Mourir sous les masques

Je vais commencer par insister sur une évidence (au cas où la suite de mon billet laisserait poindre une quelconque confusion) : porter un masque est indispensable, porter un masque n’est pas une privation de liberté mais simplement du respect pour notre communauté et nos proches, porter un masque diminue considérablement le risque de contamination au Covid et chacun se doit de participer à l’effort collectif.

Se protéger les uns les autres, c’est une belle façon de faire société.

Pourtant, j’entends beaucoup râler : « On ne peut pas respirer, c’est horrible ! ».

On pourrait rétorquer : « Essaie donc avec un respirateur, tu verras si c’est mieux… »

Ceci dit, c’est vrai que c’est désagréable :

  • quand on parle
  • quand on fait un effort physique et qu’on est essoufflé

Oui, c’est vraiment désagréable ; ce n’est pas non plus « horrible« .

Il est aussi particulièrement désagréable de téléphoner à quelqu’un qui porte un masque, de téléphoner avec un masque, de parler avec quelqu’un dont le visage est recouvert d’un masque : il va falloir réapprendre à articuler et peut-être (ce ne serait pas forcément un mal) nous faire parfois avares de mots lorsqu’ils ne sont pas indispensables…

Mais quoi ? Est-ce que tout ça est vraiment « horrible » ?

Il semble ne plus faire de doutes que le port du masque soit une barrière efficace contre la transmission : même mal utilisé, il permet évidemment de bloquer les postillons, il limite nos interactions visage-main (berk ! berk !) et nous met sous le nez en permanence la réalité de la situation sanitaire. C’est bien.

Cette mesure est utile mais clairement, ce fichu masque rend nos interactions sociales

bizarres : en plus de cette distanciation physique loin d’être naturelle dans notre culture, il faut réapprendre les codes non verbaux habituellement transmis par le visage dans son ensemble ou les lèvres en particulier. Les yeux se font plus expressifs, les réactions globalement plus neutres. De nombreuses personnes vont se révéler plus sourdes qu’elles ne le croyaient, habituées qu’elles étaient à lire sur les lèvres…

Bref, comme mes ami.es, mes collègues, ma famille, comme toi, lecteur, comme nous tous, je l’ai adopté mais pour le reste, le monde se divise en deux groupes : masque jetable ou en tissu ?

S’il ne fait pas de doute que les masques jetables sont indiqués dans des contextes médicaux, faut-il considérer qu’ils soient nécessaires à tout un chacun ?

Ce que je vois m’effraie : des masques par dizaines, par centaines, par milliers… J’ai entendu des chiffres dont je n’ai pas réussi à me souvenir tant leur dimension dépasse mon entendement.

Ces masques se retrouvent dans les poubelles (au mieux), souvent abandonnés sur la chaussée quand ce n’est pas dans les océans… Ils s’agglutinent à ces piles de ces déchets déjà envahissants : enfouis et plus rarement incinérés, exceptionnellement recyclés.

Photo de Anna Shvets sur Pexels.com

On parlait beaucoup de zéro déchet avant « la crise ». On en parle encore certes mais en omettant ce que cette crise fait à notre planète : se relèvera-t-on de ce nouveau coup de canif dans la cause écologique ?

Malgré la dangerosité du virus, malgré les drames individuels qu’il a occasionné, malgré les séquelles que nous connaissons encore mal, j’ignore si, à l’échelle de l’humanité, ce virus fera une entaille dans notre démographie. Ce dont je suis sûre en revanche, c’est qu’il nous ensevelira encore sous davantage de déchets inutiles, fera encore étouffer la planète et nos enfants.

J’ai peur. Mais j’ai moins peur du virus que des conséquences de cette crise sur notre environnement.


Et toi, tu portes un masque en tissu ou des masques jetables ?

Si tu cherches un tuto de couture efficace et clair pour les modèles AFNOR adultes et enfants, je te recommande celui de Viny : ici.

Et si tu es d’humeur, on peut continuer de parler écologie et zéro déchet sur Facebook, Instagram ou Twitter. (On peut parler Covid aussi mais c’est moins rigolo ^^)

10 commentaires sur “Mourir sous les masques

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  1. Je te rejoins sur cette dernière phrase ! Quand je pense à tous ces déchets qui s’accumulent… Il n’y a pas que les masques, mais aussi tous ces emballages soi-disant rassurants. Le comble, c’est que ce virus adore le plastique alors mes légumes, je continue à les mettre dans mes sacs en tissus quand je vais faire mes emplettes 😊 Et côté masque, je vote pour le tissu : j’en ai trouvé des chouettes fabriqués au Portugal avec de jolis motifs musicaux !

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  2. Je crois avoir fabriqué 80 masques lavables pour une amie qui travaille en Ehpad, plus une bonne trentaine pour nous 4, plus plein d’autres pour la famille avec tous mes restes de tissu (ça faisait un peu carnaval!).
    Quand nous étions en plein confinement je n’entendais que des gens râler « on n’a pas de masque »…
    Une fois, j’en ai eu ras le bol, j’ai dit à la dame qui me jalousais mon masque en tissu,
    « Vous savez coudre?
    -OUI
    Vous avez une machine ?
    -OUI
    Alors n’attendez pas que ça tombe du ciel, prenez vous en main… »

    Maintenant que nous avons les masques, ça ne va toujours pas…
    C’est navrant.
    P.S:
    -Ma fille m’a donné un conseil que je vous communique, quand vous jetez les masques dans une poubelle (surtout en extérieur, les masques s’envolent), ôter les élastiques.
    Les oiseaux se prennent les pattes dedans, ils sont prisonniers des élastiques et en meurent.
    Bonne journée et merci pour votre article

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  3. J’avoue que le lavable ne m’a pas conquise. D’abord parce que je n’ai pas de machine à laver à la maison et parce qu’on nous dit qu’un masque lavable tient 10 lavages, ça fait peu aussi. On dépense énormément écologiquement dans les deux cas.
    Je n’ai pas d’avis fixe sur la question, je reste ouverte au débat. Il va falloir se poser la question à un moment ou à un autre c’est certain en tous cas.
    Pour ce qui est du masque jetable, on s’attend quand même à une conscience citoyenne, utiliser les poubelles comme pour tout autre type de déchets. Mais en effet on voit beaucoup, trop, de masques jetés dans la rue ou ailleurs. C’est scandaleux!

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    1. Je crois que les contraintes d’utilisation des masques lavables ont été un peu exagérées… quand on voit comment les masques sont utilisés d’une manière générale (sous le nez, enlevé et remis de nombreuses fois, etc.) Je pense qu’il sert surtout à éviter les postillons et les contacts mains-visage : il faut les laver souvent et assez chaud. J’ai lu sur un compte insta pour éviter des machines « à vide » (et a fortiori sans machine ^^) : faire bouillir de l’eau dans une casserole et les faire tremper 30 minutes 🙂 reste plus qu’à choisir ton tissu préféré 😉

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