Peut-on exiger du respect dans les consultations gynécologiques ? #PayeTonUterus

Je ne savais pas vraiment quoi mettre derrière le titre de « sage-femme » avant d’avoir un enfant. J’imaginais jusque là un ange blanc qui arrive au moment de l’expulsion pour accueillir le bébé et le remettre à sa Maman… Elles sont un peu plus polyvalentes que ça 😉

Bon, c’est une femme d’abord. Bien rares sont les hommes mais je trouve que ça se comprend… Il y a une espèce d’intimité qui se crée autour d’un ressenti totalement lié à notre féminité : des douleurs, des sensations dans le bas ventre, les ovaires ou le vagin, des tiraillements dans les seins que j’aurais sans doute de la réticence à exprimer à un homme, même plein d’empathie. J’ai néanmoins eu affaire à un sage-homme (on dit maïeuticien quand on a du vocabulaire 😉 lors d’une échographie et outre le fait qu’il était très aimable et compétent, l’aspect « technique » de cet examen permet sûrement de faciliter le contact. J’aurais d’ailleurs aimé lui demander pourquoi il avait choisi cette spécialité, je n’ai pas osé, ça m’a semblé déplacé…

Pendant mes accouchements à proprement parler, la sage-femme a bien dû passer 2 heures la tête entre mes jambes… J’avoue que j’ai préféré que ce soit une femme. Pourquoi ? peut-être parce qu’elle est « pareille« … ceci dit, elle ne doit pas si souvent se regarder elle-même entre les jambes ni même envisager de se recoudre après une épisiotomie… et il parait que les vulves de chaque femme sont très différentes les unes des autres, c’est donc sûrement un argument peu valable… En revanche, peut-être que le fait de me dire qu’elle passera / est passée par là, m’autorise davantage à lâcher prise, relâcher une certaine forme de vigilance et Lire la suite « Peut-on exiger du respect dans les consultations gynécologiques ? #PayeTonUterus »

Ce qu’on fait pour les femmes est bon pour l’entreprise

Ce billet est resté trèèès longtemps dans mes brouillons. Sa mise en forme a été laborieuse quoique très instructive : surtout pour la teneur des propos, mais aussi pour la technique de retranscription du langage oral et la nécessité de structurer l’argumentation. Je ne suis finalement pas vraiment satisfaite du résultat mais comme je pense que le contenu en vaut la peine, je vous le partage quand même…

Les citations de ce billet sont tirées de l’émission radiophonique Du Grain à Moudre (France Culture) du 05/06/14 : Les femmes sont-elles des patrons comme les autres ?

En introduction de l’émission, Hervé Gardette rappelle les faits suivants:

Trop autoritaire : Anne Baldassari, la présidente du musée Picasso, a été révoquée le 13 mai dernier, sur décision de la ministre de la Culture. Trop intransigeante : Natalie Nougayrède n’aura passé qu’une année à la tête du Monde : le 14 mai, elle démissionne, poussée vers la sortie par les actionnaires du journal. Trop clivante : sa consœur du New-York Times, Jill Abramson, est débarquée le même jour. Elle dirigeait le quotidien new-yorkais depuis septembre 2011.

Étonnant hasard que cette succession de départs forcés, à chaque fois attribués à la façon trop brutale qu’avaient ces femmes de diriger leurs équipes.

En soi, rien d’illogique à ce que des patronnes finissent par quitter leur poste sous la contrainte : de mieux en mieux représentées dans la hiérarchie des entreprises (près d’un tiers de femmes dans les conseils d’administration du CAC 40), il est assez naturel qu’elles subissent elles aussi le sort de certains de leurs collègues masculins.

Mais ce qui frappe ici, c’est la nature des reproches qui leur sont adressés : davantage liés à leur façon d’être qu’à leurs résultats. Comme si l’autoritarisme était d’autant moins supporté qu’il est porté par une patronne.

Lire la suite « Ce qu’on fait pour les femmes est bon pour l’entreprise »

Le conflit : la femme OU la mère

Le conflit. La femme et la mère. Elisabeth Badinter. Flammarion.Après en avoir entendu parler souvent, pour avoir soulevé des opinions divergentes (il en a d’ailleurs déjà été question sur les Vendredis Intellos: ici,  ou ), je voulais me faire mon propre avis sur Le conflit/ La femme et la mère d’Elisabeth Badinter.

