C’est parti d’une plaisanterie : « Si vous vouliez qu’ils soient chauds, les pains au chocolat, il aurait fallu vous lever plus tôt ! »

Et moi de répondre en regardant Bout2Joie : « Oh, vous savez, j’étais peut-être levée… »

Voilà comment j’ai commencé à parler de ce bébé de 1 an qui ne fait toujours pas ses nuits et se lève trop tôt. Mon boulanger m’a alors demandé, avec une douceur extraordinaire : « Vous l’allaitez, n’est-ce pas ? » accompagné d’une moue qui voulait dire « C’est donc ça« .

Généralement, sur ce genre d’intervention, j’embraye au quart de tour. Parce que choisir d’allaiter, ne signifie pas renoncer systématiquement à son sommeil, ni affamer son enfant… Oui, en creux, ça dit qu’il se réveille parce qu’il a faim et que donc, on pourrait avoir décidé de sacrifier son sommeil et sa satiété à notre besoin de maternage outrancier !

Et puis si donner des biberons au lieu du sein garantissait des nuits tranquilles, franchement, ça se saurait…

Là, précisément aujourd’hui, je n’ai pas ressenti le besoin de rétorquer quoi que ce soit. La bienveillance irradiait son expression à mesure qu’il prononçait ses mots. Il n’y avait aucun reproche dans sa voix et même plutôt une grande compassion : c’est un dévouement et un don de moi-même qu’il a salué en un clignement de paupières.

J’ai tendance à penser souvent que je suis trop irritable, susceptible… particulièrement ces derniers-mois difficiles.

Aujourd’hui, j’ai su accueillir ses mots dans toute leur générosité alors, en plus de me sentir un instant bonne mère, je me suis également dit que mon hyper sensibilité n’était pas la cause de tout, que « les gens » sont aussi passablement agressifs et jugent prestement.

Je me plais à imaginer que si tout le monde était comme mon boulanger, je me sentirai mieux et que le monde serait plus paisible…

Merci.

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