Le thème « message personnel » résonne en moi depuis dimanche dernier. Je n’ai pas d’idée, ou plutôt j’en ai trop… J’ai songé à m’adresser à mon bébé qui dort si mal la nuit, à l’enfant que je n’aurai pas, à ce petit bout de moi qui cherche farouchement le calme et la paix, à mes amours perdues, etc.

Et toutes ces ébauches de textes sont venues s’agglomérer à la dizaine de brouillons déjà empilés dans ma tête et dans tes entrailles. A ces idées qui me tiennent tant à cœur et s’accrochent

à mon esprit comme un chewing-gum à mes baskets. A ces billets que j’aimerais si pertinents et universels mais que je n’arrive pas à écrire. Au buzz qui justifierait des mois de blogging régulier.

Alors, c’est à toi que je vais l’adresser ce message : à toi, mon blog.

Je t’aime bien. Evidemment. J’essaie de te rendre joli et agréable, ressemblant à une partie de moi que je souhaite à la fois publique, donc lisible mais aussi complexe, puisque authentique. Je tente de te rendre populaire, sacrifiant ainsi une partie de ma spontanéité, passant beaucoup trop de temps à chercher des photos attrayantes…

Mais je t’en veux aussi. De prendre beaucoup de mon temps « libre » et de mes pensées. D’occuper une place qui se dispute à d’autres besoins plus prioritaires. D’être au centre d’une grande partie de mes préoccupations.

Grâce à toi, j’ai fait des rencontres aussi agréables que superficielles et enthousiasmantes, j’ai reçu des encouragements chaleureux et stimulants, j’ai senti germer en moi des milliers d’idées enfouies profondément et puis je me suis embarquée dans des projets irréalistes…

Même si tes visiteurs se font régulièrement plus nombreux, tu restes très confidentiel. Tu ne m’apporteras aucune notoriété et encore moins un moyen de subsistance.

Mais à quoi me sers-tu au fond ? Ne deviens-tu pas plus chronophage que libérateur ? Mes injonctions à l’exhaustivité ne sont-elles pas en train de dominer le plaisir d’écrire originel ? Mon perfectionnisme ne consumerait-il pas la fraîcheur de ma prose ?

Je dois te remercier de m’avoir rassuré sur ma capacité à écrire. C’est initialement ton rôle. Je crois pouvoir dire que tu l’as rempli à merveille. Même mieux : tu m’as aidée à m’interroger sur mes émotions, à ouvrir mon esprit à d’autres points de vue, à affirmer mes opinions et à satisfaire mon besoin d’introspection.

Pour l’amitié, j’en reviens toujours à mes amies dans la vraie vie : celles qui me lisent et celles qui ne me lisent pas. Celleux pour qui je fais finalement l’effort de décrocher le téléphone.

Je vais regretter ces contacts si rassurants, même au cœur de la nuit, un message Facebook plein d’empathie, un conseil juste et bienveillant. Je ne lâcherai sûrement pas ces échanges si facilement.

Mais pour tout le reste, j’ai tellement envie de te dire adieu et laisser vivre ces idées nées avec ta création. Desserrer l’étau des exigences de la parution bi-hebdomadaire. Me libérer du carcan imposé par le désir d’être lue. Échapper à toute tentative de cohérence. Revenir à la motivation initiale.

Rendre ainsi leurs ailes à mes projets littéraires.

Cette nuit, j’étais sûre de claquer la porte sans regret. Et voilà que ce matin, je me remets à écrire… Pourtant, je crois que le ver est dans la pomme. Alors, voilà, prépare-toi, je suis en train de te quitter.


Ce billet est ma participation au projet Défi ou écrit 2016 de Agoaye. Pour la semaine 4, le défi portait sur le pardon. Je crois que c’est une de mes limites…

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Alors j’ai seulement sélectionné quelques citations de Gandhi que j’ai partagées sur les réseaux sociaux :

Et ensuite, j’ai préféré plancher sur l’écrit : « Ceci est un message personnel.« 

 

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