 

Je livre ici mes impressions.

 

Le désir d’enfant

Dans ce livre polémique, l’auteur interroge le désir d’enfant : ce qui me frappe dans cette analyse est l’absence de considération « psy« . Je sais bien que l’auteur est philosophe et que son angle d’attaque n’est donc pas nécessairement psychanalytique…

Mais faire un enfant, c’est, selon moi, tout sauf rationnel. Elle le dit d’ailleurs au début du livre en démontrant que le désir d’enfant est « injustifié ». En effet, je pense qu’il est d’abord et surtout une réparation. Celle de notre enfance, des projets que nous n’avons pas réussi à mener à bout, etc. Elle répond à notre complexe d’œdipe et notre désir de faire plaisir à notre père, etc. En cela, il faudrait 10 ans d’analyse au bas mot pour être capable de synthétiser ce désir en une seule phrase.

Tout choix suppose une réflexion sur les motifs et les conséquences. Mettre un enfant au monde est un engagement à long terme qui implique de donner la priorité à celui-ci. C’est la décision la plus bouleversante qu’un être humain est amené à prendre dans sa vie. La sagesse commanderait donc qu’il y regarde à deux fois et s’interroge sérieusement sur ses capacités altruistes et le plaisir qu’il peut en tirer. Est-ce toujours le cas ?

Et de fait, il n’est pas simplement question d’épanouissement mais plutôt de construction. Il me semble que la plupart des femmes ne sont pas capables d’objectiver leur vision d’une vie réussie au point d’être capable de dire posément qu’une carrière professionnelle brillante suffit parce qu’elle comblera ce qui a manqué à l’enfant tant dans sa relation à sa mère que dans sa relation à son père. Non, la vie se bâtit lentement une pierre après l’autre, à force d’essais et d’erreurs.

Le fantasme de la maternité

Dans la première partie de cet ouvrage, l’auteur démolie le fantasme de la maternité : à travers l’exemple d’une écrivain presque exclusivment [Eliette Abecassis, Un heureux évènement], elle extrapole les difficultés Lire la suite « Le conflit : la femme OU la mère »

La femme et la mère – l’accord (im)possible

Lorsqu’une amie me dit qu’elle n’a pas besoin de faire des enfants pour s’assurer une reconnaissance sociale, je m’interroge. Ai-je décidé de faire un enfant par manque de reconnaissance sociale ? est-ce la seule raison pour laquelle nous faisons des enfants ? et au fond, est-ce que la maternité nous apporte une reconnaissance sociale ? (qui a dit que j’étais prise-de-tête ???)
Non, je dirais même plutôt l’inverse… Elle a une fâcheuse tendance à nous isoler et par là-même, à nier une part importante de notre existence sociale.
Je suis épanouie professionnellement: j’ai fait des études, mon métier me plait (mes collègues pas toujours…), j’apprends de nouvelles choses chaque jour. Je n’avais pas eu besoin de faire des enfants pour donner du sens à mon existence.

Je pense dès lors que la question est plutôt: notre rayonnement social (aussi important soit-il) constitue-t-il une condition nécessaire et suffisante de notre épanouissement ?
Il est clair que, pour moi, non. La sphère privée joue une part essentielle dans ce que je suis. De la même manière que je ne m’épanouie pas sans amis et que je me sentais incomplète avant d’avoir rencontré ma moitié, il me manquait un je-ne-sais-quoi avant d’avoir fondé ma famille.
Comme une fleur qui n’aurait pas toutes ses pétales. Elle peut être belle et radieuse, sans aucun doute mais le pétale manquant lui apporte cet éclat supplémentaire, « cet indéfinissable charme« . (ouh la la, je m’éclate sur la métaphore, là, en tout cas ! 🙂

Je pense également que la génération qui nous a précédée a érigé en principe un féminisme ostentatoire qui rejetait en bloc

Lire la suite « La femme et la mère – l’accord (im)possible »

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