ici.

Mes précédentes participations sont ici.

Pandore avait une boite

Lorsque Pandore débarqua chez Epiméthée, sous son châle de soie jaune, elle ne portait qu’une boite (une boite en carton scotchée sur toutes ses faces) confiée par Hermès à ses bons soins.

Elle ignorait pourquoi Zeus l’avait créée (elle et sa boite) et pourquoi il avait concédé cette union au frère de Prométhée – qu’il semblait pourtant exécrer : elle était belle et douce, habile et mélomane, cette transaction ressemblait davantage à un cadeau !

Tous les dieux avaient salué son départ, un petit air de satisfaction plaqué sur le visage : leur création plaisait au chef et l’équipe au complet s’était congratulée lorsque Pandore était sortie de glaise des mains d’Héphaïstos.

Aucun d’eux ne lui avait expliqué son rôle ni les enjeux de ce mariage. Mais elle avait surpris une conversation mentionnant le vol du feu par Prométhée et la rage dans laquelle Zeus était plongé depuis. Elle était rusée et ne manquerait pas de trouver le lien entre ces événements…

Il faudrait interroger Epiméthée pour comprendre ce qui l’avait poussé à accepter cette offre alors que Prométhée lui avait fait jurer de refuser le moindre geste de Zeus, fut-il décoré de pâte à sucre. Celui-là serait facile à contraindre : sa plus grande faiblesse n’était pas dans la béquille qui servait à soutenir une jambe blessée mais dans son désir violent pour la jeune fille.

Découvrir le contenu de la fameuse boite serait plus difficile maintenant que son époux l’avait confisquée et dissimulée dans ses appartements. Elle songea qu’à la nuit venue, elle pourrait fureter à sa guise : il suffirait de ses charmes et d’un charme pour épuiser le bonhomme et d’un outil adéquat pour ouvrir n’importe quelle porte !

Sa curiosité (savamment attisée par Hermès au moment de sa création) était telle que rien ne semblait pouvoir lui résister. Parvenue à ses fins, elle libéra le secret : une vengeance totale faite de tous les maux de l’humanité.

La Maladie, les Conflits, la Faim, la Misère, les Péchés, la Vieillesse, les Douleurs, la Passion, les Folies et l’Orgueil.

Pandore se jeta sur le carton pour tenter de retenir l’évasion de ces malheurs. En vain. De ses délicates mains blanches, elle venait d’oppresser l’humanité pour l’éternité.


 

C’est ma participation aux ‘Plumes’ chez Emilie.

Retrouvez ma précédente participation ici.

Amours, délices et orgue de barbarie

Nina se sentait légère et heureuse. Le sortilège de l’alcool et la fatigue, l’amour aussi la maintenait à quelques centimètres du sol.  Ses mouvements étaient ralentis et quelques peu saccadés, comme pixelisés mais le sourire radieux de Samuel – si grand qu’il devait être douloureux (comme le sien) – s’imprimait sur sa rétine à chaque fois qu’elle le croisait. Leurs mains moites nouées ne pouvaient plus se lâcher de peur de se laisser perdre, emporter par la foule.

Un léger sursaut de panique lui serra d’ailleurs l’estomac un instant : la musique des attractions foraines était assourdissantes et chaque fois qu’elle tournait la tête, les lumières éblouissantes, diffractées par l’obscurité et l’ivresse brouillait le décor d’un voile insaisissable.

Elle ne se laissa pourtant pas distraire et focalisa, au prix d’un effort soutenu, son attention sur la barbe à papa que Noémie lui tendait. Elle vit sa main saisir le bâtonnet collant, l’éviter une fraction de seconde puis sentit la section rectangulaire sous ses doigts. Elle s’agrippa. Elle sentit (ailleurs) ses doigts se dénouer de ceux de Samuel pour se plonger dans le nuage de sucre rose.

Elle déchira un lambeau de coton poisseux et le fourra dans Lire la suite « Amours, délices et orgue de barbarie »

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