Je le sais, mon écriture n’est pas assez imagée. Elle s’en tient aux faits et perd parfois en résonance.

article353Dans cet ouvrage, Tanguy Viel fait tout l’inverse. Il ne donne à voir que des images, les enchaîne et les multiplie. Pour une situation, un sentiment spécifique, on se paluche 3 ou 4 images différentes si bien que j’ai dû, à plusieurs reprises, remonter de quelques lignes pour trouver de quoi il était question.

Et pour raconter quoi ? Martial Kermeur a jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec et il s’en explique, ou plutôt : il déroule l’histoire d’un lent et inévitable naufrage… Les images sont donc là pour donner du sens et tenter d’expliquer la fatalité.

Un récit glaçant certes et une chute vertigineuse aussi.  Mais j’aurais préféré la sécheresse et l’efficacité d’une chronique judiciaire à son récit trop fleuri.

Il faut reconnaître que le malaise dans lequel sombre le héros est palpable et c’est sûrement ce qui m’aura fait tenir jusqu’au bout.

Mais faire passer ce langage pour celui d’un homme simple, un homme du peuple… quelle hypocrisie !! Observer ses émotions puis les mettre à distance avec une analogie complexe, ce n’est absolument pas donné à tout le monde…

Au final : je n’ai pas aimé.

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