Je ne savais pas vraiment quoi mettre derrière le titre de « sage-femme » avant d’avoir un enfant. J’imaginais jusque là un ange blanc qui arrive au moment de l’expulsion pour accueillir le bébé et le remettre à sa Maman… Elles sont un peu plus polyvalentes que ça 😉

Bon, c’est une femme d’abord. Bien rares sont les hommes mais je trouve que ça se comprend… Il y a une espèce d’intimité qui se crée autour d’un ressenti totalement lié à notre féminité : des douleurs, des sensations dans le bas ventre, les ovaires ou le vagin, des tiraillements dans les seins que j’aurais sans doute de la réticence à exprimer à un homme, même plein d’empathie. J’ai néanmoins eu affaire à un sage-homme (on dit maïeuticien quand on a du vocabulaire 😉 lors d’une échographie et outre le fait qu’il était très aimable et compétent, l’aspect « technique » de cet examen permet sûrement de faciliter le contact. J’aurais d’ailleurs aimé lui demander pourquoi il avait choisi cette spécialité, je n’ai pas osé, ça m’a semblé déplacé…

Pendant mes accouchements à proprement parler, la sage-femme a bien dû passer 2 heures la tête entre mes jambes… J’avoue que j’ai préféré que ce soit une femme. Pourquoi ? peut-être parce qu’elle est « pareille« … ceci dit, elle ne doit pas si souvent se regarder elle-même entre les jambes ni même envisager de se recoudre après une épisiotomie… et il parait que les vulves de chaque femme sont très différentes les unes des autres, c’est donc sûrement un argument peu valable… En revanche, peut-être que le fait de me dire qu’elle passera / est passée par là, m’autorise davantage à lâcher prise, relâcher une certaine forme de vigilance et d’auto-protection : je me sens vulnérable et soumise mais dans le cercle des femmes qui se crée autour de la maternité, ce n’est que « mon tour ». Les autres y passeront aussi…

Bref, c’est elle qui nous accompagne pendant la grossesse, l’accouchement, les jours qui suivent et l’allaitement. Elles ont souvent leur spécialité : la préparation à la naissance, la rééducation du périnée, les conseils en lactation, etc. Mais il faut aussi savoir qu’elles s’occupent des femmes qui n’ont pas / ne veulent pas enfanté/er. C’est juste une femme qui accompagne les autres dans tout ce qui a trait à sa féminité la plus intime : contraception, conception, suivi gynécologique, difficultés sexuelles, etc. C’est un beau métier.

Depuis que j’ai rencontré quelques sage-femmes formidables qui m’ont entourées pour ma première grossesse, j’ai pris la résolution de ne plus consulter de gynécologue (tant que rien de « grave » ne se dessine, il n’y a aucun besoin d’avoir recours à eux… et vous ne les intéressez pas d’ailleurs !). Les consultations que me consacre ma sage-femme ne sont plus expédiées en 5 min dans un cabinet froid (mais digne d’une page de Elle décoration) au milieu duquel on est sommée de se balader nue comme un ver après 1h30 de retard pour la modique somme de 90 euros.

En effet, elle réserve presque 1 heure pour chacune de ses patientes, prend le temps d’écouter, pose toutes les questions nécessaires, examine en douceur et sans précipitation… On se sent respectée. De simples détails qui ont une importance considérable : une sage-femme vous demande D’ABORD d’enlever le bas pour les examens gynécologiques puis vous laisse vous rhabiller avant de vous demander gentiment d’enlever ENSUITE le haut pour les palpations des seins… Elle n’examine JAMAIS sa patiente sans lui avoir demandé préalablement l’autorisation – de fourrer ses doigts ou son spéculum dans son vagin… ocazou je n’aurais pas été claire 😉

Si je parle de ça aujourd’hui, c’est que je veux dire qu’une relation respectueuse est possible. Je veux témoigner de quelques « abus » (vécus ou entendus) qui m’ont choqués, et dont je ne suis certainement pas la seule victime : gestes invasifs inutiles et parfois douloureux, absence totale d’écoute, manque de suivi, brutalité même.

Lors d’une visite de renouvellement de pilule (Diane 35… mais c’est une autre histoire !), à l’adolescence, une gynéco m’avait fait saigner… Je ne suis même pas sûre que ce geste était seulement nécessaire ! Un frottis de contrôle tous les 2 ans est a priori largement suffisant.

Après une simple consultation pour un souhait de changement de pilule, je suis ressortie de la séance avec une liste de compléments alimentaires « indispensables » longue comme le bras… et rien pour mon souci de contraception !

J’ai consulté une autre gynéco pour mon problème de pilule persistant : cette fois-ci, j’ai été « lâchée » avec une ordonnance qui n’a pas résolu mes soucis et les 2 consultations suivantes au cabinet de cette dame ont été réalisées par 2 remplaçants différents, avec 2 prescriptions encore différentes… Finalement, j’ai arrêté la pilule, prenant la décision seule – enfin, pas tout à fait seule 😉 mais sans accompagnement médical…

J’ai entendu une gynécologue rencontrée dans un contexte privé parler du ballon utilisé en salle d’accouchement pour soulager les contractions et les douleurs pendant le travail : « Elles se frottent la moule là-dessus, c’est dégueulasse ! » Outre le fait que c’était franchement vulgaire et très décalé pour cette dame qui se la jouait plutôt chic par ailleurs… je trouve que ça dénote un manque de respect total envers la femme, les douleurs de l’enfantement, l’accompagnement vers la naissance… Que cela pouvait-il bien signifier ? tu accoucheras dans la douleur et il n’y a que ça de vrai ?!?! serre les dents, fais pas ta chochotte… Qu’une gynécologue femme à notre époque puisse à ce point se couler dans le moule du patriarcat dominateur et sadique m’avait horrifiée ! (même si à l’époque, je n’avais aucun argument, aucune idée de ce que ça impliquait et que j’ai malheureusement fermé ma gueule…)

Et en ce qui concerne le massage du périnée ? cette pratique conseillée par bien des sage-femmes pour se préparer au passage du bébé et détendre les muscles afin d’éviter – tant que faire se peut – une épisiotomie ou une déchirure… une amie s’est entendue dire que « Si elle voulait se masturber, grand bien lui fasse ! » (et la rééducation du périnée, alors ? c’est quoi ? un tournage de film porno lesbien ???) C’est tout de même inquiétant de la part d’une spécialiste de l’intimité féminine… Ne s’est-elle jamais masturbée ? ça fonctionne mieux avec le clitoris en général et celui-ci n’est pas tout à fait localisé au même endroit… le massage du périnée n’est d’ailleurs pas en soi une expérience très agréable ni très sensuelle (enfin bon, après, chacun ses goûts certes… loin de moi toute idée de jugement…) !

Mon message aujourd’hui est simple : ne pas se laisser faire ! Il n’y a aucune raison qu’une consultation gynécologique vous mette mal à l’aise ou ne réponde pas à vos attentes. Il est aussi important de ressentir la bienveillance dans l’accompagnement. Les gynécologues ne sont pas omniscients ni omnipotents. Il est important de partager une communauté de vue avec la personne qui fourre son nez entre vos jambes. Et a priori, on rencontre davantage d’empathie parmi les sage-femmes (même si, bien entendu, toute règle est faite d’exceptions…).

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Source Eyeliam

Chère lectrice, si tu as des expériences à partager avec moi sur ce sujet bien sensible, la case des commentaires est faite pour ça !!! Il me semble essentiel d’en parler…

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