Je me tourne sur le côté et ses bras se referment sur moi, protection voluptueuse contre des cauchemars trop réalistes.

Qu’est-ce que je fais là ? Chercher ailleurs pour trouver la même chose…

La même retenue, le même tempo, presque les mêmes caresses, les mêmes non-dits… juste quelques faux-semblants. Une écoute renouvelée, une attention légèrement aiguisée par la nouveauté, la fébrilité de l’inconnu. Tant de choses qui ne dureront pas.

Et puis rien n’est vraiment différent : un autre corps, une autre voix, une autre odeur, un autre grain de peau et des poils. Mais juste un homme.

Alors je reste seule enfermée en moi-même. Et comme rien ne parvient à percer la surface de cette coquille tant de fois brisée et rafistolée, mes sensations à moi persistent, figées.

Mon corps – mon âme – moite et glacée de ne pouvoir recevoir davantage. Un frisson le long de l’échine et sentiment abyssal d’une existence somme toute vaine.

A quoi sert de vivre ?

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