Il y a ces moments si rares où le soleil brille, le vent dans les voiles et certains efforts qui portent leurs fruits,… Le verre à moitié plein. Et puis d’autres, ceux où la pluie semble ne jamais vouloir cesser de tomber, les soucis récurrents, butés, des nouvelles et des propos qui blessent,… Le verre à moitié vide.

Objectivement, rien n’a vraiment changé. Même que peut-être fondamentalement, les choses vont mieux. Alors pourquoi ? Pourquoi ne penser qu’à ce texto qui n’arrive pas ? Pourquoi avoir arrêté d’écrire ? Pourquoi se sentir découragée ?

Je suis sur le point de renoncer à défendre ma place et partir. Encore. Trouver un autre poste, changer de contexte, une autre équipe. Un nouveau métier, de nouveaux codes, de nouvelles têtes. Le challenge est dans l’apprentissage. Lorsqu’il faut conserver son périmètre, étendre ses prérogatives, faire entendre sa voix, j’abandonne.

Je voudrais me sentir entourée, choyée, repue de rires et d’énergie, une lumière dans le monde. Et finalement cette relation ne donne rien. Seule me colle l’impression de passer à côté d’une belle amitié, d’une affinité rare, sans réussir à la transformer. Amertume. Je propose, elle ne dispose pas. Échec.

Je me vis autrice et je bute sur ces mots qui ne trouvent pas leur chemin. Cette histoire si douloureuse à accoucher. Les souvenirs repêchés, intenses et violents. Les longues pauses imposées. Le roman toujours inachevé.

Je suis exaltée mais l’amour se dérobe. Sans motif et sans perspective. Un éternel recommencement d’attractions et de répulsions organisés. Un carnaval grotesque de poncifs. Le cœur s’accroche, se divise, se multiplie, s’expanse et pourtant se lasse.

Je voudrais bien faire. En tout. Mais surtout en mère. De cela aussi je suis incapable : colère, cris, exigences, impatience, froideur… Je vois la mienne en ces gestes et je me glace. Cercle vicieux. J’essaie mais j’échoue. Je suis terrifiée de mes impuissances.

Où trouver l’énergie de combattre ? Où trouver l’énergie de la réussite ? Comment nourrir une envie constante si souvent en apnée ? Comment ne pas se décourager ?

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