Lendemain de trauma. Je vois l’amour avec un grand A emplir la toile, les blogs se parer de miel et de douceur.

Je ne partage pas ce sentiment.

Je ne crois pas que l’Homme soit bon. Je n’ai pas foi en l’humanité. Je pense que la force prend souvent le pas sur la raison et que nous sommes envers et contre tout des animaux.

Les événements du 13 novembre sont tragiques, ils me révoltent et m’attristent mais ne me donnent pas envie d’aimer tout le monde. Surtout pas le connard garé au milieu du passage piéton ce matin, empêchant la maman louve en moi de faire traverser sa louvette à l’abri de son corps. J’aurais pu / su mordre, je l’aurais fait. 

Nous sommes des animaux sociaux certes : codes, lois, limites et contrôles. Nous parvenons tant bien que mal, certains jours

plutôt mal que bien et en moyenne, plutôt bien que mal – vu ce que l’humanité a construit pour elle et questions spécistes mis à part.

Vivre ensemble s’apprend, se respecter nécessite de lutter contre une agressivité instinctive, la tolérance aux idées et comportements d’autrui est un long cheminement chaotique vers une humanité augmentée.

Parce que la vie n’est qu’un amoncellement de peccadilles, de choses insignifiantes collées les unes aux autres, desquelles nous ne pouvons / savons pas nous détacher. Malgré la sidération causée par ces événements, la petitesse de notre existence nous tient. Le quotidien nous maintient. Alors, on continuera à médire sur le voisin et à adorer la boulangère, à cultiver nos querelles mesquines et à vouloir le meilleur pour le monde.

Vivre petit mais réfléchir grand.

Quelque chose de supérieur nous guide, nous mène à notre insu parfois : nous sommes aussi un animal religieux. Ces guerres fanatiques existent depuis l’aube de l’humanité et celle qui s’annonce ne sera qu’une étincelle de plus sur la longue frise de l’Histoire.

Je n’ai pas envie de partager le hashtag #prayforparis parce que les prières m’inquiètent plus qu’elles ne me rassurent. Les résurgences des revendications religieuses de tous bords me glacent dans ce qu’elles partagent le mieux : leur extrémisme.

Il faut savoir défendre ses idées – ses croyances même – sans sombrer jamais dans l’idéologie. Encore un fil tendu sur lequel il faut apprendre à se dresser sans flancher.

Il y a davantage d’endroits dans le monde où l’angoisse et le risque dominent que de lieux sûrs où la nonchalance et la joie ont le loisir de s’installer. Il nous faudra sans doute, en Europe, en France, ré-apprendre à respirer la peur au ventre.

la belle et la bête
Source Ares Nguyen

Nous n’arrêterons pas de vivre pour autant, parce que nous sommes un animal d’espoir et que envers et contre tout, nous continuerons de sourire, de partager, de dessiner, de chanter, d’enfanter, de rêver de liberté…

C’est dur à croire, c’est difficile à exprimer mais sans imaginer que nous sommes réellement capables de dépasser notre condition, je pense que collectivement, nous sommes bâtis pour avancer.

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