Il y a des jours où on tombe sur un super article : Les nouveaux pères ne sont pas des gens fabuleux : rafraîchissant, encourageant, revigorant et j’oserais presque dire novateur si ça n’allait pas à l’encontre de la thèse de son auteur…

Mais ce même article pointe vers un autre Les nouveaux pères sont-ils trop mères ? et celui-ci est consternant ! Il y est dépeint, en creux, le portrait d’un couple parental totalement caricatural, directement tiré des années 50…

On y parle de « rôle » : celui de la mère, celui du père.

Le père incarne l’autorité et structure la personnalité de l’enfant. C’est lui qui l’introduit dans la société des hommes. Il stimule sa motricité. Il impose les limites et constitue la figure d’identification sexuée.

De son côté, la mère change les couches, donne le bain et prépare de bons petits plats. Elle enferme l’enfant dans une relation exclusive, « tactile » et câline, qui le coupe du monde extérieur. Elle est permissive et conciliante.

Le rôle traditionnel du père, tourné vers l’autorité, s’estompe au profit d’une paternité plus « féminisée », voire maternelle. Ces pères aiment avec plus d’intensité et moins de distance, car ils changent les couches, rassurent les plus petits la nuit, organisent des goûters, etc. Dans leur relation à l’enfant, ils s’approprient donc des comportements originellement réservés aux femmes. Toutefois, ces hommes doivent rester, malgré cette mutation, des personnes structurantes et dépositaires de l’autorité.

L’auteur insiste alors sur la mutation du rôle du père et le « risque de confusion » alors induit par un père qui endosse tout ou partie des tâches dévolues traditionnellement à la mère.

Mais que dire des pères tactiles, ces « papas poules » qui assument devant leurs enfants jusqu’aux tâches ménagères les plus ingrates ?

Heureusement, certaines nuances sont apportées pour nous « rassurer« : l’homme poilu, costaud avec sa voix grave, ne peut en aucun cas être pris pour une gonzesse ! Toute forme d’autorité maternelle ne participe qu’à la construction de la figure paternelle, comme le laxisme paternel ne fera que consolider l’image maternelle (?!?)

Conséquence : c’est souvent à la mère séparée de dire non. En endossant ce rôle d’autorité, ces mères ne glissent-elles pas doucement vers la paternité ? Serge Tisseron lève toute ambiguïté : « La mère sévère ne devient pas le père, elle participe juste à la construction de la référence paternelle. Tout comme le père permissif participe à la construction de la référence maternelle. » On peut alors parler de transfert sans confusion dans les couples séparés, la mère assumant en connaissance de cause le rôle de l’instance « interdictrice » sans supplanter le père.

Il associe bien l’autorité à son père.

A l’avenant de mon résumé, le choix lexical est totalement grotesque et excessif: le soin des enfants est
présenté comme contraignant, l’éducation comme « répressive« , les tâches ménagères « discréditent le père aux yeux de l’enfant« , etc.

Il est navrant de trouver ce genre d’article sur un site de « psychologies ». Une rapide recherche sur le journaliste – Jean-Baptiste Drouet – permet de trouver qu’il ne s’agit non pas d’un révolutionnaire français et qui, dans ce cas, se serait trompé de sujet. Mais bien d’un de nos contemporains, soi-disant spécialiste de la question.
Peut-être que, en réalité, je n’ai rien compris et cet article est à prendre au second degré… Toute la vérité de l’article serait alors dans la citation suivante (la seule que j’ai réussi à sauver !):

« Même si un père se charge des tâches habituellement réservées à la mère, il reste père symboliquement, tempère Jean Le Camus. Toutes les études montrent que plus un père est tactile et tendre, plus l’effet en est bénéfique sur le développement social, affectif et cognitif  de l’enfant. »

Ouf, me voilà rassurée !

 

*C’est ma contribution du jour aux Vendredis Intellos*

Publicités