Virtuose en tout – Just kids de Patti Smith

Ma très chère Patti,

Merci. Merci pour la générosité avec laquelle tu soulèves le voile sur une relation si inspirante. Merci pour ta dévotion à l’art. Merci de donner un sens plus profond à l’existence.

Je te connaissais mal : certes, j’ai très tôt beuglé « Because the night » en yaourt mais en dehors de ça ? J’ignorais tout de la poétesse, de l’autrice, de la performeuse, de l’amoureuse. L’artiste totale.

Attention, cette vidéo est un choc d’une puissance redoutable !

C’est cet amour puissant qui m’a le plus frappée : amour de l’art, amour d’autrui, dans l’humilité et la confiance. Ton âme est belle.

Tu as mis en lumière cette certitude : être artiste est une évidence, un secret murmuré par les Dieux à celleux qu’il a choisi. Le courage tient dans le fait d’embrasser ce chemin par-delà les difficultés, avec modestie et conviction.

Mais, secrètement, je savais que j’avais été transformée, bouleversée par la révélation que les êtres humains créent de l’art et qu’être artiste, c’est voir ce que les autres ne peuvent voir.

Je voudrais que – en cette période troublée pour moi autant que pour le monde – tes mots m’aident à me défaire

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Lola Lafon – La petite communiste qui ne souriait jamais #lecture

Ce livre m’a fascinée. Je ne savais pour ainsi dire rien de Nadia Comanesci. J’ai passé des heures à chercher des vidéos sur YouTube, des photos, des portraits. Comme je ne voulais pas déflorer le roman, je n’ai pas cherché d’autres sources pour comprendre sa vie… mais je vais m’y atteler de ce pas !

L’écriture de Lola Lafon est multiple. Généralement très fluide, le livre se lit rapidement. Certains passages sont plus obscurs : on ressent l’intention de montrer la confusion des personnages, les moments de doutes et le trouble des sentiments. En ce sens, c’est réussi mais j’ai souvent buté sur ces extraits qui ont nécessité 2 voire 3 lectures successives.

L’auteur excelle dans la description du régime communiste et surtout de la vie ordinaire sous un régime communiste. Elle ne juge pas, ne caricature pas, ouvre des perspectives et met en lumière, en creux, toute l’ambivalence de notre propre société. Une mise en abîme fictive – faite d’échanges téléphoniques avec l’héroïne – permet de pointer habilement du doigts les excès partagés.

Le sujet de l’image féminine se dessine en filigrane tout au long du roman. Encore une fois, l’auteur n’élude pas les difficultés : on perçoit le désir malsain du corps de l’enfant  au travers du prisme opaque du dégoût du corps de la femme. C’est gênant, c’est ambiguë, c’est écœurant.

Ce livre est une réussite. Je ne connaissais pas Lola Lafon, je la recommande !


Aujourd’hui, je vous propose 2 bonus 🙂

Pour entendre ma voix, un court extrait de lecture en cliquant sur le logo juste ici :

euphrosyne_lit_minicast.jpg

Et quelques images de ses performances sportives :


Et si l’expérience audio vous a plu, n’hésitez pas à me le faire savoir 🙂

Proust aurait-il été bouddhiste ?

Comment peut-on prétendre aimer les classiques et ne pas avoir lu « la Recherche » ?

Peut-être parce que chaque oeuvre classique est un pavé, d’une exigence souvent supérieure à la prose de nos contemporains et que je n’avais pas reçu le déclic qui m’incite à choisir celui-là plutôt que celui-ci. Parce qu’il ne suffirait pas d’une vie pour tout lire et qu’il y a forcément des impasses. Peut-être qu’il y a un temps pour certaines œuvres et un temps pour d’autres… Toujours est-il que cette lacune est en train d’être réparée !!!

Je m’attaque au gigantesque Proust avec une certaine appréhension. Certes, les descriptions sont longues et les phrases souvent alambiquées. Mais l’observation du monde est d’une précision, d’une minutie extrême… Elle incite à mettre tous les sens en éveil et à ne négliger aucune des profondeurs de l’âme pour capter ce qui nous entoure. Je savoure cette capacité à être au monde proche de la méditation de pleine conscience…

Ce rapprochement m’amuse et pourtant, je crois qu’il y a quelque chose d’assez juste là-dedans… D’une scène somme toute ordinaire, Proust cherche à tout capter : ce qu’elle laisse à voir bien sûr mais aussi ce qu’elle ne montre pas et les sons, les odeurs, les sensations qu’elle suscite… Une véritable perception, une présence totale au monde : la conscience éveillée attrape tout ce qu’elle est en mesure de percevoir. Lire la suite « Proust aurait-il été bouddhiste ? »

Tout un été sans Facebook – Romain Puértolas

Plongée dans l’absurde.

D’abord, on se retrouve à New York. Pas celui des séries télé, non, un bled paumé de l’Amérique profonde où les téléphones mobiles ne captent aucun réseau.

