Voici une phrase qui résonne en boucle depuis quelques 17 mois maintenant :

Avant, j’avais des principes. Maintenant, j’ai des enfants !

Un peu comme le leitmotiv des parents qui tombent des nues de leurs grandes certitudes d’anciens « child-free« .

Le principe de réalitéIllustration avec quelques trucs ce que je pensais pouvoir faire AVANT d’avoir un enfant:

# lui interdire de porter n’importe quoi à la bouche (j’ai laissé tomber, je me concentre sur le VRAIMENT dangereux: les couteaux, les prises électriques, les médicaments…)

# avoir un intérieur toujours impeccable et garder mon cactus au milieu du salon (il y a des jouets partout et du bazar 6 jours sur 7 – le 7e c’est jour de ménage… et c’est pas moi qui le fait ! 🙂

# l’empêcher de jouer avec ma tablette / mon téléphone / la télé (j’ai hâââte de la voir s’intéresser à un dessin animé en entier ou de jouer plus de 10 secondes avec les 30 applis pour tout-petits que j’ai téléchargées…)

# porter des vêtements propres en toutes circonstances… (quoi ?! un peu de purée séchée, c’est pas vraiment une tâche… je gratouille un peu et on n’y voit plus qu’une trace blanche un peu douteuse… un-petit-rien-du-tout, je vous dit !)

# ne jamais lui donner de nourriture pour la calmer (le biberon fonctionne TOUJOURS contre une crise de pleurs au milieu de la nuit et un morceau de pain lui permet d’attendre le repas le temps nécessaire…)

# l’empêcher de faire des crises « en public » (je n’aurais jamais imaginé que dans ces cas-là, je la prendrais dans mes bras pour un gros câlin en attendant que les pleurs se calment)

# la laisser seule dans sa chambre toute la nuit durant sans jamais aller vérifier qu’elle respire tranquillement (mais je reste sur le pas de la porte… la plupart du temps !)

# m’accorder du temps pour moi un soir par semaine et la moitié des week-ends (après les lessives, les compte-rendus de réunion à terminer à pas d’heure, les rangements divers, la paperasse de la CAF,… j’ai un jour cru que j’aurais le temps ?!?)

# la confier à un-e babysitter plusieurs fois par mois et profiter de ces soirées à 2 sans inquiétude

# lui faire faire ses nuits rapidement (??!!??!!)

# la laisser pleurer (en vrai, ça prend aux tripes, ça m’est insupportable !)

# l’empêcher d’aller embêter tous les passagers de notre wagon dans le train (au contraire, je savoure ces quelques minutes où je peux m’en remettre à une Mamie patiente…)

# lui interdire de dormir avec nous (en fait, c’est elle qui veut pas 😦

# la confier plusieurs jours (et nuits !) à ses grand-parents (inimaginable avant ses 12 ans !)

# continuer à m’investir à 150% au boulot (quoi ? il est déjà 17h ?!?! je dois partir…)

D’un côté, je touche du doigt les limites de ma patience (du respect que je me dois à moi-même aussi) et ce que je suis capable d‘endurer comme bruit / manque de sommeil / exaspération. Alors que je trouve parfois des palliatifs peu « éducatifs« .

Mais j’ai aussi (trop ?) lu sur la psychologie de l’enfant et sur l’attachement, sur cette tendance actuelle à vouloir materner jusqu’à l’oubli de soi. Je suis perméable à ce discours. Je décrypte toutes mes attitudes à la lumière des traumastimes potentiels que je pourrais imprimer chez MiniJoie.

Je ne vois plus l’éducation comme une passerelle étroite et unique pour faire de nos enfants des adultes « comme il faut« . Je me suis rendue compte que je ne souhaitais pas à ma fille d’être obéissante ou conformiste mais plutôt autonome, indépendante et critique.

C’est pour ça que j’essaie de ne pas être dogmatique (parfois en vain, sans doute). Mon point de vue n’a pas valeur de jugement et je n’essaie pas d’imposer mes vues (même quand je ne suis pas du tout d’accord !!). Et j’aimerais qu’on en fasse autant avec moi…

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