Le papa de mes enfants est génial, je n’ai pas grand chose à lui reprocher : calme, patient, attentionné, disponible, il passe un temps fou avec sa grande fille – piscine, square, trottinette…, change les couches du bébé, donne le bain, prépare les repas de toute la famille, se lève la nuit, fait les courses, gère le stock de couches, motive la grande pour le pot, etc.

Non, vraiment, je n’en changerais pour rien au monde et pourtant…

Pourtant, il y a des choses que je n’arrive pas à partager et qu’il n’endosse que très rarement : se faire du souci pour un bouton bizarre, penser à acheter un nouveau pantalon en 4 ans, vérifier qu’il y a suffisamment de bodys propres pour le petit dernier, réfléchir aux nouvelles activités qu’on pourra proposer à la grande à la rentrée, savoir quelle quantité de protéines ou de féculents donner, envisager un changement de mode de garde, se demander si on vaccine ou pas, se préoccuper du temps qu’il fait pour emporter – ou non – un imperméable, s’inquiéter pour la couleur des selles, lire des bouquins d’éducation, penser à emporter de l’eau systématiquement, envisager le pire, mettre les affaires de piscine à sécher, s’interroger sur les pédagogies alternatives et la date de rentrée à l’école, savoir si on aura un pull assez chaud et à la bonne taille au mois de novembre, nettoyer à fond la pipette de Doliprane, choisir les livres jeunesse qui les accompagnent dans les moments difficiles…

Bref, nos préoccupations ne sont pas les mêmes : est-ce parce qu’il sait mieux que moi vivre dans l’instant ? ou bien est-ce parce que je suis – et je resterai – le parent par défaut ?

Bzzzz… clac, je rembobine (tu entends pas la VHS qui rembobine, là ?!? ah… tu sais pas ce que c’est une VHS ???) ! Papaidi est tombé sur mon billet (mais euh… tu parles de moi, là !?!) et s’est vexé… Je comprends. Mais ce qui est vraiment intéressant, c’est que ça a ouvert la discussion sur un sujet somme toute récurrent mais cette fois-ci, j’ai l’impression que nous avons avancé 😀

Selon lui, nous faisons chacun des tas de micro choses que l’autre ne voit pas. J’en conviens et je reconnais que ce que je fais « en plus » me saute aux yeux… pas forcément ce que lui fait… et que en y réfléchissant, il fait des tonnes de trucs dont je ne me préoccupe pas du tout : payer la nounou et toute la paperasse associée, trouver des idées de repas, descendre les poubelles et les cartons Amazon, etc. Et surtout essayer de rentrer le plus tôt possible du boulot pendant des mois pour me soutenir (alitement, bébé à reflux, grande en plein terrible two puis déménagement, grosse déprime, toussa, toussa…). Il m’a aussi fait remarquer qu’il ne se préoccupe pas des tâches qui me sont dévolues parce que je les rempli à la perfection (c’est moi qui souligne, il est pas lèche-botte 😉 et que du coup, il sait n’avoir pas besoin d’y penser. A moi donc de lui demander clairement de l’aide si j’en ai besoin !

Finalement, je me rends compte que, une fois de plus, le non-dit pourri la pomme et que j’ai une forte tendance à noircir le tableau. Du coup, je reprends la conclusion :

Est-ce parce que je suis le parent par défaut ? ou plutôt parce que j’ai une propension à voir le verre à moitié vide, coller mon nez ce que je fais plutôt que de prendre du recul sur la globalité de notre organisation familiale, ne pas verbaliser mes difficultés, charger la mule avec des préoccupations totalement accessoires et oublier de profiter du moment présent ???

Ne plus être le parent par défaut, ce serait donc déjà ne plus se vivre comme tel et valoriser les relations inter-parentales plutôt que de stigmatiser la liste de ce que l’un / l’autre fait ou pas…

Et toi, quelle est ton organisation familiale ? Qui en fait le plus ? Qui râle le plus ? Quels sont les trucs qui marchent ? Qu’est-ce que tu voudrais changer ?

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