Citation éphémère #9

Au-delà d’un certain seuil, d’une certaine durée, on n’est plus rien, à part ce corps qui souffre.

Plus d’idées, de patience, d’envie de se marrer.

Quand on a vraiment mal, on n’a même plus d’endroit où pouvoir se réfugier.

On est exproprié.

Marie-Sabine ROGER.

Bon rétablissement

Les degrés d’urgence

La semaine dernière, MiniJoie nous a fait une grosse frayeur : une mauvaise chute, ses doigts restent coincés et du sang partout… J’ai, certes, une fâcheuse tendance à l’exagération mais si je peux me fier au regard des 2 ou 3 personnes que nous avons croisées, à la façon dont elles ont porté la main à leur bouche avec les yeux écarquillés en découvrant mon visage sur lequel MiniJoie avait essuyé ses mains… Je peux dire qu’objectivement la situation était impressionnante !

L’histoire n’a rien n’exceptionnel : une Maman affolée, une toute petite fille qui souffre et pleure sa détresse à grands cris, les peurs qui se bousculent et l’imagination qui s’emballe… C’est ça aussi, être parent !

Bref, ce dont je veux parler ici est mon arrivée aux Urgences. Par bonheur, je ne savais pas que les urgences pédiatriques de Paris étaient regroupées à l’hôpital Necker (et oui, presque 26 mois sans maladie ni accident à déplorer !!!) Je me suis donc pointée dans Lire la suite « Les degrés d’urgence »

Mais pourquoi tout ce sang ? – Récit de fausse couche

Par nécessité de préserver une certaine pudeur, je me suis accordée quelques semaines pour accepter cet événement avant de le publier. Il s’agit d’une pudeur qui aide à cicatriser les plaies mais qui isole aussi. Celle dont je parle dans ce billet…

Voici les mots que j’ai écrit le 27 août dernier :

Je suis en train de perdre un embryon. Je ne suis pas vraiment triste, ça va… En réalité, j’ai appris que j’étais enceinte – test du bâtonnet positif à l’appui – seulement après avoir supposé être en train de perdre ce Bébé. Je n’ai donc pas eu l’opportunité de faire des plans sur la comètes, de me projeter dans un quelconque avenir radieux…

Oui, parce qu’on se figure tout simplement que le début d’une grossesse, c’est un retard de règles… et voilà, je saigne. Beaucoup. Trop. Depuis 2 semaines, presque 3. Donc, j’ai compris que quelque chose déconnait mais sans savoir quoi : aucun autre « symptôme » de la grossesse, mes seins ne sont pas tendus, mon ventre ne tire pas, certes j’ai eu des vomissements mais associés à une migraine, cela n’avait rien d’extraordinaire.

Donc ce test de grossesse positif, je ne m’y attendais pas mais alors pas du tout… J’ai bien constaté que le cycle règle – aménorrhée avait été perturbé mais absolument pas imaginé qu’un petit amas de cellules encore indifférenciées, issus de la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, pouvait être en train de chercher à se caler dans mon utérus.

Après avoir appris la nouvelle, en 24h à peine, j’ai senti mon ventre gonfler, mes seins se remplir. Alors je ne suis pas triste mais un peu nostalgique. Je pense à ce petit Bébé qui n’existera pas (en même temps que je ne souhaite pas le rayer trop vite de la carte puisque certaines nidifications s’accompagnent de saignements… quoique plus le temps passe et plus le sang coule… je doute que ce soit bon signe…).

Je pense à ce tout petit être qui aurait pu se lover en moi pour les 9 prochains mois. Je pense que ça aurait été un garçon. Je pense que MiniJoie aurait eu un petit frère qui serait arrivé aux beaux jours. Je pense à la famille que nous aurions formés.

Et puis, je pense surtout à quel point la fausse couche est taboue. A quel point il est impossible d’en parler alors que je sais – de sources sûres – que certaines de mes amies en ont vécues. Je repense à leur confession, des sanglots bloqués dans la voix. La difficulté de surmonter cette épreuve à laquelle nous sommes (presque) toutes confrontées est d’autant plus grande que le silence qui l’entoure est compact.

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