Ahimsa, le vœu de non-violence

Les photos lumineuses qui parsèment mon fil Instagram de yogi.nis à la silhouette parfaite ne sont qu’un écran de fumée. Elles voilent le véritable chemin, celui, aride et têtu, qui permet d’entrevoir autre chose que les apparences (du monde, de la vie, des biens matériels, des corps souples et sculpturaux…)

Une des toutes premières choses à comprendre lorsqu’on dépasse une pratique superficielle du yoga est la philosophie des Yamas et Niyamas, ces règles de vie de la société autant que de l’intériorité interrogent profondément notre rapport au monde et l’empreinte de notre passage sur Terre.

Et aux questions, lesquels vous sont déjà familiers ? lesquels souhaitez-vous cultiver ? On a bien envie de répondre qu’on est déjà au max de sa bienveillance, de son altruisme, de sa positivité, etc. et d’ailleurs, est-ce qu’on n’est pas en train de pratiquer le yoga ? hein !? et que c’est le truc des gens-heureux-épanouis-respectueux, non ?

Alors bon, comme il fallait tout de même apporter une réponse plus nuancée, j’ai observé ces principes sous tous les angles et je crois pouvoir dire que je suis déjà bien investie dans Satya : je m’applique à être honnête et authentique dans mes relations avec les autres aussi bien qu’avec moi-même. Je nourrie également une grande lucidité qui me permet de déceler les failles (et parfois les forces ^^) dans nombre de situations… D’ailleurs, avoir assumé une certaine forme de vérité m’a conduite dans une situation très complexe au boulot mais je n’ai aucun regret car j’ai le sentiment profond d’avoir fait face à mes responsabilités. 

J’ai aussi progressé dans le respect de mon énergie – Brahmacharya – depuis quelques mois : j’ai appris à déceler les situations qui consomment trop d’énergie et profiter de celles dans lesquelles je me sens confortable. Je peux ainsi

mieux doser mon effort / implication en fonction de mon état du moment et de la valeur des enjeux.

Ensuite, je m’évertue à appliquer Aparigraha : depuis plusieurs années, je m’efforce de limiter mon attachement aux biens matériels. Dans notre société d’hyperconsommation, c’est parfois un défi ardu ! Mais au gré de plusieurs déménagements, j’ai appris à me détacher de tous les objets inutiles ou ceux que l’on conserve « au cas où ». J’ai fait don de beaucoup de choses à des associations. Je limite aussi considérablement mes achats et vérifie que l’objet de mon désir n’est pas une simple pulsion – facile à rassasiée – vite oubliée, que cette nouvelle possession me sera plus utile qu’encombrante et qu’elle (son usage pour le moins) ne peut pas être remplacée par quelque chose que je possèderais déjà… C’est un peu les 4R des écolos en version yoga 😀

Humainement aussi, je choisis des relations peu nombreuses mais autant que possible riches et sincères. Maintenant que je me suis allégée « matériellement » et socialement, je me sens plus disponible pour profiter des moments véritables, du partage d’un temps de qualité avec mes proches (avec toutes les difficultés qui restent attachées à la pleine présence, l’ouverture de soi, etc.)

Finalement, Svadhyaya m’a immédiatement interpellée : j’ai toujours eu une grande faculté à « m’observer » et à me remettre en question mais cela avait commencé par des approches plutôt psychologiques / psychanalytiques et je sentais que je tournais en rond. Finalement, j’ai découvert une approche plus spirituelle il y a environ 7 ans par la méditation puis il y a 4 ans par la voie du Bouddha. J’ai ressenti immédiatement une évidence, comme un éclairage sans filtre sur ce que je pouvais éprouver et qui a soudainement fait sens pour moi. J’ai ainsi pu déconstruire un certains nombres de peurs et me reconnecter à mon corps.

Je découvre petit à petit un univers vaste et subtil vers lequel le chemin sera encore très long mais je ressens progressivement une ouverture se faire pour me permettre d’avancer sur cette voie.

Il y a parmi ces enseignements des concepts qui semblent très nuancés mais qui me sont presque apparus comme des évidences. Et paradoxalement, c’est sur le premier d’entre tous que j’ai tiqué, Ahimsa

Certes il semble facile d’affirmer que la non-violence est déjà ancrée dans notre vie mais en réalité, elle se niche dans des aspects subtils de nos relations à autrui sur lesquels j’aimerais apporter davantage de conscience et de vigilance. Et plus j’y réfléchi plus je me rends compte que le parcours sur cette voie est encore semé d’embûches…

D’abord la compassion envers moi-même : je n’ai de cesse de me juger, d’évaluer chaque acte ou pensée en bien ou en mal, de vouloir être différente / mieux que ce que je suis.

Ceci s’applique bien sûr à ma pratique de yoga que je juge souvent insuffisante tant en terme de régularité que de qualité / performance, mais aussi dans mes relations avec mes proches : ils sont souvent le réceptacle de ma mauvaise humeur et de mes frustrations si bien que je peux leur montrer beaucoup plus d’agressivité que je ne le souhaiterais. Moi qui voudrais souvent n’être qu’amour, joie et optimisme !

Enfin, je souhaite continuer à augmenter la part de végétaux dans mon alimentation pour le respect des animaux et de la planète. Ce point me parait crucial autant que complexe tant nos interactions sociales se cristallisent autour du partage des repas.

Au fond, je voudrais apporter davantage de douceur et de légèreté à toutes les facettes de ma vie, me concentrer sur la bienveillance et le moment présent. Le parcours d’une vie !


Les YAMAS sont ces préceptes éthiques qui nous indiquent comment nous comporter vis-à-vis d’autrui :

  1. Ahimsa – la non violence en pensées et en actions
  2. Satya – l’authenticité
  3. Asteya – l’ascèse matérielle et intellectuelle
  4. Brahmacharya – le maintien de l’énergie
  5. Aparigraha – l’impermanence

Les NIYAMAS sont les piliers d’une discipline personnelle permettant de cultiver la meilleure facette de nous-même :

  1. Saucha – la pureté
  2. Santosha – la gratitude
  3. Tapas – la discipline
  4. Svadhyaya – la remise en question / l’étude
  5. Ishvara Pranidhana – la spiritualité

Connaissez-vous ces principes ? Lesquels vous tiennent le plus à cœur ?

6 commentaires sur “Ahimsa, le vœu de non-violence

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  1. Le chemin d’une vie en effet! Mais des principes qui nous guident petit à petit.
    La non violence, étrangement c’est le plus difficile pour moi. Car comme tu le dis, déjà envers soi-même que de mots qui jugent.
    Petit à petit, construire, reconstruire, déconstruire aussi. Et faire du mieux que l’on peut à chaque pas;
    Merci

    Aimé par 1 personne

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