Je voudrais amorcer ma transition vers le zéro déchet.

En terme d’écologie, j’ai encore beaucoup à faire mais j’ai de profondes convictions (et aussi beaucoup d’angoisses) quant à notre responsabilité et notre impact sur l’environnement.

J’essaie (en vrac) de manger moins de viande, de prendre le train plutôt que l’avion, de me déplacer en vélo, de limiter le plastique, de recycler, de consommer local, etc.

Et puis, je voudrais significativement réduire mes déchets alors je me renseigne.

La première chose à faire : se procurer une gourde. Facile, je l’ai déjà fait depuis des années. Nous avons des gourdes de toutes dimensions dans la maison : chacun la sienne, mini format pour les enfants, design pour la mienne, grande contenance pour les sorties familiales.

Shampoing solide, déo fait maison, débarbouillettes en tissus, j’ai déjà adopté pas mal d’astuces faciles, économiques et pratiques. J’ai également toujours un sac sur moi au cas où j’aurais besoin de faire une course imprévue.

Mais maintenant, je voudrais passer à la vitesse supérieure et faire des courses zéro déchet. Ce qui signifie en résumé :préparer mes contenants (les conserver, les laver), partir (de chez moi) avec mes bidons, mes boites et mes bocaux, anticiper suffisamment mes achats pour ne pas me retrouver à court, les peser avant de les remplir… Cette démarche modifie radicalement le mode de consommation et c’est un des objectifs, j’en conviens.

Mais outre que l’acte d’achat est un peu plus « long » (peser, remplir, peser à nouveau), le fait de devoir avoir ses contenants sur soi ne me permet plus d’envisager de faire ces courses en rentrant du boulot et ça, c’est un vrai problème. Peut-être qu’un jour, je partirai au boulot avec mes 5 bocaux vides et mon bidon de lessive mais ce jour n’est pas encore arrivé…

Faire ses courses redevient donc une activité en soi : le samedi matin (les autres jours je travaille ; le dimanche, c’est fermé : le soir, je m’occupe de mes enfants et le marathon du dîner-bain-coucher ne permet pas d’envisager une sortie tardive pour « faire les courses » ; mon inséparable pourrait le faire mais que ce soit lui ou moi, ce serait prendre sur nos heures de boulot au final ; je demande à mon employeur ??)

Bref, le samedi, c’est logistique zéro déchet : je dois consulter ma liste, rassembler les contenants ad hoc, aller me ravitailler et revenir. Bim, 1h30. Ok, j’aurais préféré aller à mon cour de yoga, j’avoue.

Mais là où le bât blesse vraiment, c’est que, au retour de ces courses là, j’ai pris le temps de comparer le prix au kilo de mes achats : lessive liquide, riz semi complet, coquillettes complètes, fruits secs, etc. avec les produits Bio de mon supermarché de ville (déjà l’un des plus chers de la concurrence). Et là ?! Tout est PLUS CHER, jusqu’à 2 fois plus cher !

Non, je ne dis pas que ces produits ne le valaient pas : ils sont probablement meilleurs (meilleures qualités nutritives, meilleur circuit, meilleur traitement) mais

1/ j’estime que je ne compare pas avec des produits de mauvaises qualités ou low cost

2/ j’aimerais avoir le choix d’acheter ces meilleurs produits tellement plus cher ou des produits un peu moins meilleurs mais au prix équivalent…

Ce n’est pas le cas, les épiceries zéro déchet ne proposent en général qu’un seul produit par catégorie. C’est le concept et c’est ok.

Mais donc passer au zéro déchet de façon un peu plus systématique, ça signifie consacrer un temps considérable à m’occuper des contenants (les stocker, les nettoyer, les trier, etc.). Adapter mon emploi du temps à cette activité qui en devient une, significativement. Et en plus, alourdir considérablement mon budget ?!?

Je suis hyper motivée et je n’ai pas vraiment de problèmes de trésorerie, je crois que je continuerais à faire l’effort de temps en temps mais si on veut changer le monde, il va falloir trouver un autre moyen, non ?!?