Le décor est posé.

tout_un_ete_sans_facebookC’est un polar sans aucun doute : une flic mutée pour mesure disciplinaire, un meurtre étrange, un commissariat où l’on s’ennuie et des personnages extravagants.

Pourtant, tout est raconté au 36e degré et je suis restée un peu dubitative tout le long du livre… Il est rempli d’un humour qu’on n’est pas forcé de trouver drôle.

Je me suis accrochée par Lire la suite « Tout un été sans Facebook – Romain Puértolas »

L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

Ce livre est un poison.

amie_prodigieuseJe l’arrache de mes doigts calcinés pour écrire. Puisque seule l’écriture me permet de transcender le mal qu’il me fait.

L’amie de cet ouvrage fleuve, Lila, est une perverse narcissique dans toute sa puissance et sa nocivité. Elle a trouvé dans la narratrice la victime parfaite soumise et ravagée. Elle ne la maintient en état de survie que pour pouvoir continuer à l’utiliser, à la broyer, à piétiner ce qui reste de vivant en elle.

Tous ses actes, toutes ses intentions n’ont pour seul objectif que la destruction des autres. Celle d’Elena en particulier, celle de toutes ses fréquentations en général.

Lina ne se montre douce et câline, enthousiaste et souriante, délicieuse, intelligente que pour mieux les attacher puis les percute violemment de ce pouvoir destructeur incontrôlable.

Je ne supporte pas Lire la suite « L’amie prodigieuse – Elena Ferrante »

L’homme-dé (Diceman) – Luke Rhinehart

C’est un livre étonnant. Très dérangeant aussi. Vraiment immoral parfois.

luke rhinehart homme dé dicemanIl questionne puissamment le sens de la vie et les choix qui nous conditionnent.

Il est curieusement féministe et à la fois diaboliquement misogyne (publié en 1971, il porte en lui une vision du couple assez datée..).

Aux deux premières manches, les dés me firent accorder plus d’attention aux enfants ; je devais jouer au moins cinq heures par jour avec eux chacun des trois jours de mon week-end. (Quel dévouement ! Quel sacrifice ! Mères du monde entier, que ne donneriez-vous pas pour ne passer QUE cinq heures par jour avec vos enfants ?)

Délicieusement érotique et parfaitement dégoûtant aussi. Généralement Lire la suite « L’homme-dé (Diceman) – Luke Rhinehart »

Article 353 du code pénal – Tanguy Viel

Je le sais, mon écriture n’est pas assez imagée. Elle s’en tient aux faits et perd parfois en résonance.

article353Dans cet ouvrage, Tanguy Viel fait tout l’inverse. Il ne donne à voir que des images, les enchaîne et les multiplie. Pour une situation, un sentiment spécifique, on se paluche 3 ou 4 images différentes si bien que j’ai dû, à plusieurs reprises, remonter de quelques lignes pour trouver de quoi il était question.

Et pour raconter quoi ? Martial Kermeur a Lire la suite « Article 353 du code pénal – Tanguy Viel »

Le syndrome E – Franck Thilliez

J’ai découvert cet auteur par hasard : un jour de pluie à Lille (!), nous entrons nous réchauffer dans l’immense librairie de la Grand’Place, buttant sur une immense table consacrée à cet inconnu 😉

J’ai retenu son nom et il m’a fallu quelques mois pour qu’il remonte dans ma PAL.

le syndrome E - franck thilliez fleuve noirEn quelques mots : 2 héros – personnages récurrents de l’auteur – enquêtent sur 2 affaires connexes : un film troublant qui semble porter la poisse et un quintuple (!) homicide révélant une barbarie sans nom… Lucie Hennebelle et Franck Sharko s’épaulent pour mettre au jour un monde obscur fait de violence et de cruauté sous couvert de recherches scientifiques.

Le lecture est fluide : le style est travaillé sans être difficile à suivre. Malgré certaines formules un peu pompeuses, on décèle de jolies tournures, enthousiasmantes dans un polar !

Mais ses mâchoires restaient, pour le moment, bien trop paralysées pour fabriquer des mots tendres.

L’efficacité de l’intrigue est incontestable : beaucoup de noirceur, ce qu’il faut de gore, un léger excès de théorie du complot, un soupçon de sexe, quelques voyages et un rythme soutenu. Rien à dire, j’ai aimé. J’y reviendrai.

Les yeux des morts – Elsa Marpeau

Quelques mots de mes impressions de lecture…

Hôpital Lariboisière, ses soignants, ses patients, ses maladies. Et aussi des assassinats.

Au milieu du sang, deux cadavres que rien ne distinguent des autres sauf peut-être pour Gabriel Ilinski, héros malgré lui de ce polar douloureux. Entre amour délétère et fascination morbide, on ouvre avec lui les entrailles d’un Paris lugubre.

Elsa Marpeau Les yeux des morts

/!\ SPOIL C’est bien fichu mais Lire la suite « Les yeux des morts – Elsa Marpeau »

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