La sobriété #10dumois

Ce mois-ci, Claire du blog Egalimère propose le thème « consommer autrement ».

Ce sujet est pour moi assez sensible… J’ai été une consommatrice frénétique, n’hésitant pas à acheter un tee-shirt dans TOUTES les couleurs disponibles s’il me plaisait ! J’ai acheté beaucoup de vêtements, de bibelots, de meubles même…

J’ai longtemps considéré que si mes placards débordaient, il suffisait de se procurer une nouvelle commode pour régler le problème.

Et puis, j’ai eu des enfants, j’ai déménagé, j’ai aiguisé ma conscience féministe et ma conscience écolo. Selon moi, tout ça marche ensemble et ce blog est certainement le meilleur reflet de ce cheminement.

J’ai drastiquement réduit mes achats de vêtements, j’achète bio, en vrac, au marché, je réfléchis toujours à deux fois avant de me procurer un nouvel objet (est-il indispensable ? ne peut-il pas être remplacé par quelque-chose que j’aurais déjà ?), je ne jette plus rien bêtement.

Mais je reste une enfant aisée biberonnée à la société de consommation et il y a certains pas que je n’arrive pas à franchir : j’achète peu d’occasion, je revends aussi très peu (euh… je stocke en vue d’une revente prochaine, avis aux amateurs ^^), j’ai pas mal reculé sur le vrac (après avoir été infestée de mites alimentaires :(, je continue à me faire livrer mes courses et certains repas et malheureusement à commander auprès du grand vilain méchant fournisseur américain berk.

Tout ça est largement conditionné par mon manque perpétuel de temps… Je sais qu’il serait facile de rétorquer que « quand on veut, on peut » et je répondrais que oui, c’est vrai, je ne souhaite pas *assez* consacrer la majorité de mon temps à consommer mieux.

Mais c’est là que j’ai envie de retourner la question vers la société et donc la politique !

Parce que j’ai fait une « expérience » à l’automne dernier concernant l’achat de mon nouvel agenda : nous étions confinés et je me suis fait la promesse de NE PAS l’acheter en ligne. J’ai longuement comparé les différents

modèles, les couleurs, l’épaisseur du papier, etc. J’ai fait le tour des papeteries de ma ville (oui, je suis allée assez loin d’ailleurs ^^) et je n’ai pas trouvé celui sur lequel j’avais jeté mon dévolu. Ni même un modèle approchant. Et pourtant, j’avais consacré plusieurs après-midi à cette quête !

J’ai failli sauter à la conclusion que je n’avais VRAIMENT pas le temps et que ce n’était pas une question de volonté… Comment aurais-je fait si je n’avais pas été libre de toute activité professionnelle ? Forcément, j’aurais commandé le fameux carnet A5 papier ivoire à pointillés en quelques clics un soir à 22H30.

Et puis, je me suis demandée comment on faisait AVANT. Avant qu’il n’y ait internet, que l’offre soit pléthorique et bon marché, disponible à toute heure du jour et de la nuit, que le marché deviennent mondial et si accessible. Notre consommation interroge notre façon de vivre bien entendu et ce point tire d’autres interrogations bien épineuses (Pourquoi suis-je encore éveillée à 22h30 ? Pourquoi n’ai-je pas le temps de faire mes emplettes dans des horaires raisonnables ? A quelles injonctions je réponds là ? etc. etc. etc.)

Bref, on aurait pris un autre carnet, le moins moche, à lignes plutôt qu’à pointillés, avec une couverture noire-comme-toutes-les-autres et papier blanc.

Voilà donc le nœud du problème selon moi : la tentation.

C’est le levier principal de la société de consommation : nous donner envie de ce dont on n’a pas besoin. Cela parait évident et peut-être suis-je trop faible pour m’en défier à la seule poigne de ma volonté. Il me semble pourtant que les mécanismes de la frustration sont bien trop difficiles à déjouer, trop primitifs, pour nous être accessibles facilement.

Il y a néanmoins un enjeu majeur à revenir à davantage de sobriété : la protection de notre planète et de notre avenir en tant que civilisation. Rien de moins que la (sur)vie de nos enfants.

Mais je me laisserais tenter de nouveau, je n’aurais pas la force suffisante pour changer mes habitudes en rognant sur mes heures de sommeil et mes envies. Alors j’en appelle aux décideurs, à nos dirigeants, à ceux qui gèrent la marche du monde pour nous guider sur ce chemin tortueux et douloureux.

6 commentaires sur “La sobriété #10dumois

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  1. Quand « ne pas consommer » devient un plaisir, une victoire alors il n’y a plus de contraintes et la partie est gagnée. C’est un grand bonheur de ne plus avoir besoin d’un grand nombre de choses, ou plutôt de se rendre compte qu’on n’en a pas besoin et de s’en réjouir. Si chaque renoncement est une frustration alors c’est qu’il reste encore beaucoup à faire dans la réflexion et dans la dépendance. Mais si on s’interroge déjà, c’est bien 🙂

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