Cela faisait longtemps que ses messages défilaient sur mon fil d’actualité Facebook. Et son sourire surtout… ça m’intriguait tout de même : que pouvait-il y avoir de si intéressant à dire sur les règles ? c’était quoi le secret de Gaëlle sur les menstruations ?

Au fond, les miennes sont « arrivées » quand j’avais 12 ans, j’en ai 38 aujourd’hui, je me débrouille comme ça. Je lis des trucs sur la cup, j’essaie, j’adhère pas. Je m’achète quelques protections lavables, je trouve ça bien même si je trouve que ça tient moins bien en place. J’ai envie d’acheter une culotte menstruelle, je ne l’ai pas encore fait. J’attends quoi ?

Finalement, ça se réduit souvent à ça : comment minimiser les impacts pratiques du cycle menstruel ? Savoir quand les anglais débarquent pour ne pas se trouver à cours de munitions, choisir les vêtements qui conviennent le mieux à ce moment-là (en ce qui me concerne, des robes ou des jupes sombres), nettoyer les éventuelles taches de sang (à l’eau froide et au savon) et garder quelques comprimés de Spasfon au fond du sac au cas où.

Au fond, le principal objectif était de faire comme si ça n’existait pas, qu’il n’y avait pas de règles, pas de cycles, pas de hauts et surtout pas de bas, pas de mieux ou de moins bien. Pas mal au bide, pas de mauvaise humeur, pas fatiguée, pas trop enthousiaste non plus. Toujours égale.

J’avais vaguement essayé d’observer mon cycle à la recherche une corrélation avec mes crises de migraine. De façon pas très méthodique et en ayant surtout en tête la conclusion à laquelle je voulais arriver : oui, j’ai sûrement davantage de migraines au moment de mes règles.

Me voilà bien avancée.

Mais ma curiosité a pris le dessus quand j’ai vu sur Facebook que Gaëlle avait même sorti un livre (Kiffe ton cycle aux éditions Larousse) sur le sujet !

Ni une ni deux, j’ai souscrit à sa formation en ligne et j’ai déroulé avec enthousiasme une trentaine de vidéos. En bonne élève (que je reste inexorablement), j’ai imprimé ses sketchnotes, consigné mes observations, répondu aux quizz et découvert un monde…

Gaëlle Baldassari se présente comme « hackeuse de cycle menstruel » (j’adore !)  et présente le cycle comme une session de surf, découpée en 4 phases :

  • la prise d’élan : pleine d’énergie, très efficace, parfois dispersée
  • debout sur la planche : dans le plaisir du moment et de la relation à autrui
  • dans le tube : critique mais aussi créative
  • posée sur la planche : besoin de repos (les règles)

J’avoue que les schémas pré-établis me font parfois frissonner et surtout ceux qui pourraient enfoncer n’importe quelle femme d’un violent : « Laisse tomber, elle est de mauvaise humeur, elle a ses ragnagnas ! ».

Gaëlle prend bien soin de ne pas tomber dans ces clichés et de présenter notre nature cyclique comme une force à exploiter plutôt qu’une contrainte à lever. Et quand bien même je voudrais le nier, force est de constater que je traverse une mauvaise passe (au moins) une fois par mois ! Il faut reconnaître que l’accepter et m’y préparer permet sûrement de la rendre plus paisible…

Oui, depuis que la formation Kiffe ton cycle, j’ai observé ces phases grâce à ma fleur de cycle ^^ et découvert ce qu’elles cachaient. J’ai été bluffée… D’autant que Gaëlle donne des astuces pour remplir ta to-do-list au meilleur moment. Voici ce que j’ai retenu pour moi :

  • en prise d’élan : faire la paperasse, plier le linge
  • debout sur la planche : de la pâtisserie
  • dans le tube : des activités créatives avec les enfants
  • posée sur la planche : regarder la télé et bouquiner

Alors bien sûr, ce n’est pas magique parce que parfois les impératifs ne tombent pas là où on les auraient voulu, parce que on ne sent pas vraiment dans quelle phase on est et que louper sa phase de prise d’élan fait perdre une bonne occasion de donner un coup de latte dans la longue liste des choses à faire.

Mais déjà, savoir que ça existe et qu’on peut en tirer partie donne une perspective très positive.

Je profite aussi à fond – et sans culpabiliser – de savoir que me reposer est bon pour moi pendant mes règles (et j’en constate les bénéfices !). Personne ne m’avait jamais dit que j’avais le droit de me reposer, que cette période était fatigante et que une fois ressourcée, le reste du mois se passerait mieux si je savais me donner un peu de temps et prendre soin de moi.

Et puis, comme Gaëlle l’explique très bien, agir à contre-phase est toujours possible (« on peut tout faire tout le temps ») mais potentiellement davantage énergivore : on s’organise donc pour rendre les décalages moins pénibles.

Son propos n’est pas de nous rendre plus performante mais davantage consciente de soi et calée sur nos besoins (un peu le contraire de ce que j’essayais de faire avant). Ce n’est pas un coaching pour en faire toujours plus, je l’ai compris comme une façon d’être mieux.

J’ai juste un peu moins aimé les vidéos qui s’adressent aux femmes qui prennent la pilule ou ménopausée, bref dont le cycle est « cassé ». La tentative de les inclure dans le mouvement m’ parue un peu factice. Mais je retiendrais que les choses par nature sont cycliques (les saisons, la lune), juste que nos hormones cadencent les phases sur un rythme propre et puissant.

Il existe aussi un format Kiffe ton cycle pour les jeunes filles et les premières règles. Je suis tellement emballée qu’elle est déjà sur la liste au père Noël pour ma nièce. Aucune doute que la bienveillance et l’enthousiasme de Gaëlle soit un atout immense pour apprivoiser ces phases très vite.

J’aurais tellement aimé faire cette rencontre avec mon cycle plus tôt !

Alors tout simplement, merci.