Je n’aime pas trop aborder ce sujet, même si je l’ai déjà fait, j’écris toujours sur l’écriture avec une grande circonspection. Mes ambitions me dépassent et je n’ai pas le cran de les assumer au grand jour.

Ceci dit, il en est des écrivains ratés comme des parisiens qui « veulent quitter Paris » toute leur vie : on les considère avec une grande indulgence mêlée de douceur puisque au fond, ils nous rassurent sur notre propre médiocrité.

Alors, j’annonce mon ambition : devenir écrivain – y compris raté… mais l’écrire, ce putain de livre !!!

Je sais que m’engager face au monde, face à

mes fidèles lecteurs/trices et ces quelques assidu.es que je connais IRL, c’est me mettre une pression salutaire à la réussite de mon entreprise.

Alors voilà, j’ai un peu avancé : je m’accroche depuis quelques mois à une idée qui me semble crédible, j’en ai déroulé le scénario et brossé les grandes lignes, mes personnages prennent vie et le décor se précise… tout ça dans un carnet dédié que je remplis méthodiquement.

Mais comment passer à la rédaction proprement dite ?

Quand décréter que le travail préparatoire est terminé et que je peux vraiment commencer ?

Je travaille-là très différemment de mes habitudes. En effet, pour tout ce que j’ai écrit jusqu’alors, c’est lorsqu’un sujet m’obsède trop, que mon cerveau se remplit de mots et que je finis par ruminer, j’écris. Seule la mise en encre me permet de m’en débarrasser.

J’écris donc sous le coup de l’impulsion.

Cela conviendrait assez bien aux articles de blog qui surfent sur l’actu ou le sujet tendance du moment. Sauf que ce n’est pas ma spécialité.

En réalité, je suis quelqu’un d’assez « prise de tête » – et ceux qui me suivent ici de me démentiront pas 😉 d’ailleurs, au passage, pas la peine de commenter « tu réfléchis trop !! »… c’est pour ça que j’ai un blog 😀

Bref, je n’arrive à diffuser que difficilement ce que j’ai écrit sans filtre – même si j’essaie de le faire ici depuis quelques semaines afin de ne consacrer au blog que le temps qu’il est susceptible de me rendre, excusez donc les fautes de syntaxe ou les répétitions…

En gros, la spontanéité me donne l’élan mais je préfère reprendre mes écrits après quelques jours pour leur donner recul et surtout profondeur. Je précise mes intentions, affine mon vocabulaire et explicite l’implicite.

Alors, pourquoi faire différemment avec le roman ?

Parce que jusqu’ici, ça n’a pas marché. Pas du tout. Ce qui bouillonne entre mes oreilles permet tout au plus d’aligner 2 ou 3 000 mots mais en aucun cas de construire un récit qui mérite d’être répandu.

Je dois également contrer la puissance de ces méninges qui écrivent l’histoire à toute allure dans ma tête – incipit, notes de bas de pages et remerciements compris – si bien que je n’ai plus rien dans le ventre au moment de la coucher véritablement sur le papier !

Et le blog dans tout ça ?

Aujourd’hui, c’est clairement la soupape ! J’ai voulu me mettre à l’ouvrage et j’ai formé péniblement 600 mots en plus d’une heure alors que j’atteins ici allègrement les 500 mots en moins de 20 minutes…

Comme j’écris quand même, j’estime que je ne perds pas mon temps et que je m’exerce, que j’affermis aussi ma volonté et m’approche – de biais certes mais quand même – de mon but.

J’apprécie aussi que mes billets attirent certains commentaires particulièrement constructifs, certain.es abonné.es qui ajoutent à mes articles leur grain de sable ou leur image – comme ici, merci Céline – pour approfondir ma propre réflexion, interroger le ton de mes écrits et de fait, délier ma plume.

Je dois aussi reconnaître que cet espace m’a permis d’améliorer mon style ! Je reprends en ce moment quelques-uns de mes billets pour le #FlashBackSummer* et je constate que le chemin parcouru est immense depuis mes premières proses 🙂 Et je l’ai déjà dit ici, avant de faire une pause blogging salutaire, ces billets m’auront aidé sur le chemin tortueux de l’écriture.

Je sais également que si l’aventure de ce roman trouve son point final, il ne restera pas dans mes cartons et que ce site sera sa tribune, amère peut-être mais néanmoins tangible !

Cette certitude m’aide à avancer puisque je vous l’ai dit, le bouquin étant déjà écrit – annoté et recopié – dans ma tête, il n’a lieu de le composer que si ça apporte une valeur ajoutée… en l’occurrence l’audience !

Alors tu n’es pas en train de perdre ton temps, là ?

Si, un peu, forcément… mais en même temps je me console et me rassure, ça n’a peut-être pas de prix dans cet exercice périlleux de reconstruction de l’ego !

Si j’exclue les réseaux sociaux pourtant indissociable de l’existence même du blog et que je tiens ma ligne de conduite sans sacrifier aux sirènes des stats à coup de concours ou d’articles polémiques, le blog me permet d’apprendre à structurer mes propos et à creuser un thème.

A la différence de ce que je peux jeter sur mes carnets, un billet me prend du temps en relecture et formalisation parce qu’il sera lu… et c’est aussi la vocation d’un roman ! Pour résumer, c’est une façon d’apprendre à canaliser mon énergie créative 🙂

En revanche, là où le blog peut se contenter de donner un point de vue partiel sur un sujet « chaud », le roman vise à l’universalité : il faut prendre le champ nécessaire pour donner à chaque scène une valeur intemporelle qui donnera sa dimension au récit.

En d’autres termes, je ne peux pas me contenter de quelques paragraphes forts et touchants – ceux que je saurais écrire facilement un jour de déprime, de ceux qui peuvent vous interpeller sur le blog – mais je dois les contextualiser, lier les scènes entre elles pour leur donner le sens et l’intensité suffisante à faire de ces textes un roman.

C’est là que je galère.

Sur papier ou sur tablette ?

Pour finir, je me débat avec un autre problème déconcertant : plus le projet avance et plus je m’aperçois que je progresse avec davantage d’aisance un crayon à la main ! Le clavier m’entrave et l’écran me distancie de mon sujet, sans parler des supports tactiles qui sont une hérésie pour l’écriture !

Le « retour » aux cursives présente surtout des avantages – mobilité, concentration, relecture active à la frappe – et peu d’inconvénients en dehors du décompte rapide des mots – pour mesurer le chemin parcouru – et le risque de ne pas réussir à me relire 😉 alors, sur ce, je vous laisse, je vais m’acheter un gros cahier !!!

* Cet été, je re-diffuse certains liens de mes anciens billets sous ce hashtag #FlashBackSummer.

Où ça ? Sur ma page Facebook ici et sur Twitter ici.

Au passage, vous pouvez suivre aussi mes balades, lectures et jeux sur Instagram ici.

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