Je suis tombée sur le texte d’une des instagrameuses que je suis. Elle se plaignait de ne pas se trouver jolie…

NB : Je n’ai pas commenté son post directement, ça aurait été violent et gratuit. J’ai préféré m’épancher ici. Elle ne m’a rien fait personnellement et je ne lui veux aucun mal. J’ai juste besoin de parler de ma souffrance et de ce que son message a réveillé chez moi.

Je conçois que même les plus belles filles se trouvent des défauts, et même qu’elles en ont, sans aucun doute. Il parait même que Laetitia Casta est complexée par ses dents ^^

Bref, la tyrannie de l’apparence physique fait des ravages et nul n’y échappe.

Mais bon… on n’est quand même pas tous logé.es à la même enseigne ! La minette en question s’affiche en permanence en robe sexy, en pied et en gros plan sur un compte IG suivi par plusieurs milliers de personnes ^^

A qui veut-elle faire croire qu’elle ne se trouve pas jolie ? Serait-ce juste un moyen pervers (et narcissique) de s’attirer une avalanche de commentaires positifs et rassurants ?

En tout cas, en ce qui me concerne, ça m’a fait mal. Je ne suis pas jolie. J’ai des tas d’imperfections dont certaines très visibles et contre lesquelles je ne peux plus rien faire.

Je ne me lancerai pas dans une description. Pourquoi ? Parce que j’ai peur de souligner des caractéristiques que celleux que je connais IRL n’auraient pas encore remarqué et ne manqueraient pas de scruter à notre prochaine rencontre.

D’ailleurs, lorsque je reçois une réflexion sur mon physique – de celles qui réveillent les observations cruelles reçues dans l’enfance, je ne réagis pas. Pas par faiblesse. Parce que j’espère juste en diminuer la portée : je veux croire que je suis la seule à l’avoir entendue, que les autres ne le savent pas et que mon silence perpétue l’ignorance de mes déficiences.

Parce que je m’évertue à ne pas penser à l’image que je renvoie – ça m’angoisse, que j’évite de croiser mon reflet dans les miroirs – ça me mine, que je m’interdis de penser à la lumière dans laquelle je baigne et accentue mes défauts – ça me stresse. Néon ou lumière naturelle, je ne sais laquelle je crains le plus et contre laquelle mes cheveux font la meilleure moins mauvaise parade…

Je ne suis pas laide non plus – enfin je ne crois pas : avec peu de lumière, les yeux très maquillés – incontestablement mon point fort malgré les paupières qui commencent à tomber, d’assez loin et sous le bon angle, je me trouve parfois (sup)po(r)table.

N’empêche, je ne poste pas de photos de moi et pas seulement à cause de la tentation de l’anonymat. J’ai bien essayé de faire des selfies mais à chaque fois, je me déteste, j’ai honte et je les efface.

J’en suis également à refuser de poser avec mes enfants pour ne pas gâcher la prise de vue.

Je m’aperçois aussi que je baisse la tête quand je me trouve à proximité d’un miroir et lorsque je dois me regarder, je marque inconsciemment un temps de pause préparatoire.

Certes, la confiance en soi ne s’achète pas. Elle n’est pas non plus aussi simple qu’une photo postée sur Instagram. Et on pourra facilement me rétorquer que la beauté est intérieure, que ce qui compte n’est pas l’apparence mais le charme ou la délicatesse de l’âme, que c’est très relatif et surtout que tout ça est bien superficiel !

N’empêche, il faut passer sa vie durant avec son visage et son corps et la cohabitation est plus difficile dans certains cas…

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