La fatalité

Pour celleux qui me suivent un peu ici et dans la vie, vous savez sûrement comme je suis anxieuse et angoissée, comme tout est susceptible de réveiller de sombres peurs, que je me mets moi-même des barrières immenses et me perds dans des abîmes insondables…

Et depuis la naissance de mes enfants, c’est pire !

J’ai longtemps été assaillie de phobies d’impulsions qui assombrissaient mes pensées et par là-même toute mon existence.

Parce que quoi de pire que de perdre un enfant ? ceux-là qu’on a choisit d’avoir, tant attendu, dans lesquels on espère tant…

Le libre choix de la maternité et l’évolution de notre société appuient sur cette appréhension-là mais ce n’est pas mon sujet aujourd’hui.

J’ai toujours dans un coin de la tête cette sourde angoisse : ils peuvent mourir. Un seul des deux. Ma fille. Mon fils. Les deux. Mon mari aussi. Je peux mourir aussi. Les laisser seuls. Leur papa et moi pouvons aussi mourir sans eux.

Voilà ce avec quoi j’essaie de me dépatouiller depuis des mois et des mois.

J’ai même pensé qu’il était indispensable d’avoir un troisième enfant parce que si l’un deux venait à mourir, le survivant ne se retrouverait pas tout seul

Et puis voilà, je ne sais plus au détour de quelle conversation ni d’ailleurs de quelle manière il l’a dit mais A. a déclenché un mécanisme de déculpabilisation :

« Oui, ça arrive… »

Je ne sais pas ce qui s’est débloqué mais j’ai compris que, aussi triste et douloureux que cela puisse être, il arrive des événements tragiques et que ce n’est qu’une étape de la vie. Que la vie est aussi faite de ces épreuves-là.

Ça parait bête et un peu convenu mais j’ai eu comme un déclic et depuis, je le ressens au fond de moi comme quelque chose qui n’est pas insurmontable, avec lequel on doit sûrement pouvoir continuer à vivre.

D’ailleurs, j’observe – ou plutôt je me connecte – le monde autour de moi, écoute les gens dans la rue ou dans le métro, et je réalise à quel point chacun porte sa croix et la perte d’un très proche n’a rien d’extra-ordinaire.

Oui, c’est affreux, terrible, la vie d’après n’est plus la vie d’avant, tout est à reconstruire. Mais tout n’est pas mort.

Croyez-le ou non, je me sens mieux. Plus légère. Je ne laisserais pas mes enfants prendre un autocar le cœur léger mais j’ai une confiance en la vie toute neuve qui me donne envie de nous donner à tous un peu plus de liberté !

6 commentaires sur “La fatalité

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  1. Bonjour, un très joli billet, j’ai lu avec plaisir que maintenant tu te sens mieux , et c’est très bien, faire confiance,ce n’est pas facile mais c’est mieux que de se complaire dans des pensées morbides. Bon après-midi Amitiés MTH

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  2. Il suffit parfois d’un mot pour que quelque chose se débloque en nous.
    Quand on parle avec les gens on se rend compte en effet que chacun a ses manques, ses drames, ses traumatismes et blessures.
    Perdre un enfant est une tragédie dans une vie. Mais comme tu le dis la vie continue et il suffit de regarder les familles touchées par un tel drame pour voir qu’on peut aussi transformer tout ce chaos en quelque chose de beau.

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  3. Comme tu le dit chacun sa croix et chacun vit avec. Perdre un parent ou un enfant est (sans doute) une épreuve terrible mais ton ami a raison, ça arrive et c’est possible de vivre avec ça ^^ contente pour toi que tu te sentes mieux 🙂

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